Mercredi 23 novembre 2011 3 23 /11 /Nov /2011 04:09

QUE DE MENSONGES :

Si des personnes ont pu être dupes de la pseudo-révolution libyenne soutenue par les « révolutionnaires » bien connus que sont Nicolas Sarkozy, Bernard Henri Lévy, Obama ou David Cameron, voilà qui pourrait leur ouvrir les yeux à tous ceux qui croient encore à cette mission "humanitaire" mise sur pied pour le plus grand bien du peuple Libyen.

Selon l'agence Zengtena, l'OTAN vient de demander aux rebelles qui ont vendu leurs pays de payer la facture de la guerre. La facture se lève à 480 milliards de dollars

Cerise sur le gâteau , Selon NessBook, une source a déclaré que l'Otan va créer une base militaire en Libye avec un effectif de 20.000 soldats. Des responsables américains ont exprimé leur approbation de mettre jusqu'à 12 000 militaires américains dans cette base. 

Selon les mêmes sources, les membres du CNT ont demandé à l'Otan d'installer la base militaire pour affronter le danger des loyalistes du guide Kadhafi.

On apprend que des centaines de soldats du Qatar combattaient aux côtés des rebelles. En effet,pour la première fois, le Qatar admet avoir participé aux opérations sur le terrain aux côtés des rebelles libyens. Un CNT qui, trois jours après avoir proclamé la libération totale du pays, demande à l’Otan de prolonger sa mission jusqu’à la fin de l’année.

Ainsi, on apprend même que le président Omar el-Béchir du Soudan a fourni quantité d’armes aux prétendus « rebelles ». . Ces armes n’ont bien sûr pu être acheminées qu’avec l’accord au moins tacite de l’OTAN http://www.legrandsoir.info/le-qata....

Par ailleurs, l'OTAN a effectué des milliers de bombardements (des milliers de tonnes de bombes de toutes nature ont été utilisées, notamment au phosphore blanc ou à l'uranium appauvri pour détruire les sites profondément enterrés) sur la population civile et sur les soldats libyens. Ces bombardements ont eu pour but de détruire à grande échelle le pays : écoles, hôpitaux, usines, infrastructures diverses...( pour mieux reconstruire après). Tout ceci avec l'aide des sections spéciales Française, Britannique et USA qui ont été déposées sur le sol libyen pour repérer les sites et pour diriger les bombardements, mais aussi pour encadrer les rebelles et faire la chasse au Kadhafi. Ceci en toute illégalité par rapport à la résolution de l'ONU.

Comment ne pas remporter une victoire avec des appuis aussi considérables !!!!

Ce n'est pas une libération par le peuple, mais une conquête par des armées étrangères.

En conséquence, la Libye est tombée dans la nuit. Cette guerre qui a fait entre 20.000 et 70.000 morts et des milliers de blessés. : des bébés,enfants, femmes, vieillards, … assassinés par des bombes de l'OTAN. Toutes les infrastructures de la Libye sont détruites : des écoles, universités, hôpitaux, mosquées, routes, ….

Comment a-t-on pu en arriver là ?

1 -Comme l'Irak, la guerre en Libye a été faite sur la base d'énormes mensonges.

En effet, le secrétaire général de le Dr Sliman Bouchuiguir avoue n'avoir AUCUNE PREUVE sur les 6000 morts, 12000 blessés et les 700 viols attribué a Kadhafi qui ont été à l'origine de l'intervention de l'OTAN.

Pourtant ce personnage s’est rendu au conseil des droits de l’homme des nations unies afin d’y exposer les allégations concernant les crimes du gouvernement de Mouamar Kadhafi.

Or ces accusations ont été reprises par Conseil de Sécurité de l'ONU . Elles sont non seulement invérifiables mais sujettes à caution car il existe un lien intime entre la Ligue Libyenne des Droits de l’Homme et le CNT.

Ce dernier en tirera profit pour s'emparer du pouvoir grâce à l'intervention massive de l'OTAN (plusieurs milliers de bombardements et des sections spéciales sur le sol Libyen pour encadrer les rebelles et repérer les cibles).

 En résumé, C'est sur des allégations sans preuve que le Conseil de Sécurité de l'ONU a déclaré la guerre au peuple Libyens. Réduisant ce pays avancé économiquement et socialement à l'état de servitude du capitalisme Etatsunien.

La preuve de tout ceci est le film de Julien TEIL , de 19 minutes , LA GUERRE HUMANITAIRE EN LIBYE : IL N'Y A PAS DE PREUVE ! : http://www.laguerrehumanitaire.fr/

Après le feu vert de l'ONU, le 17 mars, l'OTAN entamait son massacre massif des soldats libyens afin d'installer son régime.

La vérité est que cette guerre était préparée depuis longtemps. En effet, les chefs du CNT avaient préparé la conquête de l’OTAN depuis 2007.

http://www.michelcollon.info/Les-chefs-du-CNT-avaient-prepare.html

2 –L'enfer de la Libye de Kadhafi : un niveau social qui gênait l'occident

Que de silence des médias occidentaux à propos du niveau social de la Libye de Kadhafi. La lecture de l’article intitulé “Quelques vérités sur la Libye” rédigé par Helen Shelestiuk et publié dans le n°165 du mois de mai 2011 de la revue B.I (ex-Balkans Infos) aurait très probablement éclairé leur lanterne.

Que dit Helen Shelestiuk : “Lorsqu’on a demandé à l’ex-ambassadeur russe en Libye, Vladimir Chamov, si Kadhafi opprimait ses concitoyens, il a répondu : “Quelle oppression ? Les Libyens bénéficiaient d’un crédit de 20 ans sans intérêts pour construire leurs maisons, un litre d’essence coûte environ 14 cents, la nourriture est gratuite, et on peut acheter une jeep KIA sud-coréenne neuve pour 7500 dollars“.

Et Helen Shelestiuk de poursuivre : “Quels sont les autres faits et chiffres que nous connaissons de la Libye et de son leader ?
Le PIB est de 14192 dollars. Chaque membre d’une famille reçoit une subvention de 1000 dollars par an. Les chômeurs sont payés 730 euros par mois. Le salaire d’une infirmière d’hôpital est de 1000 dollars. Pour chaque nouveau-né, on reçoit 7000 dollars. Les nouveaux mariés reçoivent 64000 dollars pour acheter un appartement. Pour créer une affaire privée, on bénéficie d’une aide financière de 20000 dollars. Les taxes et impôts lourds sont interdits.

L’éducation et la médecine sont gratuites. L’éducation et la formation médicale à l’étranger sont payés par le gouvernement. Il y a des supermarchés pour les familles nombreuses avec des prix symboliques pour l’alimentation de base. La vente des produits au-delà de leur date de consommation est punie de fortes amendes, parfois même de prison. Beaucoup de pharmacies offrent des fournitures gratuites. Diffuser de faux médicaments est un crime majeur. La population ne paie pas l’électricité. La vente et la consommation d’alcool sont interdites, la “prohibition” est une loi. Les prêts d’achats d’une voiture ou d’un appartement sont accordés sans intérêts. Les affaires immobilières sont interdites. Si quelqu’un veut acheter une voiture, jusqu’à 50% du prix est réglé par l’État, 65% pour les miliciens de la garde. L’essence est moins chère que l’eau. Un litre coûte 0,14 dollar. Les bénéfices de la vente du pétrole sont consacrés au bien-être de la population et à l’amélioration des conditions de vie. Beaucoup d’argent a été dépensé pour irriguer le pays avec l’eau des aquifères souterrains. Par son échelle, le système a été appelé “la huitième merveille du monde”. Il fournit cinq millions de mètres-cube par jour à travers le désert et a considérablement augmenté le territoire irrigué. 4000 Kms de pipelines sont profondément enterrés pour les protéger de la chaleur. Tout ce qui a été nécessaire au projet a été accompli par la seule Libye.

http://realinfos.wordpress.com/2011/08/26/kadhafi-un-tyran-ajout-dune-video/

3- Les raisons de la guerre de Libye

Kadhafi a été ciblé par Washington, Paris et Londres non pas pour "libérer" un peuple du joug d'un dictateur.... (qui pour les rares qui connaissent vraiment la Libye et la société libyenne, n'était pas aussi tortionnaire avec son peuple qu'on a pu le dire dans les médias à la botte de la bien pensance... ) mais simplement parce qu'il devenait gênant et que son pays était riche avec un niveau social très avancé qui pouvait servir d'exemple.

En effet, Kadhafi avait refusé l'Union pour la Méditerranée voyant en cela un projet de scission entre l'Afrique du nord et l'Afrique noir. Kadhafi avait créé une banque centrale africaine à l'image de la BCE et la BC des USA, pour que l'argent des africains ...restent en Afrique...il projetait ainsi d'abolir le franc CFA (très mauvais pour la France)...il était aussi en train de créer une Union Africaine avec les principaux pays pour contrer l'hégémonie en Afrique des occidentaux... bref... il était un obstacle pour des pays en mal de nouvelles ressources et de nouveaux marchés....

Et maintenant à qui le tour ???? l'Algérie qui à 150 000 000 000 € de réserves bancaires et des réserves de pétroles et de gaz considérables ???? la Syrie qui est un obstacle pour attaquer l'Iran ????

 

 

4- Les effets immédiats de son aboutissement

Après la victoire de l'OTAN, la législation de la Libye serait fondée sur la Charia (loi islamique).

En effet, "En tant que pays islamique nous avons adopté la charia (loi islamique) comme loi essentielle et toute loi qui violerait la charia est légalement nulle et non avenue", a indiqué le président du Conseil national de transition (CNT) Moustapha Abdeljalil l au cours de la une cérémonie de proclamation de la "libération" du pays. "Par exemple, la loi sur le divorce et le mariage (...) cette loi est contraire à la charia et elle n'est plus en vigueur", a indiqué M. Abdeljalil.

CONCLUSION

Il y a tant de raisons de se révolter contre cette guerre de Libye, cette intervention colonialiste abjecte, ces résolutions de l'Onu, cette destruction du pays avec des bombardements dignes du Vietnam, cette ville de Syrte (75000 habitants) transformée en champs de ruines, l'assassinat de Kadhafi et de 50 de ses partisans (exécutions sommaires). Tout ces drames humains pour le peuple libyen pour aboutir à la charia (loi islamique). Les destructions des écoles, des hôpitaux, des maisons des usines, ...n'ont pas suffit il faut mettre sous le boisseau, sous une chape de plomb le peuple libyen pour mieux le dépouiller de son pétrole qui était nationalisé et de ses réserves bancaires très importantes.

Le vice président US Joe Biden s’est chargé d’apporter un éclairage sur cette guerre : « Dans cette affaire, l’Amérique a dépensé 2 milliards de dollars et n’a pas perdu une seule vie. C’est plus de cette manière que nous traiterons les affaires du monde à l’avenir.  » Le monde est prévenu, c’est ainsi que l’empire va s’occuper de lui à partir de maintenant.

La tragédie Libyenne a été possible grâce aux mensonges, à la diabolisation de Kadhafi et à la grande entreprise de manipulation des masses. En France (comme partout en Europe) la gauche a bonne mine, elle s'est tue, beaucoup de ses sympathisants ont approuvé cette agression. Mais où est l'humanisme ???? leur laïcité est sans doute toute retournée !!!!!.

Cette gauche Française incapable d'affronter le pouvoir en France, mais qui sur la scène internationale se met à la remorque des fascistes de l'OTAN dont l'objectif est de faire main basse sur les richesses et d'asservir les peuples (futurs esclaves modernes) en utilisant la plus grande démagogie (prétexte humanitaire).

La gauche s'est discréditée en soutenant les « rebelles », elle sombre désormais dans le ridicule.

"SEULS LES PLUS PETITS SECRETS ONT BESOIN D'ÊTRE PROTÉGÉS. LES PLUS GROS SONT GARDÉS PAR L'INCRÉDULITÉ PUBLIQUE." (MARSHALL MCLUHAN)

 

Par Dialmy
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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 13:00

 

عبد الصمد الديالمي يشرح نظرياته في الجنس، وعلى رأسها نظرية الانتقال الجنسي،

طور أيضا مفهوم الانفجار الجنسي في المغرب

لماذا نجرم علاقة جنسية متراضية بين راشدين حين لا تخل بالحياء العام وحين لا تتاجر بالمتعة؟

- ما هو الفرق بين التحرش الجنسي، الاستغلال الجنسي والمعاكسة؟

+ المعنى الاصطلاحي للتحرش الجنسي يكمن في إرادة الحصول على متعة جنسية بفضل استغلال النفوذ في إطار علاقة مهنية، مثلا بين أستاذ وطالبة، بين طبيب وممرضة، مدير شركة وموظفة... هنا يوظف الطرف الذي له سلطة سلطته ليحصل على متعة جنسية لمجرد أنه الرئيس المتحكم في "مصير" "مرؤوسته"، وفي بعض الأحيان مقابل تسامح أو ترقية.  يحيل إذن التحرش الجنسي في معناه الاصطلاحي على الإطار المهني، ويتم فيه وبه استغلال النفوذ. أما ما يقع في الشارع فهو تحرش جنسي بالمعنى اللغوي، ومن الأصح أن نسميه معاكسة. فالرجل الذي يعاكس فتاة في الشارع لا تربطه أية علاقة سلطوية أو معرفة مسبقة بالفتاة، فهو يلتقي بفتاة بالصدفة ويخاطبها بكلمات مؤدبة أو غير مؤدبة أو بحركات أو بصفير، راجلا أو راكبا، ومهما كانت الوسيلة، فإنها معاكسة،إنه يجرب حظه مع أي امرأة لعلها تقبل. أما الاستغلال الجنسي، فيحيل اصطلاحا على توظيف جسد المرأة مقابل مال، أو للحصول على مال عند إجبار المرأة على مضاجعة آخرين بمقابل مادي. بتعبير أدق، يحيل الاستغلال الجنسي على المتاجرة بأجساد النساء (والأطفال).

- هل هنالك اختلافات بين الطبقات الاجتماعية بخصوص فهم وتمثل ظاهرة التحرش الجنسي؟

+ حينما نتكلم عن التحرش الجنسي بالمفهوم الاصطلاحي، لا تطرح إشكالية الاختلاف الطبقي لأنه يتم في إطار مهني، في كل الإدارات وفي كل المقاولات. وفي المنازل أيضا. بالإمكان مثلا أن يتحرش رب أسرة ثري بخادمة منزلية، ونفس الشيء يمكن أن يقوم به رب أسرة في طبقات اجتماعية متوسطة. أما المعاكسة، أي التحرش الجنسي بالمعنى اللغوي، فتختلف فعلا حسب المستوى التعليمي وحسب الانتماء الطبقي وحسب الحي، وتوظف فيها وسائل تختلف من طبقة اجتماعية إلى طبقة اجتماعية أخرى، تختلف المعاكسة  في طريقة الكلام وفي طبيعة الحركات أو النظرات، ويختلف اللباس كما تختلف السيارات.

- ما تأثير التحرش الجنسي والمعاكسة على استقرار المجتمع؟

+ التحرش والمعاكسة شكلان من أشكال العنف ضد المرأة حسب حركة حقوقية ونسائية ترى في هذا العنف عنفا أساسه النوع الاجتماعي (الجندر)، بمعنى أنه يعكس الهيمنة الرجالية في المجتمع الأبيسي. ويتخذ هذا العنف أشكالا متعددة، لغوية (مثل الشتم) وجسدية (الضرب) وجنسية (معاكسة، تحرش، اغتصاب) واقتصادية (منع المرأة من العمل أو الاستيلاء على أجرها) وثقافية (إجبارها على وضع الحجاب أو على التزوج من شخص لا ترغب فيه)... إن العنف سلاح في يد الرجل داخل نظام أبيسي لمراقبة المرأة واستغلالها بشكل عام، طبعا هذا عائق في وجه تحرر المرأة وتنميتها وهو خرق لحقوق المرأة كحقوق إنسان.

في مقابل التحرش، طورت مفهوم الرشوة الجنسية، وأقصد بها توظيف المرأة لجمالها للحصول على شيء لا تستحقه، خدمة أو نقطة جيدة...

- إذا قلبنا الصورة وتحرشت المرأة بالرجل هل تستقيم نفس المفاهيم؟

+ نعم إذا كانت المرأة رئيسة و في يدها السلطة ودعت رجلا إلى الممارسة الجنسية وكان يخضع لسلطتها، فهذا يسمى أيضا "تحرش جنسي". المرأة هنا مثلها مثل الرجل لأنها تستغل نفوذها وتتحرش بمرؤوسها. وهذا نادر. أيضا من النادر أن تمارس المرأة المعاكسة في الشارع، إن المعاكسة عنف رجالي بامتياز إلى حد الآن.

- ألم ترق القوانين المغربية بعد لتجريم المعاكسة؟

+ في المغرب تم إصلاح القانون الجنائي في سنة 2003 لتجريم التحرش الجنسي في معناه الاصطلاحي، أي تجريم استغلال النفوذ الإداري لأغراض جنسية، أما المعاكسة في الشارع فليست مجرمة بعد، ولهذا السبب تضغط الحركة النسائية قصد تجريمها. تعبت النساء من المعاكسة في فالشارع لأنها مس بكرامتها ولأنها تريد أن يفهم الرجل المغربي أن الشارع ملك لها أيضا بالمساواة مع الرجل. في المغرب، لا زال الرجل يعتبر وجود المرأة في الشارع استفزازا له، وهذا منطق "أبيسي" آن الأوان للتخلص منه.

- ألا ترون بأن بعض النساء بلباسهن المثير في الشارع تشجعن على ظاهرة المعاكسة؟

+ هذه ذريعة يوظفها الإسلامويون لكي يقولوا للمرأة عليك أن تحتجبي إذا أردت أن تكوني في الشارع، لكن الدراسات السوسيولوجية تبين كلها أن جميع النساء بدون استثناء المحجبات وغير المحجبات عرضة للمعاكسة. وهنا ينبغي القول أن من الحقوق الأساسية للمرأة هو أن تتواجد في الشارع، لأن الفضاءات العمومية ملك للرجال والنساء بالمساواة دون قيد أو شرط، كأن نربط تواجدها في الشارع بلباس معين. على العكس من ذلك، المطلوب هو تربية النظر، نظر الرجل إلى المرأة. ليس من حق الرجل النظر إلى المرأة أو الحكم على لباسها، من حقها أن تلبس كيف تشاء، ذلك من صميم حريتها. إن النظر المتفحص في جسد المرأة وفي لباسها ضرب من العنف الرجالي. ما الذي يعطي الحق للرجل في النظر إلى المرأة؟ الأخلاق الإسلامية نفسها تقول "النظرة الأولى لك، والثانية عليك"، بمعنى أنه ليس من حق الرجل أن يتفحص النظر في المرأة، احتراما لها ولحريتها. لا حق للرجال (وحدهم) في تنظيم الفضاء العمومي، لا بد من إشراك المرأة الحداثية في تنظيم فضاء عمومي حداثي. لذا، تطالب الحركات النسائية بتجريم كل أشكال العنف التي تريد الحد من حرية المرأة. النساء خرجن للعمل وتتواجدن في كل الفضاءات والأمكنة، في المقاولة، في سيارة الأجرة، في الحافلة، في الشاطئ، في الغابة، في الجامعة، في المستشفى، في السينما، ولا يمكن الاستمرار في تنظيم هذا التواجد بمنطق أبيسي متخلف... من حق النساء استغلال كل الأمكنة العمومية، هذا حق أساسي لتطوير مجتمعنا نحو مجتمع حداثي يقوم على المساواة بين الجنسين (في الحقوق) رغم الاختلاف البيولوجي بين الجنسين. على الرجال أن يقتنعوا بأن تواجد النساء في الأماكن العمومية حق أساسي من حقوق المرأة، وأن إرادة التعبير عن الجمال في الفضاء العام حق أساسي أيضا وتدخل في صميم الحريات الفردية. المطلوب من الرجال الارتقاء إلى أخلاق مدنية حضرية وحضارية تجعلهم قادرين على ضبط النظر وعلى التصرف كمواطنين وليس كحيوانات.

- لكن الرجل من الناحية السيكولوجية يمتلك غريزة جنسية تكبر مع النظر أما المرأة فتتم إثارتها جنسيا من خلال السماع أي كلام الغزل، ربما من حيث هذه الاختلافات النفسية، تعتبر المرأة الشبه عارية أو التي تظهر بعض مفاتنها مستفزة لمشاعر الرجل؟

+ هذه سيكولوجية أبيسية بامتياز تعتبر الرجل حيوانا ينتصب ذكره كلما رأى أنثى، وتعتبر المرأة عورة ينبغي سترها وكائنا غير مهتم بمظهر الرجل. لم تعد هذا السيكولوجية صالحة اليوم لفهم السلوك الجنسي عند الرجل وعند المرأة. لا يتصرفان من حيث هو إنسان لا يتصرف حسب الغريزة. نفس الشيء بالنسبة للمرأة. اليوم، لا بد من إغراء متبادل ومتساوي، بالسماع وبالنظر وبالرائحة، بكل الحواس... المال الرجالي لا يكفي لوحده إلا مع العاملة الجنسية. واليوم هناك موجة كبيرة تبين أن الرجل الحداثي يهتم بمظهره وبجماله لكي ينال الرضا، لكي ينجح مع النساء. العلاقة الجنسية في المجتمع الحداثي تنبثق عن رضا متبادل، إذا لم يتوفر شرط الرضا تكون العلاقة غير أخلاقية، وتتحول إلى اغتصاب وهو الشكل الأقصى للعنف. لا يمكن الاختباء بالغريزة الحيوانية الذكورية المزعومة لنمنع النساء من حرية اللباس ومن التواجد في الشارع ومن المشاركة، فالمرأة لها اليوم الحق في التواجد في المال، في المعرفة وفي السلطة ، وهي حقول رساميل ثلاثة احتكرها الرجل لقرون وساعدته على الإغراء... أكثر مما ساعده الغزل... أليست المرأة أجمل حين تشارك في المال وفي المعرفة وفي السلطة؟ كيف يمكن أن تشارك في هذه الحقول مع تقييد حريتها في الفضاء العام، ومع الاستمرار في اعتبارها عورة يجب سترها؟

- ألا يطرح الرضا أو القبول بين الطرفين، إشكالية المعاشرة الجنسية الغير مؤطرة بشكل قانوني وديني، وبالتالي يطرح صعوبة ضبط العلاقات الجنسية في المجتمع، وهو ما بات ظاهره مقلقة في الدول الغربية مع انتشار ظاهرة "البوي فريند" و"الكورل فريند" وغيرها؟

+ الرضا بين الطرفين، أي غياب العنف والإكراه، يؤسس العلاقة الجنسية الأخلاقية في المنظق الحداثي. كل علاقة جنسية  قائمة على القبول بين الطرفين علاقة قانونية ولا تخلق أي بلبلة في المجتمع الحداثي.  فأساس الحداثة هو الفرد وحريته، إنه مركزها.

- معنى هذا أننا سنشهد في المغرب تحولا إلى علاقة "البوي فريند"؟

+ هذه ظاهرة موجودة اليوم وهي إحدى تجليات الانفجار الجنسي الذي بنيته كمفهوم. من بين معاني الانفجار الجنسي، عجز إطار الزواج عن استيعاب كل الممارسات الجنسية التي تحصل في المغرب. كثرت الممارسات الجنسية غير الزوجية إلى درجة أنها فجرت الزواج كإطار مرجعي، معياري وعملي في الوقت ذاته.  هذا الانفجار الجنسي في تجلياته المتعددة واقع قائم اليوم، نعيشه بشكل واضح رغم لا قانونيته، مما يعني أن هناك طلاق بين القانون الذي يجرم والواقع الذي يبيح، بتعبير آخر، واقعنا متقدم على قانوننا، سواء في صيغته الجنائية أوفي صيغته الفقهية.

- كيف إذن يمكن التعامل مع العلاقة الجنسية المتراضية غير القانونية؟

+ حاليا، العلاقة الغير الزوجية مجرمة فقها وقانونا، لكن تجريمها متخلف عن الواقع. حين يتفق رجل وامرأة غير متزوجين على المتعة الجنسية المتبادلة دون المس بالحياء العام ودون توظيف مال، لماذا سنجرمهما؟ مثل هذه العلاقات في المغرب في تكاثر مستمر، مما دفعني إلي إرادة فهمها كعالم اجتماع دون تقييمها. في هذا الإطار، أسست نظرية سوسيولوجية بسطتها في كتابي الذي نشر سنة 2009 (في بيروت، دار الطليعة)، عنوانه "سوسيولوجيا الجنسانية العربية".

- ماذا تقول هذه النظرية؟

+ أسميتها نظرية "الانتقال الجنسي"، مفادها التمييز بين ثلاثة مراحل كبيرة في العلاقة بين الجنس والدين:

* تتميز المرحلة الأولى بكون المعايير الجنسية دينية وبكون السلوكات الجنسية دينية أيضا (أي زوجية بالأساس).

* المرحلة الثانية: تتميز باستمرار دينية المعايير الجنسية وبعلمنة السلوكات الجنسية، بمعنى أنها تخضع لأخلاق مدنية.

* المرحلة الثالثة: ميزتها علمنة المعايير الجنسية وعلمنة السلوكات الجنسية، مما يعني استقلال الحقل الجنسي (كحقل عمومي تنظمه الدولة) عن الدين. وهي مرحلة بلغها الغرب، هناك، المعايير الجنسية (العمومية) معلمنة والسلوكات الجنسية معلمنة كذلك، مع الاحتفاظ للفرد بحقه في تبني معايير وسلوكات جنسية دينية في حياته الخاصة دون أن يسعى إلى تحويلها إلى نظام عام. الدولة المدنية لا تعمل بالقوانين الدينية لأنه لا يمكن فرض هذه القوانين على كل المواطنات والمواطنين.

المغرب يتواجد في المرحلة الثانية والتي أسميتها بـمرحلة "الانتقال الجنسي". فنحن في طور انتقال جنسي، لدينا معايير جنسية دينية "أبيسية"، أما السلوكات الجنسية فبدأت تنسلخ عن الدين، الدين مثله مثل الزواج أصبح عاجزا عن استيعاب كل السلوكات الجنسية التي تميز المجتمع الحداثي. إذن، لدينا ظاهرة "البوي فريند" و"الكورل فريند" كمظهر من مظاهر الانفجار الجنسي. هنالك عوامل كثيرة تتحكم في هذا التحول وأجمل كل ذلك في عبارة "التحديث الجنسي"، الجنس عندنا أيضا في طور التحديث، لماذا نقبل الحداثة السياسية والفكرية والاقتصادية... ولا نقبل الحداثة الجنسية؟ لماذا نعتبر التحديث السياسي (الديمقراطية) شيئا إيجابيا ونعتبر التحديث الجنسي (أخلاقية العلاقة الجنسية الراشدة المتراضية) شيئا سلبيا؟ إن الحداثة نظام واحد يشمل ويسري على كل قطاعات الحياة العامة... في بلادنا تحديث الجنس متعثر مثله في ذلك مثل التحديث السياسي، بل هو متعثر بسبب تعثر التحديث السياسي.

- هل وضعتم لهذه النظرية محددات زمنية؟

+ من الصعب أن نحدد لها زمنا لكننا يمكن أن نقول بصفة عامة أن المرحلة الأولى أي دينية المعايير والسلوكات  الجنسية تحيل على ما قبل الحداثة، أما حين ندخل إلى حداثة حقيقة فإننا سندخل في المرحلة الثالثة، أي سنبلغ مرحلة علمنة المعايير والسلوكات الجنسية، في المغرب لم ندخل بعد مرحلة حداثة حقيقية، لا زلنا متعثرين، الانتقال يطال الحقل السياسي والاقتصادي والفكري، ويطال طبعا الحقل الجنسي أيضا.

 +++++++++

 

 

Par Dialmy
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Lundi 7 novembre 2011 1 07 /11 /Nov /2011 21:07

حوار أجرته معي جريدة "الأيام" في غشت 2011

 

 هل يمكن الحديث عن وجود عنف نسوي ضد الرجال في المغرب؟

كيف يمكن أن أقدم جوابا علميا على هذا السؤال مع غياب معطيات ميدانية؟ إنها مشكلة عالم الاجتماع في المغرب. إنه مشكل افتقار البحث العلمي للشروط والإمكانيات الضرورية. حينما تتوفر هذه الإمكانيات، فإنها تتوفر للإدارة، وهذا ما حصل في الدراسة الوطنية المتعلقة بعنف الرجال ضد النساء. ورغم أهمية هذه الدراسة، فإنها تعكس المنظور السائد حاليا، أي التركيز على عنف الرجال ضد النساء. أما عنف النساء ضد الرجال، فمغيب علميا في المغرب، مما لا يسعفني على الإجابة عن سؤالكم بشكل علمي دقيق...

انطلاقا من هذه الملاحظة الجوهرية، أفترض أن العنف النسوي ضد الرجال في المغرب شيء موجود، وأفترض أيضا أنه موجود بنسبة أضعف بالمقارنة مع العنف الرجالي ضد المرأة. وهو أيضا عنف أقل ظهورا وأقل تداولا إذ لا يروجه الخطاب اليومي، فهو عبارة عن حادثة سير تقع بشكل ناذر في المجتمع المغربي الأبيسي الذي هو مأسسة لعنف الرجل ضد المرأة.

فعلا، إن العلاقة بين المرأة والرجل في النظام الأبيسي الذكوري علاقة عنف، أي علاقة سيد (الذي هو الرجل) بعبد (الذي هو المرأة)، لدرجة أن المرأة ترى في تعنيفها من طرف الرجل شيئا طبيعيا ومشروعا. الأبيسية في ذاتها وبذاتها شرعنة عنف الرجال ضد النساء. لذلك يظهر تعنيف المرأة للرجل في النظام الأبيسي نشازا لا مكان له. ومن ثم الصمت حوله حين يقع.

طيلة قرون، كانت النساء تقبل العنف الممارس عليهن، فلا هن يصرحن به ولا هن ينددن به لأنه كان يدرك كآلية من آليات اشتغال العائلة الأبيسية والحفاظ عليها وإعادة إنتاجها. ويشكل قبول عدم التصريح بالعنف عنفا ثقافيا مستبطنا من طرف المرأة الضحية. والأمر أخطر فيما يخص عنف المرأة ضد الرجل. فمن باب شبه-المستحيل أن يصرح الزوج بالعنف الذي يمارس عليه من قبل زوجته لأن في ذلك التصريح اعتراف بنقص في رجولته، أو بضعفه على الأقل. إن الرجل المعنف من طرف امرأة يتوقف عن إدراك نفسه كرجل، ولذلك فإنه يعمل على إخفاء هذا العنف الممارس عليه بكل الوسائل كي لا يشعر أنه فقد رجولته أمام الآخرين. إن نظرة الآخر للرجل المعنف من طرف امرأة نظرة قاتلة. الرجل المعنف يموت كرجل. أبيسيا، الإشهار المقبول للعنف هو إشهار العنف الرجالي، والافتخار به دليل على الرجولة. لذلك، من المتعذر أن تحتل هذه الظاهرة مكانا في الحديث اليومي. من ثم ضرورة بحث ميداني علمي، لكن البحث السوسيولوجي ينتج عادة عن طلب من إدارة أو مقاولة أو منظمة أو جمعية (الرجال ضحايا العنف مثلا)، وما من جهة اليوم في المغرب تود تشخيص وقياس هذه الظاهرة. لا أحد يرى فيها، في حالة التأكد من ارتفاع تكراريتها، مؤشرا إضافيا على أزمة الأبيسية.  

 

ـ هل العنف خاصية رجالية؟ ألا تمارس المرأة العنف ضد زوجها؟ ألم تقرؤوا عن الزوجات اللواتي ضربن أزواجهن بطرق مخيفة؟ ما هي الأسباب التي تدفع الجنس اللطيف لممارسة العنف؟

ـ ما تقولونه موجود بلا شك، لكن النظام الأبيسي يربط العنف بالرجولة بالنظر لتعريف هذه الأخيرة بسمتين أساسيتين هما التفوق العضلي والقدرة على الكسب والإعالة.، هاتان الخاصيتان الأبيسيتان المحددتان للرجولة الأبيسية تمكنان الرجل وتسمحان له من تعنيف المرأة بدنيا وإخضاعها اقتصاديا. ولا يتوقف الأمر هنا، بل تتولد أشكال أخرى من العنف الرجالي، وأقصد بها العنف الجنسي والعنف اللفظي والعنف النفسي العاطفي. إن تاريخ المرأة هو تاريخ اضطهادها كما كتب ذلك هيربر ماركيوز Marcuse  . في المجتمعات الإسلامية،  يجد العنف الرجالي سندا قويا في القرآن وبالضبط في الآية التالية: "واللاتي تخافون نشوزهن فعظوهن واهجروهن في المضاجع واضربوهن فإن أطعنكم فلا تبغوا عليهن سبيلا". وقد حاول الفقهاء تلطيف حق الزوج في تعنيف الزوجة من أجل تطويعها عندما شددوا على أن لا يكون الضرب مبرحا، أي أن لا يكون مؤلما وأن لا يترك آثارا ظاهرة على الوجه بالخصوص.

 نظرا لكل هذه الاعتبارات التي ترسخت في اللاشعور الأبيسي، لا شعورنا الجمعي لا يزال أبيسيا رغم التحديث بل هو المستوى الذي يقاوم الحداثة أكثر من غيره في الشخصية القاعدية،  فإننا نندهش حينما نتحدث عن تعنيف المرأة للرجل. وهي الدهشة التي بدأت تزول تدريجيا أمام تسجيل تصاعد وتيرة العنف النسوي ضد الرجال حسب بعض الدراسات الريادية في كندا مثلا.

إن الدراسات السوسيولوجية التي أجريت في دول غربية تشير إلى أن الشكل السائد للعنف النسوي ضد الرجل هو عنف لغوي نفسي، من قبيل الإهانة والشتم والسب والتحقير والتشكيك في الرجولة والفحولة... كما أثبتت هذه الدراسات أن المرأة تمارس أيضا عنفا بدنيا فيزيقيا كالعض والخبش والضرب بالأواني واستعمال الأدوات الحادة ... ويمكن للمرأة أن تستغل نوم الرجل لتمارس عليه عنفا بدنيا يذهب إلى حد بتر ذكره أو قتله...

أولا، يمكن تفسير العنف النسوي انطلاقا من المنطق الأبيسي نفسه. فجزء كبير من العنف النسوي يقوم على اتهام الزوج بعدم القيام بواجباته كزوج، أساسا حينما يفقد الزوج قدرته على  الإنفاق أو على إرضاء الزوجة جنسيا. في هاتين الحالتين، يفقد الزوج سلطته ويصبح قابلا للتعنيف بكل الأشكال، بما فيها العنف البدني. هنا يفقد الزوج مكانته السيادية، أي يفقد رجولته وكل الامتيازات والسلط المرتبطة بها أبيسيا. أيضا، حين تكون الزوجة هي المعيل الرئيسي للأسرة إذا كان الزوج عاطلا عن العمل، أو حين تكون الزوجة أكثر ثراء من الزوج، فإن ذلك يؤهل الزوجة لممارسة العنف على زوجها. لكن في هذه الحالات نفسها، حالات عجز الزوج أو دونيته، يلجأ بعض الرجال إلى تعنيف الزوجة بدنيا، وفي ذلك تعويض للقدرة على الباءة بالقدرة على التعنيف (البدني بالخصوص) من أجل فرض رجولة لا تقبل أن تساءل ولا أن يعاد النظر في سيادتها بغض النظر عن وضعها الاقتصادي الهش.

 لذا لا بد من الحديث عن عوامل إضافية تفسر العنف النسوي مثل ضعف شخصية الرجل أو شعوره بالذنب أو حالته النفسية من جراء تناول كحول أو مخدرات. إنها عوامل توطد الشعور بالعجز والنقص عند الرجل. باختصار شديد، حينما تحس المرأة أنها تملك امتيازا اقتصاديا أو اجتماعيا أو اعتباريا، فإنه يسهل عليها تعنيف زوجها من خلال شتمه أو صفعه أو ضربه.

ثانيا، هناك عوامل أخرى تحيل على أزمة الأبيسية نفسها، وتفسر بدورها العنف النسوي. فهناك تزعزع الاقتناع بشرعية العنف الرجالي. فعلا، تعني الحداثة أن الأبيسية تفقد مشروعيتها باعتبارها نسقا لا عقلانيا يتميز بالتمييز الجنسي وباللامساواة. انطلاقا من هذا الاهتزاز، تبنت المرأة منطق قصاص مفاده "العنف بالعنف"، بعد أن كانت تواجه العنف الرجالي بالكيد والحيلة والسحر والخيانة... بتعبير آخر، يمكن القول أن جزء من العنف النسوي دفاع عن النفس أو انتقام من رجل معنف،  خصوصا عندما يكون للمرأة دخل قار وحينما تساهم في النفقة وحين يعترف المجتمع بالمساواة بين الجنسين. فأمام خيانة الزوج مثلا، لا تبقى المرأة الحداثية مكتوفة الأيدي لأنها لم تبق مقتنعة بحق الرجل في التعدد، الزوجي وغير الزوجي. في هذه الحالة، تلجأ الزوجة إلى تعنيف زوجها وهي مقتنعة بمشروعية تعنيفها له.

خلاصة القول، إما أن العنف النسوي خلل "مرضي" في مجتمع أبيسي لا يقوم فيه الرجل بوظائفه التقليدية فيفقد رجولته وهو ما يحوله إلى "امرأة" قابلة للنعنيف، وإما أن العنف النسوي ظاهرة "صحية" جديدة في مجتمع جديد يقوم على المساواة بين الجنسين وعلى منطق القصاص، السب بالسب والضرب بالضرب والخيانة بالخيانة...

 

ـ طيب، هل العنف ضد الرجال يوجد في الدول المتقدمة أم أنه مرتبط بالفقر والجهل فقط؟

ـ هذا سؤال مهم جدا، وله في اعتقادي جوابان يسيران في اتجاهين مختلفين.

أما الجواب الأول فمفاده أن العنف الزوجي المتبادل ظاهرة متواجدة في كل المجتمعات دون استثناء وفي كل الطبقات الاجتماعية دون استثناء.  إنه جواب لا يخلو من صواب. وهو جواب مستقى من الدراسات النسائية التي تقر أن عنف الرجال ضد النساء يخترق المجتمع كله ويهم كل الرجال وكل النساء. اليوم وكما سبق أن قلت، أثبتت بعض الدراسات أن الرجال أصبحوا ضحية عنف نسوي متكرر بل وبنيوي. وهو العنف الذي يخترق بدوره المجتمع كله ويهم الكل. ما العمل أمام هذا الطرح؟ كيف يمكن معالجة العنف الزوجي في هذه الحالة؟ أية ثورة ينبغي القيام بها؟ وضد من؟ هل هي ثورة المجتمع الحداثي ضد المجتمع الما-بعد التقليدي؟ لكن إذا كان هذا الأخير يتميز بتكررارية عالية لعنف الرجال، فإن المجتمع الحداثي ينتج بدوره عنف النساء بالجملة وتقريبا بنفس التكررارية التي لا زال ينتج بها عنف الرجال.

ينطلق الجواب الثاني من ضعف الجواب الأول الذي لا ينصت جيدا إلى الواقع وإلى التباينات الموجودة بين الطبقات الاجتماعية، بين المدينة والبادية، بين المتعلمين وغير المتعلمين، ثم بين الدول الديمقراطية المتقدمة والدول غير الديمقراطية المتخلفة... لنأخذ مثال عامل الفقر مثلا. فهو عامل يفسر تعنيف الزوج لزوجته ولتعنيف الزوجة لزوجها. بصدد هذا العامل، يبين الدرس السوسيولوجي أن نسبة العنف الزوجي في الأوساط الفقيرة أعلى من نسبة العنف في الأوساط الغنية. ثم إن اللجوء إلى العنف البدني أكثر تكرارية في الأوساط الفقيرة. المثقف أيضا يمكن أن يعنف زوجته لأنه ليس ملاكا، والمثقفة كذلك غير منزهة عن ممارسة العنف، لكنني أفترض أن المثقف يمارس العنف البدني بشكل أقل بالمقارنة مع الفلاح أو العامل. من القوانين السوسيولوجية العلمية القول بالترابط بين الأوساط الفقيرة والشعبية وبين ارتفاع تكرارية العنف البدني.

إذن لا يكفي القول أن العنف الزوجي يخترق كل الطبقات وكل الأوساط، فهو قول لا يصف الواقع بدقة ولا يفرز بدقة دور بعض العوامل ولا يمكن من المقارنة. كل ذلك يفضي إلى استحالة سن سياسات عمومية ملائمة. أية سياسية عمومية يمكن سنها إذا أقررنا أن العنف الزوجي المتبادل يخترق كل الأوساط وكل المجتمعات بغض النظر عن مستوى تطورها؟ أما إذا اكتشفنا دور الفقر في إنتاج نسب أكبر من العنف وأشكال أخطر من العنف، أو إذا اكتشفنا أن الأمية تقوم بنفس الدور، آنذاك يتحتم على صانع القرار أن يحارب الفقر والأمية من خلال سياساته العمومية. أيضا، يلعب تعريف الرجولة دورا أساسيا في انتشار عنف الرجال. فالتعريف الأبيسي للرجولة يجعل من العنف إحدى صفاتها الأساسية. فكلما كان المجتمع متخلفا، كلما ساد هذا التعريف للرجولة، وكلما نما وتدمقرط المجتمع، كلما تراجع ذلك التعريف وكلما يتم الفصل بين الرجولة والعنف، وبين المرأة والطاعة والخنوع.

من جهة أخري، لا بد من الإقرار أن النساء في الدول المتقدمة أكثر عنفا ضد الرجال بالمقارنة مع النساء في دول الجنوب. لماذا؟ لأن المرأة في الغرب نالت معظم حقوقها وحصلت على استقلالها الاقتصادي، فهي على قدم المساواة مع الرجل بل ويمكن أن تستغني عن الرجل وعن الزواج. لذلك، يسهل عليها تعنيف الزوج عملا بمنطق القصاص المساواتي. أما في حالة الزوج المغربي le couple  ، فإن تعنيف الرجال للنساء أكبر حجما من تعنيف النساء للرجال نظرا لمستوى تطور المغرب، فمعظم الزوجات ربات بيوت تابعات للزوج من كل الجوانب، خصوصا من الناحية الاقتصادية، ولذلك يصعب عليهن      الجهر بالعنف الممارس عليهن، وبالأحرى ممارسة العنف على أزواجهن. كلما استقلت المرأة اقتصاديا كلما كانت قدرتها على تعنيف الرجل أكبر، وكلما انخفضت إمكانياتها الاقتصادية كلما قلت قدرتها على تعنيفه، وارتفعت إمكانية تعنيفها من طرف الرجل. كلما استقلت المرأة اقتصاديا كلما تعرض أساس الترتيب الأسري الذي أفرزه النظام الأبيسي للانكسار، وكلما أصبح العنف متبادلا بين الزوجين، وأصبحت الأسرة مستحيلة وارتفعت  نسبة الطلاق وارتفعت نسبة العزوف عن الزواج وتكاثرت الوحدات السكنية ذات الفرد الواحد. وهذا ما يحدث بالضبط في الغرب، وهذا ما بدأ يحدث في المغرب لأن المرأة المغربية، ضحية العنف الرجالي لقرون طويلة، تستفيق اليوم من سباتها الأبيسي. إنها تنتقل من عنف أبيسي مضاد يحارب الرجل باسم أنوثة أبيسية إلى عنف قصاصي مساواتي يحارب الرجل باسم أنوثة جديدة تؤمن بالمساواة (في الحقوق، في كل الحقوق) مع الاحتفاظ باختلافها وخصوصيتها.

نهاية القول، أعتقد أن نهاية العنف بين الجنسين لن تتحقق إلا بتحقق المساواة الكاملة بينهما على أرض الواقع، وهذا مشروع يحتاج تحقيقه إلى اقتناع عميق بمبدأ المساواة... من طرف الطبقة الجنسية السائدة، أي طبقة الرجال... ومن طرف النساء أيضا لأن الإيديولجيا الأبيسية ككل إيديولوجيا لا تنجح بدون اقتناع ضحاياها بها...

 

Par Dialmy
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Lundi 3 octobre 2011 1 03 /10 /Oct /2011 12:50

  Au delà des causes directes des accidents de circulation, aucune étude n’a été faite pour analyser les causes profondes du mode de conduire marocain. Les Marocains conduisent mal parce qu’ils se conduisent mal. Mal conduire est une manière de mal se conduire, et mal se conduire est une manière de protester pathologiquement contre un Etat frustrant.

 

 

Au Maroc, beaucoup d’accidents de circulation, beaucoup de blessés graves, beaucoup de morts. Familles, autorités et assurances s’en alarment. Dans leur inventaire des causes, les autorités insistent surtout sur la responsabilité des conducteurs et sur l’état des voitures. L’état des routes et de la signalisation, la responsabilité de ceux qui veillent sur la circulation sont des facteurs moins incriminés. Ce faisant, on se déculpabilise un peu et on demande au conducteur de s’adapter à l’état défectueux des routes, et de se contenter d’une signalisation sommaire. Les lignes jaunes, il faut parfois les deviner. Des traces de lignes jaunes… Quelques campagnes radiophoniques où l’on commence par la phrase suivante : « mon frère le conducteur, sais-tu que… », et l’on finit par « fais ceci, fais cela… ». Une sorte de sermon amical, moralisateur, adressé au bon sens du conducteur, comme si le bon sens était la chose la mieux partagée du monde. Il est vrai que la vitesse, le non respect du stop, de la priorité à droite, du feu rouge, de la ligne jaune… sont des causes directes des accidents de la circulation. Mais on ne se demande pas pourquoi les gens ne respectent pas les lignes jaunes, le couloir, les stops… Aucune étude n’a été faite pour analyser les causes profondes du mode de conduire marocain, les motivations du mal conduire.

Une première question cependant : les conducteurs ont-ils conscience de mal conduire? Car à force de voir des « fautes » grossières perpétrées de "bonne foi", on se demande si les gens connaissent le code de la route et savent conduire ! Les autorités savent que tous les conducteurs ne connaissent pas le code de la route, faute d’avoir subi un apprentissage et subi un examen. Le permis de conduire est souvent une pièce administrative "achetée", et c’est après son acquisition frauduleuse que l’on s’entraîne à conduire. Au départ donc, une mauvaise conduite, fondatrice. Des gens excusables en quelque sorte, car comment voulez-vous que des gens qui n’ont pas appris à conduire conduisent bien ? Comment voulez-vous que des gens qui ne connaissent pas le code de la route le respectent ? La mauvaise conduite du départ, la corruption, continuera de corrompre le comportement du conducteur. N’est-on pas en effet dans un même système dans lequel la corruption est un schème de comportement, un schème socialisateur ? Ceux qui se refusent à la corruption sont des marginaux. Mal se conduire est une règle, une norme. Mal conduire aussi.

Mais arrêtons-nous aux gens qui savent, à ceux qui connaissent le code de la route. Ceux qui le transgressent sciemment. Ceux pour qui la signalisation est un décor que l’on finit par ne plus voir, et que l’on redécouvre lors de l’amende, quand amende il y a, ou de l’accident. En général, l’amende n’est pas appliquée pour faire respecter le code de la route, elle est appliquée quand il s’agit d’une campagne pour collecter des fonds. Quant il n’y a pas de campagne de sécurité routière, l’amende est allègrement convertie en « cadeau » après une "remise", ce qui arrange les deux parties en présence, voire même les parties qui ne sont pas présentes. Faut-il le rappeler, la corruption est un système hiérarchique totalitaire.

Pourquoi donc ceux qui savent ne transforment-ils pas leur savoir en conduite ? Pourquoi se conduisent-ils mal ? Pourquoi conduisent-ils mal ?

Ces gens qui se lèvent tard pour emmener les enfants à l’école et arriver à l’heure, ces gens pressés d’arriver et qui croient être les seuls à être pressés, ces gens ne peuvent respecter la file ou la ligne jaune, voire un feu rouge : « pourquoi resterai-je derrière ?, s’interroge « légitimement » le conducteur. Nulle part il ne respecte la file, et la loi…

Ce monsieur, ou sa dame, qui sont véritablement au dessus des lois (de la circulation entre autres, ce n’est pas une illusion) transforment leur conduite en libre circulation. Pour cette dame, et son monsieur, c’est les offenser que de leur demander de s’arrêter à un stop. « Comment ? Ne savez-vous qui je suis ? », s’écrient-ils indignés, chacun dans sa belle voiture. Indignation acceptée et « légitimée », transmise, léguée comme un « bien » aux enfants conducteurs, parfois même sans permis, ceux-là. La mauvaise conduite est héréditaire. Elle est objet de reproduction sociale. On ralentit au stop juste pour voir si l’on peut passer sans danger pour soi-même. Sans attendre que l’autre, celui qui a la priorité, passe. « Ne sait-il pas qui je suis » ou bien tout simplement « pourquoi vais-je attendre moi, qu’il aille se faire f… ». L’on ne s’arrête pas surtout s’il n’y a pas d’agent de circulation qui veille au gain.

L’automobiliste ne laissera pas passer un piéton, ou un cycliste. Face au piéton, la possession d’une voiture situe socialement l’automobiliste plus haut et lui donne par conséquent le pouvoir, voire le droit, de passer le premier. En réaction, le piéton, souvent néo-citadin, ne voudra pas et ne saura pas marcher sur le trottoir pour dire que la chaussée lui appartient aussi. Le piéton ne s’arrêtera pas non plus quand son feu est au rouge, répondant ainsi aux conducteurs pour qui le feu, une fois au vert, l’est dans tous les sens. Les automobilistes vous diront que les piétons ne s’arrêtent pas au feu rouge. Et puis ces chauffeurs de camion, de bus ou de car qui, une fois à leur volant, accèdent enfin à la puissance. Socialement petits parce que piétons en général, leur véhicule poids lourd les métamorphose en êtres puissants et craints. Ils peuvent faire mal, on les laisse passer les premiers. Ils s’imposent enfin aux autres, notamment aux conducteurs des grosses voitures, aux dames, aux demoiselles. On voit leur regard triomphateur, viril. Cercle vicieux, infernal, cercle système, cercle désordre. Courtoisie ou code de la route sont là inefficients, impensés, impensables.

Il ne s’agit donc pas d’une circulation neutre de véhicules neutres, régie par un code neutre. Au fond, il est question d’une catharsis totale, d’un règlement de comptes, psychologique, social, politique. Avec soi-même, à travers les autres, contre l’Etat. Conduire est en effet une manière de se dire, d’exprimer des complexes d’infériorité ou de supériorité, car le véhicule est un instrument chargé de sens, et qui permet de transfigurer « magiquement » les rapports sociaux, soit en renforçant le statut social, soit en l’inversant. Il s’agit d’une lutte symbolique de classes sociales, de générations, de sexe, de résidence… Ni les conducteurs ni les piétons ne sont des êtres abstraits réductibles à leur situation technique de conducteur ou de piéton : ce sont des êtres énervés, angoissés, frustrés, agressifs et qui investissent leur statut social dans leur mode de circuler et de conduire. Conduire une voiture n’est pas un acte technique et fonctionnel. Nécessairement, le Marocain transgresse les lois de la circulation, celles-ci faisant partie des lois, ces lois que le Marocain ne reconnaît pas comme ses lois, mais celles d’un Etat déconsidéré parce que corrompu et lui-même irrespectueux de ses propres lois. Les voitures de service, celles de l’Etat, ne respectent pas le code, elles donnent le mauvais exemple. Pire, on les voit à la sortie des écoles, au marché, à la boulangerie, ou le dimanche à la campagne pour le pique-nique de la famille.

La transgression des lois (de la circulation aussi) est le symptôme d’une personnalité maladive, pré-citoyenne, en conflit avec un Etat de non-Droit. On ne peut exiger d’un individu en deçà de la citoyenneté qui se conduit mal partout de bien conduire un véhicule. Pour l'individu, se conduire mal et conduire mal constituent une réponse pré-politique à la mauvaise conduite de l’Etat, à l’égoïsme de la classe politique, à son indifférence pratique au bien-être de la population. Mal conduire est une manière de protester pathologiquement contre un Etat frustrant et décevant.

 

 Rédigé à Fès, en juin 2002, Publié dans "Le Matin du Sahara", 15 mai 2005.

Par Dialmy
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Samedi 1 octobre 2011 6 01 /10 /Oct /2011 01:37

Sociologie du port du voile

 

Extrait de mon livre « Logement, sexualité et islamisme », Casablanca, EDDIF, 1995, pp. 265-267 et 282-293.

 

 

Dévoilement/Revoilement, du développement à l’identité

 

Au lendemain de l'indépendance et dans le sillage de la lutte pour la libération nationale, la femme marocaine a affronté la question du voile et de la mixité. La construction d'un Maroc moderne pris dans le paradigme du développement ne pouvait se faire dans le cadre d'une société scindée en deux mondes, celui de la femme qui doit rester confinée dans les espaces domestiques intérieurs et celui de l’homme seul maître et possesseur de l’espace public. La consommation de l'espace public par la femme obéissait à un code et n'était par conséquent ni libre ni totale. Les forces nationalistes, soucieuses d'insérer la femme en tant que sujet dans le processus du développement, devaient livrer une bataille contre la division sexuelle de l'espace. Il fallait dissocier entre Islam et réclusion des femmes. Dans ce sens, et dès 1952, Allal el Fassi écrivait : "la femme voilée n'est pas moins exposée que la femme dévoilée au danger de la prostitution"[1]. Il allait plus loin en accusant la séparation des sexes d'être responsable de l'homosexualité masculine et féminine[2], et en reconnaissant que les emplois donnés à la femme en URSS sont complètement venus à bout de la prostitution[3]. Reprenant ces orientations du maître à penser du réformisme marocain,  Souad Balafrej publie un article intitulé : "Le voile : source de mystère et de poésie... ou symbole de servitude"[4]. Le dilemme est caractéristique de l'époque, mais elle y adopte une vision moderniste sans ambiguïté : "devant une situation nouvelle, il faut une attitude nouvelle. Est-il logique qu'elle reste voilée, cette jeune fille qui passe sa journée sur un banc d'école... Le voile était bon pour l'être mineur et irresponsable d'autrefois; pour l'être normal et actif qu'implique la vie moderne, il est inutile et même dangereux"[5].

La bataille du voile est symbolique car elle a traduit la nécessité historique de l'irruption de la femme, en tant que force productive, dans l'espace public réservé traditionnellement à l’homme. Certes, une approche simpliste voit dans cette irruption une rivalité négative entre l'homme et la femme, mais une lecture plus avertie montre la nécessité de la participation de toutes les potentialités à l'oeuvre de la construction nationale. Le voile n'est plus alors perçu comme un signe de résistance à la colonisation[6]. S'en libérer, c'est se libérer de l'image patriarcale de la femme au foyer, objet de plaisir et "coffre à grossesses" selon l’expression de l’écrivain Driss Chraïbi.

La défaite arabe de Juin 1967 est défaite d’un panarabisme à tendance séculière. Elle signe le commencement d'une ère nouvelle marquée par un retour islamiste aux sources, à une identité arabo-islamique définie comme a-historique, intemporelle, surtout après le choc pétrolier (1973) et la révolution iranienne (1979). Le voile redevient un marqueur d'identité, d'une identité qui refuse la modernité en la confondant avec l’Occident. Dans la logique islamiste archétypale, la mixité sans l'observance des frontières entre les sexes conduit au désordre et à la luxure, elle est un retour à la Jahiliya, à l'ignorance (préislamique). Certes, il ne saurait être question, pour l’islamisme, de revendiquer le retour pur et simple de la femme au foyer. La réclusion de la femme semble être définitivement révolue, même là où l'islamisme est au pouvoir, même là où l’Etat se passe de l’apport économique du travail féminin. L'islamisme insiste sur la nécessité prophylactique d'une organisation de l'espace fondée sur le port du voile. Celui-ci retrouve en quelque sorte la fonction qu'il avait dans les médinas islamiques, il permettait à la femme de consommer l'espace public tout en préservant la sacralité des frontières sexuelles.

Comment se situe-t-on par rapport à ces thèses islamistes de l'évitement des sexes et du port du voile?

 

Attitudes sociales à l’égard du voile

 

Pour rendre la mixité moins nocive, non destructrice des valeurs islamiques traditionnelles, les différents mouvements intégristes prônent le port du voile afin que la présence des femmes dans l'espace public ne soit pas un facteur d'intoxication sexuelle. Le port du voile est considéré comme "l'arme du combat actuel" contre l'éthique sexuelle occidentale.

Comment la population marocaine perçoit-elle aujourd’hui le port du voile ? Est-il considéré comme une obligation religieuse pour la femme? La femme voilée est-elle la seule à mériter le respect (des hommes)? La femme voilée est-elle la musulmane véritable?

Près de 70 % estiment que le voile est une obligation religieuse pour la femme. Selon la logique islamiste, la question ne devrait pas être posée en termes d'opinion publique, eu égard à l'existence de textes référentiels législateurs en la matière. La question du voile est, toujours selon eux, une question de ‘ilm, de savoir, une occasion de distinguer entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas. Cette logique islamiste, simpliste et manichéenne,  ne signifie pas que la question est  tranchée au niveau du savoir. Les textes référentiels en la matière sont l'objet de controverses multiples et font de la question du voile une question d'opinion.

Au niveau des pratiques, il y aurait à distinguer entre trois attitudes principales : une première attitude qui estime que le voile est un devoir et qui l'observe, une deuxième attitude qui est convaincue de son obligation mais qui ne débouche pas sur une pratique correspondante, une troisième attitude qui considère que le voile n'est pas du tout une obligation religieuse. Cette dernière attitude ne saurait être taxée d'ignorance. Elle est une opinion/option islamique au même titre que les autres. Le fait que la majorité soit favorable à considérer le voile féminin comme une obligation religieuse traduit uniquement une conformité littérale au texte, une volonté de se donner une sorte de sécurité dans une période anomique marquée par la recherche fébrile d'une identité. Il est par ailleurs normal que le littéralisme soit prépondérant dans la lecture du Coran, vu le niveau socio-économique et intellectuel de la population marocaine, relativement bas. Pour cette raison, il nous semble que cette majorité est également l'expression indicielle d'un besoin du voile comme d'un besoin social dominant. C'est la force de ce besoin social qui détermine la force du conformisme.

Chez l'homme, le manque de confiance en la femme (et en soi) conduit à revendiquer le port du voile comme un besoin de se protéger et de protéger la communauté. Le retour au voile est, magiquement, retour au contrôle du corps féminin par le mâle et, par conséquent, retour du pouvoir mâle. Chez la femme, le besoin du voile  renvoie à une demande plurielle plus complexe. Mais soulignons d'abord cette proportion de femmes plus grande, en comparaison avec celle des hommes, à  voir dans le voile une obligation religieuse : 74,2 % contre 64,6 %. Est-ce là le signe d'une plus grande aliénation féminine? D'une absence de conscience sexuelle? Hypothèses féministes par excellence. Ces pourcentages, forts, débouchent dans un premier temps sur la nécessité de dissocier entre le voile et l'islamisme. Considérer le voile comme une obligation religieuse ne signifie pas mécaniquement que l'on soit islamiste. Car le nombre des femmes et des hommes qui voient dans le voile féminin une obligation religieuse déborde largement la proportion du groupe islamiste. Le musulman culturel, sociologique, le moins pratiquant et le plus commun, le moins censeur, est susceptible lui aussi de voir dans le voile une obligation religieuse.

Dans un deuxième temps, il est possible d'avancer que les motivations inconscientes de cette attitude, par delà une volonté officielle de conformité au Coran, relèvent de l'histoire, de la sociologie et de la psychologie. Autrement dit, la sacralisation du port du voile est, en dernière analyse, la justification idéologique d'un besoin psychosocial polymorphe. Tour à tour, le voile est révélation, délivrance, refuge, ou cache-laideur, cache-misère (Belhassan[7]). Dans la même ligne, H. Taarji le considère comme un moyen d'asexuer la femme, de nier la spécificité (et la beauté) du corps féminin[8]. Le port du voile ne traduit-il pas justement cette incapacité socioéconomique de suivre un tant soit peu les exigences du marché de la mode féminine ?

Expliquer la sacralisation populaire du port du voile par des considérations psychosociales débouche sur la corrélation entre islamisme latent et  couches populaires. Mais qu’advient-il, au niveau de l'interprétation, si l'on découvre que les couches privilégiées ont elles aussi  la même attitude? Cela reviendrait-il à reconnaître que le port du voile ne traduit pas uniquement la misère? Cela imposerait-il de s'acheminer vers une corrélation islam/voile, ce qui confirmerait la position islamiste et ferait de l’islamisme une idéologie qui traverse toutes les classes sociales ?

Les résultats obtenus montrent que, dans l'ensemble des quartiers de Fès, la majorité absolue voit dans le port du voile une obligation religieuse. Cependant, le quartier le moins favorable au caractère obligatoire du voile est justement Triq Mouzzer, le quartier le plus riche de Fès. Là, on est forcé de reconnaître l'impact de la condition sociale dans la réception du texte sacré, et d'admettre le rôle du standing social dans la production d'une religiosité plus ouverte, moins rigide.

Dans le même sens, plus le niveau d’instruction est élevé, moins on est littéraliste dans l’interprétation des textes sacrés. Les résultats confirment cette hypothèse. En effet, parmi les analphabètes, 76,1 % considèrent le voile comme une obligation alors que parmi ceux qui ont un niveau universitaire, ce pourcentage descend à 62,6 %. Entre ces deux extrémités, nous trouvons le niveau primaire avec 75,1, % et le secondaire avec 68,2 %.

L'approche psychosociologique, participant d'un impensé féministe, voit donc dans le voile une conduite significative d'autre chose que de la foi et de la piété. C'est une analyse qui est en même temps un acte d'accusation, de soupçon au moins. L’interprétation psychosociologique du port du voile comme compensation est reprise par les islamistes, mais ils la tournent à leur avantage : le port du voile, fut-il compensatoire, est un acte de résistance à l'aliénation occidentale, et de rébellion contre la mode. Le retour au voile chez les femmes islamistes par exemple est le signe d'un engagement religieux de type nouveau, qui, au lieu de marginaliser la femme, lui donne le droit de lire le Coran (et de le comprendre à sa manière) et de dire la Loi. Selon Herzbrun[9], le voile, au dire des femmes islamistes elles-mêmes, les libère de l'interprétation phallocrate dominante du Coran d'une part, et de l'humiliation occidentale d'autre part.

Bien entendu, la conformité littérale aux textes varie lors de la comparaison entre les islamistes et les non-islamistes. Les premiers sont beaucoup plus nombreux à dire que le voile est une obligation religieuse : 93,5 % parmi les islamistes contre 68,5% parmi les non-islamistes.

Cependant, si le port du voile est aux yeux de la majorité des islamistes une obligation légale, cette majorité n'est plus que de 45,1 % pour alléguer que le voile est suffisant pour définir la musulmane véritable. Si le port du voile comme question doctrinale ne les embarrasse pas, il leur fait perdre leurs certitudes en tant qu’indice définitionnel de l’islamité de la femme. C'est là une question qui les embarrasse car ils sont conscients de l'utilisation du voile à des fins autres que religieuses. Cela pousse également 22,5 % d'entre eux à suspendre leur jugement, à hésiter. En reconnaissant qu'il n'est pas une preuve suffisante de religiosité, les islamistes cautionnent ainsi l'approche soupçonneuse, celle de la sociologie. En admettant que le port du voile peut être un geste théâtral, faux, ils cautionnent eux-mêmes la possibilité d'un voile machiavélique, voire d’un islamisme machiavélique.

Les islamistes ne sont pas les seuls à détecter dans le port du voile une forme de la ruse féminine, un signe d'hypocrisie sociale, un acte intéressé. Car 71,3 % des non-islamistes  disent également que la femme voilée n'est pas nécessairement la musulmane véritable. Pour les non-islamistes, c’est là une manière d'affirmer la possibilité légale d’un islam sans port de voile. Cette majorité des non-islamistes refuse de réduire l'identité religieuse de la femme au port du voile. Etre voilée ou dévoilée, là n'est pas la preuve (pour savoir si la femme est musulmane véritable ou non).

Néanmoins, une personne sur cinq (20 %) affirme que le voile est une preuve de l'islamité véritable de la femme. Et une majorité relative des islamistes (45,1 %, contre 20,6 % chez les non-islamistes) affirme que le voile est un marqueur de l'identité de la musulmane véritable. Nous avons là une belle preuve de l'attitude antispiritualiste, matérialiste en quelque sorte, de l'islamisme. Pour celui-ci, l'Islam est réductible à un comportement extérieur et observable, matériel (voile, barbe, prière, pèlerinage...). L'islamisme est, pour l'Islam, ce qu'est le behaviorisme pour la psychologie; tous deux produisent un "objet" sans conscience et sans intériorité. Car l'islamisme s’adresse à un individu encore prisonnier des problèmes sociaux de survie, et qui vit sous le regard censeur des autres. L'Islam intérieur, spiritualiste et individualiste, en rupture avec le pouvoir, avec les choses, reste une voie mineure et marginale, impopulaire et non généralisée. Cette voie n'est pas la voie des islamismes au pouvoir, ce n'est pas une voie érigée en modèle islamique contemporain dominant.

La variable "quartier de résidence" ne dégage pas à son tour un quartier dont une majorité se démarque par une attitude claire qui réduit l'islamité de la femme au voile. C'est au Lidou que l'on trouve la plus grande fréquence relative de cette attitude, mais celle-ci ne touche que 36 % de gens en fin de compte. A Triq Mouzzer, elle est beaucoup moins répandue (10,1 %). Les autres quartiers sont situés entre ces deux extrêmes. Cela signifie que, dans tous les quartiers, la majorité adopte une attitude qui dissocie entre le voile et l'islamité véritable de la femme. Une femme dévoilée peut, selon la logique de cet islam vécu, être plus musulmane qu'une femme voilée, plus croyante et plus sincère.

Cependant, même si le port du voile n'est pas une preuve suffisante de l'islamité réelle de la femme (selon la majorité), une majorité de 60,6 % pense que le port du voile conduit au respect de la femme. A ce propos, les hommes sont plus nombreux (que les femmes) à affirmer que le voile conduit au respect de la femme (63,7 % contre 58 %). Il en est de même pour les islamistes par rapport aux non-islamistes (87 % contre 59,4 %). Les divorcés et veufs (70,6 %) sont également plus nombreux à exprimer cette attitude, en comparaison avec les mariés (61,6 %) et les célibataires (57 %). Même parmi la tranche des 15-29 ans, une majorité absolue de 55,1% adopte ce point de vue. Dans les autres tranches d'âge, les majorités sont plus fortes. Dans chaque quartier enfin, sans exception, la majorité absolue estime que le port du voile conduit au respect de la femme.

L'examen des trois items relatifs au port du voile (le voile/obligation religieuse, le voile/islamité de la femme, le voile/respect de la femme) révèle en dernière analyse que l'attitude générale de la population  reste positive à l’égard du voile. Certes, le voile n'est pas considéré comme un signe d'islamité véritable de la femme, mais on tend à le considérer comme une obligation religieuse, et surtout comme une condition de respect de la femme.

En conclusion, pour la population de Fès, c'est une société sexuellement ségréguée qui mérite le respect et qui mérite d'être défendue. La mixité telle qu’est vécue actuellement est considérée comme quelque chose d’immoral et de pervers. Elle n'est pas vécue sur le mode du respect mutuel entre les sexes, elle permet et favorise la "drague", le harcèlement, le viol... Or "l'anthropo-logique" dominante, tout en n'étant pas islamiste en acte, considère que toutes les femmes non-voilées sont « draguables » dans l’espace public, et ne méritent pas le respect. Cette attitude représente une forme d'islamisme latent, un socle anthropo-psychique favorable au développement effectif de l'intégrisme, sexuel en particulier.

La mixité et le dévoilement, liés initialement à la problématique du développement national, ont fini par devenir, pour le sens commun, synonymes de débauche et de luxure. La conscience populaire finit alors par revendiquer le retour aux frontières spatio-sexuelles, en tant que mécanismes de défense (inconscients) contre une mixité moderne inaccessible, donc agressive et anxiogène.

Une question finale cependant : les femmes non-voilées sont-elles les seules à être un objet de harcèlement sexuel ? Rien n’est moins sûr. Elles le sont aussi. Plus loin encore, 12% des femmes voilées interviewées dans le cadre de notre enquête ont reconnu avoir eu des relations sexuelles avant le mariage alors qu’elles portaient déjà le voile.

 

 

 



[1] A. El Fassi: L'auto-critique, Dar El Kitab, Rabat, 1979, 4ème édition, p. 272 (en arabe).

 

[2] Ibid. p. 272.

[3] Ibid. p. 274.

 

[4] S. Balafrej : " Le voile : source de mystère et de poésie... ou symbole de servitude", Al Istiqlal, 10 Août 1956 (en arabe).

 

[5] Ibid.

[6] Le général Massu a mené en Algérie une campagne contre le voile, le 13 Mars 1958, pour obliger les femmes à se dévoiler. Voir à ce sujet S. Dayan Herzbrun : "Les femmes : enjeu politique", Mawaqif, n° 64. p. 49.

 

[7] S. Belhassan : « Enquête sur la femme islamiste » dans Le Maghreb musulman en 1979, Paris, CRESM-CNRS, 1980.

 

[8] H. Taarji : Les voilées de l'Islam, Casablanca, Eddif, 1991, p. 22.

 

[9] S. Dayan-Herzbrun : « Les femmes : enjeu politique », op. cit.

 

Par Dialmy
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