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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 12:57

 

 

Abdessamad Dialmy

 

Des islamistes contre le « mariage par fatiha » !

 

Aux yeux de la Shari’a, « le mariage fatiha » est légitime. Pour les Sunnites, ce n’est pas un mariage temporaire de jouissance, il est donc valide. Il respecte les conditions canoniques de la validité de tout mariage à travers : 1) la présence d’un tuteur matrimonial, 2) le versement d’une dot, 3) la présence de témoins. La procédure est consacrée par la lecture collective d'al fatiha, la "première" sourate du Coran (selon la version transcrite sous le règne du Calife Othman). Ce mariage, appelé également coutumier (orfi), est un contrat oral, non transcrit et qui ne donne par conséquent lieu à aucun document écrit. Malgré l'absence d'une traçabilité écrite, c’était le contrat de mariage le plus usité et le plus courant, surtout dans le monde rural, ce monde de l’oralité par excellence. Dans les villages, et au sein des quartiers des médinas, tout le monde sait que tel homme de telle famille a épousé telle femme de telle famille. Ce témoignage collectif oral-oculaire suffisait à garantie les droits de l’épouse et des enfants. En le contractant, le musulman se sent en paix avec sa foi, avec Dieu. Il ne peut, selon la Shari’a, être accusé de fornication (zina).

 

Pourquoi donc des islamistes marocains notoires nient l’avoir contracté et consommé ? Est-ce parce que ce sont des islamistes « policés », dans le sens où ils croient aux lois de la polis (la cité), des lois qui les ont « polis » (de polissage) et dé-radicalisés.

 

Apparemment donc, ces islamistes polis placent les lois de la polis polis (cité en grec) au- dessus des lois de Dieu. Est-ce là une conviction sincère ? Croient-ils que les lois de la polis expriment la version marocaine modernisée de la Shari’a ? Thèse que j’ai affirmée à propos du « Code de la Famille » (pas à propos des islamistes). Les islamistes polis adoptent-ils cette thèse ? Si c’est le cas, c’est très bien, mais j’en doute.

 

Le plus plausible, c’est que le rejet du « mariage par fatiha » fait partie d’une sorte de taqia (تقية), de dissimulation, une sorte de simulacre pour continuer d’être perçus, par les pouvoirs publics, comme des islamistes bien-pensants, et bien agissants. Dieu appréciera cette taqia tactique, ce sacrifice, à leur juste valeur.

 

A linverse des islamistes polis, les salafistes qui restent salafistes assument publiquement ce contrat de mariage et renient pas sa validité shari’atique. Ce faisant, les salafistes contestent aux pouvoirs publics le droit de monopoliser la régulation et le contrôle du marché matrimonial. Bien entendu, l’attachement explicite et militant des salafistes, celui mitigé et clandestin des islamistes polis, exprime la volonté de préserver les pouvoirs et les privilèges de l’homme patriarcal, polygame, anti-égalitaire, anti-féministe.

 

Et pourtant, islamistes et salafistes savent pertinemment que le « mariage par al fatiha » n’est plus adapté à la ville moderne, à la massification urbaine, à l’anonymat qui y règne. Dans cet espace de l’individualisation, la pression sociale, ce regard des autres, n’a plus la même force pour imposer au mari d’observer les droits de l’épouse et des enfants. La morale islamique elle-même qui oblige tout musulman à être équitable envers l’épouse est en net recul. Elle est remplacée par une morale islamiste aveuglée par le désir de garder à l’homme le droit à une sexualité facile (sans tracas administratifs), polygamique dans certains cas, avec des filles mineures dans d’autres cas.

 

 

L’autre hypothèse, la plus simple, et également très plausible, c’est que les islamistes polis/policés ont simplement peur d’être poursuivis pour débauche (article 490 du code pénal) ou pour adultère (article 491) s’ils reconnaissent avoir consommé un « mariage par fatiha ». Cette peur est-elle justifiée ? Y a -t-il un risque réel de poursuite judiciaire pour débauche ou pour adultère ?

 

Soulever cette question est l’occasion de rappeler que les pouvoirs publics reconnaissent encore la légitimité du « mariage par fatiha » en rendant encore possible sa légalisation par la procédure de la confirmation de conjugalité (ثبوت الزوجية). Malgré cela, le risque de poursuite pour adultère est là si, au-delà de l’instruction, « instructions » il y a.

 

Attendons donc de voir comment cette nouvelle comédie entre les pouvoirs publics et ses islamistes polis va se conclure avant de conclure l’analyse.

 

En attendant, j’invite les créateurs (écrivains, scénaristes et artistes) de s’inspirer de cette triste et piteuse tragi-comédie pour produire des oeuvres véritables, des comédies ou des tragédies dignes de figurer dans le patrimoine littéraire et artistique marocain.

 

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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 20:37

- [The female university professor : social origines], in L’intelligentsia arabe, Amman, Forum de la pensée arabe, 1988, 255-288 (in Arabic).

- « Sexualités de l'espace, espaces des sexualités » [Sexualities of Space, Spaces of Sexualities], Le Maroc : espace et société, Passaü University, RFA, 1990, pp. 255-264 (in French].

- « Féminisme mystique » [Mystical Feminism], Pratiques culturelles et résistances au Maghreb, Paris, CNRS / CRESM, 1992, pp. 295-316 (in French).

- « La création : lieux du féminisme arabe » [The creation: Scenes of Arabic feminism), La créativité dans la société arabe, Rabat, CNCA, 1993, 131-158 (in Arabic).

- « Féminisme et Islamisme » [Feminism and Islamism], in Femmes et discours entre la mouvance et l'enracinement, Publications de l'Université Moulay Ismaïl/Tanit, 1994, pp. 31-78 (in French).

- «Le statut épistémologique du sexe. Du féminisme dans l'écriture et les sciences sociales» [The epistemological status of sex. Feminism in writing and social sciences], Woman and Writing, University Moulay Ismaël, Meknes, 1996, pp. 51-72 (in French).

- «Sexualité, migration et Sida au Maroc» [Sexuality, migration and AIDS in Morocco], in Emigration et Identité, Observatoire Marocain des Mouvements Sociaux, Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, 1996, pp. 155-200 (in French).

- « Le conte oral : de la supériorité de la femme? » [Oral tale: The superiority of woman], dans Contes et Récits, Université Ibn Tofaïl / Groupe Pluridisciplinaire d’Etudes sur les Jbala, Rabat, 1999, pp. 29-48 (in French).

 

« Femmes, éthique et spiritualité » [Women, ethics and spirituality ], La femme a Maroc Institut Catalan de la Femme, Barcelone, 1999, pp. 63-72 (in Spanish and Catalan).

 

- "Male Identity and Reproductive Health in Morocco", in Sexuality in the Middle East (Conference Report), The Middle East Centre, St Antony's College, Oxford, June 2000, p. 27.

- "L’université marocaine et le féminisme" [Moroccan University and feminism], in Les mouvements féministes : Origines et Orientations, Publications de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Fès, 2000, pp. 45-60 (in French).

- "Pour de nouvelles règles de l'Ijtihad. Vers un Ijtihad féministe" [For new rules of Ijtihad. Toward a feminist Ijtihad], in Question féminine et rôle de l'Ijtihad en Islam, Joussour, 2000, pp. 124-126 (in French).

- "Anthropologie des MST-SIDA au Maroc: Existe-t-il une politique de santé sexuelle?" [Anthropology of STDs-AIDS in Morocco: Does a sexual health policy exist ?], in Systèmes et politiques de santé, De la santé publique à l'anthropologie, Paris, Karthala, 2001, pp. 301-328 (in French).

- "Les femmes marocaines: un enjeu mérinide. Une bataille de rites" [Moroccan women: a Merinid stake, a battle of rites], in Pour une histoire des femmes au Maroc, Publications Université de Kénitra/Université de Paris 7, 2001, pp. 85-99 (in French).

- « L’usage du préservatif au Maroc » [The use of condoms in Morocco], in L’approche culturelle de la prévention et du traitement du VIH/SIDA (Colloque Régional UNESCO/ONUSIDA Fès 2001), Etudes et Rapports, Série Spéciale, n° 13, Division des Politiques Culturelles, UNESCO 2003, pp. 50-59, Web french version only :

http://unesdoc.unesco.org/images/0013/001303/130320f.pdf

- « La gestion socioculturelle de la complication obstétricale au Maroc » [The Sociocultural Management of Obstetrical Complications in Morocco], in A. Dialmy (Dir) Sciences sociales et Santé au Maroc, LIDESP/Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Fès, 2002, pp. 125-154 (in French).

- « Pour un homme citoyen dans la famille, une masculinité nouvelle » [For a citizen man in the family, a new masculinity], Famille et citoyenneté, Editions Chaml/Friedrich Ebert Stiftung, Rabat, 2002, pp. 125-146 (in French).

- « Société civile et sécularisation du droit de la famille », [Civil Society and Secularization of Family Code], Universitary Agency of Francophony, Network «Cultures Identity and Social Dynamics », IIIrd Scientific Meeting, "Associatives Practices, Identitary Strategies and et Dvelopment", Bamako (Mali), 1-2 December 2003.

http://www.cids.auf.org/jour3/dialmy.rtf

- "Le féminisme marocain et la modernisation du droit de la famille" [Moroccan Feminism and modernization of family law], dans Femmes et Etat de Droit, Rabat, Chaire UNESCO, 2004, pp. 121-135 (in French).

- « Sexe et création littéraire » [Sex and litterary creation], in Le récit féminin, Presses Universitaires de Rennes, 2005, pp. 35-43.

- « Le VIH dans la société musulmane », [HIV in Moslem Society], in Ethics and Aids, National Congress of Société Française de Lutte contre le Sida, Saint Malo (France), 7 October 2005.

http://www.sfls.aei.fr/journees_natio/2005/diaporamas/Dialmy.ppt

- « Le corps des femmes : entre publicité et voile. Une antinomie de la postmodernité », [Feminine Body : between advertising and veil. An Antinomy of post-modernity], in Citoyennes sans frontière, 4 Congrès international des recherches féministes dans la francophonie plurielle, Université d’Ottawa, Canada, 5 au 10 juillet 2005, ISBN : 978-0-9784699-0-0, Octobre 2007, pp. 789-798..

- « Mas’alatu al Mar’a : tadadd al Aql al Islami [The Woman issue : the antinomy of Islamic reason ?] », in, Le dialogue nationalo-islamique, Centre d’Etudes de l’Unité Arabe/Institut Suédois d’Alexandrie, 2008, pp. 479-520 (en arabe).

-« L’égalité dans les questions du corps, de la sexualité et de la reproduction », Colloque Cultures et pratiques vers la justice de genre et le développement, GIZ, Rabat, 19-20 Octobre 2009, pp. 29-36.

-« La sexualité des jeunes au Maroc », Actes des journées maghrébines, UNESCO, 2012, pp. 39-60.

-« Que doit-on faire pour l’emploi des jeunes de l’Union du Maghreb Arabe, colloque « Emploi et insertion des jeunes, » Marrakech, 12-13 avril 2016.UNESCO_logo_points

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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 10:33

 

 

- [The Modes of Sociological Writings in Arab World], Beirut, Al Moustaqbal al Arabi, no. 67, 1984, pp. 28-35 (in Arabic).

 

- « Aspects of the Evolution of Sociology in Morocco», Beyrouth,  Al Moustaqbal al Arabi, n° 81, 1985, pp. 68-84 (in Arabic).

 

- "L'intellectuel marocain, la femme et le discours" [Intellectual Moroccan, woman and discourse], Revue de la Faculté des Lettres de Fès, no. 8, 1986, pp. 14-35 (in French).

 

- [The  Maghrebine sexual reason], Rabat, Al Wahda, no. 86, November 1991, pp. 211-219 (in Arabic)

 

- « Féminisme et islamisme dans le monde arabe : essai de synthèse » [Feminism and Islamism in the Arab world], Social Compass, Revue Internationale de Sociologie de la religion, Louvain-La-Neuve, volume 43 (4) 1996, pp. 481-501 (in French).

http://ft.csa.com/ids70/resolver.php?sessid=7aa639e63c72756912db5337c14469b5&server=md1.csa.com&check=2ec01f058df8ceaf576a0c7e2f21663b&db=sagesoc-set-c&an=10.1177%2F003776896043004004&mode=pdf&f1=0037-7686%2C43%2C4%2C481-501%2C1996

 

- « Le champ Familles-Femmes-Sexualités au Maroc : 1912-1996 » [The field Families-Women-Sexualities in Morocco : 1912-1996], Prologues, no. 9, May 1997, pp. 60-73 (in French).

 

- « Fès perverse polymorphe » [Fez pervert polymorphous], L’Ethnographie, Tome 93, no. 121, Paris, 1997, pp. 141-158 (in French).

 

- « Les rites obstétricaux : un enjeu politique mérinide ? » [The obstetrical rites : a political merinid stake], Paris, Annales HSS, no. 3, 1998, pp. 481-504 (in French).

 

- “ Moroccan Youth, Sex and Islam ”, Washington, Middle East Report, Spring 1998, No. 206, pp. 16-17.

 

- "Féminisme colonial" [Colonial Feminism], Bouhout, Revue de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Mohammedia, no. 1, 1999, pp. 5-20 (in French).

 

- [The continuity between Islamic Shari’a and international Shari’a in family law], Prologues, Hors-Série, no. 4, 2000, pp. 68-88 (in Arabic).

 

- L. Manhart, A. Dialmy, C. Ryane, J. Mahjour: "Sexually transmitted diseases in Morocco : gender influences on prevention and health care seeking behavior", Oxford, Social Science and Medicine, 50 (2000) pp. 1369-1383.

 

- "L’islamisme marocain: entre intégration et révolution" [Moroccan fundamentalism: between integration and revolution] , Paris, Archives des Sciences Sociales de la Religion, 2000, 110 (avril - juin), pp. 5-27 (in French).

http://www.ehess.fr/centres/ceifr/assr/N110/DIALMY2.htm

 

- "Un juriste marocain et les droits de la femme au XVIème siècle" [A Moroccan Jurist and Women Rights at the XVI Century], dans La réforme du droit de la famille, 50 ans de débats, Prologues, Hors-série, n°2, 2002, pp. 71-83 (in French).

 

- « Les antinomies de la raison islamo-féministe » [The antinomies of islamo-feminist reason], Social Compass, 50 (1), 2003, pp. 13-22 (in French].

http://ft.csa.com/ids70/resolver.php?sessid=6720561135d5f85baced12323b5a0636&server=ca1.csa.com&check=558ab5b991fdb74515eca899bd372694&db=sagesoc-set-c&an=10.1177%2F0037768603050001002&mode=pdf&f1=0037-7686%2C50%2C1%2C13-22%2C2003

 

- « Premarital Female Sexuality in Morocco”, in Sexuality and Arab Women, Al Raida, Lebanese American University, Vol. XX, N° 99, 2003, pp. 75-83.

http://inhouse.lau.edu.lb/iwsaw/raida099/EN/p72-83.pdf

 

- [Sexuality in Contemporary Arab Society], Beirut, Center for Arab Unity Studies, Al Mosataqbal Al Arabi, n° 299, January 2004 (in Arabic).

 

- « Masculinity in Morocco », in What about Masculinity, Al-Raida, Lebanese American University, Vol XXI, N° 104-105, Winter/Spring 2004, pp. 88-98.

http://inhouse.lau.edu.lb/iwsaw/raida104-105/EN/p070-109.pdf

 

- « L’évolution du profil juridique de la masculinité au Maroc » [The evolution of legal aspects of masculinity in Morocco], Revue de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Dhar al Mahraz Fès, N° 13, 2004 (in French).

 

- « Société civile et sécularisation du droit familial et sexuel au Maroc » [Civil Society and Secularization of Familial and Sexual Law in Morocco ], Cahier de recherche Centre Jacques Berque, Rabat, N° 2, 2005,  pp. 159-173

 

- « Introduction/Les pratiques du religieux au Maroc » [Introduction/The practices of the religious in Morocco], Social Compass, Volume 52, N° 1, March 2005, pp. 67-82 (in French).

 

- « Le terrorisme islamiste au Maroc » [Islamist Terrorism in Morocco], Social Compass, Volume 52, N° 1, March 2005. pp. 67-82 (in French).

 

- « Prostitution et traite des femmes au Maroc » [Prostitution and Trafficking in Women in Morocco], in Prostitution, la mondialisation incarnée, (ed. Richard Poulin), Louvain-La-Neuve, Alternatives Sud, Volume 12-2005/03, pp. 197-215 (in French).

 

- “Sexuality in Contemporary Arab Society”, Social Analysis 49, N° 2, Summer 2005, pp. 16-33 .

- « Sexualities and Masculinities au Maroc », Etudes et Travaux de l’Ecole Doctorale, Des hommes et du masculin, Université Toulouse le Mirail, N° 9, 2006, pp. 19-26 (in French).

 

- « Belonging and Institution in Islam », Social Compass, Vol 54 (1), 2007, 63-76.

 

- « Identity and Religion », Rabat, Afaq, Journal of Moroccan Writers, N° 74, 2007, pp. 79-92 (in Arabic).

 

- « Les antinomies du port du voile », Social Compass, Volume 55, Numéro 4, 2008, pp. 561-580.

 

-«Integration of Homosexuality in Islam », in Welt Sichten, Octobre 2009, Francfort, (en allemand).

 

- « Sexuality and Islam », The European Journal of Contraception and Reproductive Health Care. Stockholm, 2010 Jun;15(3):160-8 (in English).

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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 10:31

- [The aspects of the evolution of Sociology in Morocco], in Vers une sociologie arabe, Center for Arab Unity Studies, Beirut, 1986, pp. 287-308 (in Arabic).

 

- « Politiques de l’éducation sexuelle au Maroc » [Sexual Education Policies in Morocco] Santé de reproduction au Maroc: facteurs démographiques et socioculturels, Ministère de la Prévision Economique et du Plan, Centre d’Etudes et de Recherches Démographiques, Rabat, 1998, pp. 197-241 (in French).

http://www.cered.hcp.ma/download/Partie_II-sante-repro.pdf?PHPSESSID=daec6bc0e07dd9287617258616454f62

 

- « Les champs de l’éducation sexuelle au Maroc : les acquis et les besoins » [Sexual Education fields in Morocco : acquirements and needs], in Santé de reproduction au Maroc: facteurs démographiques et socioculturels, Ministère de la Prévision Economique et du Plan, Centre d’Etudes et de Recherches Démographiques, Rabat, 1998, pp. 243-301 (in French). 

http://www.cered.hcp.ma/download/Partie_II-sante-repro.pdf?PHPSESSID=daec6bc0e07dd9287617258616454f62

 

- « Les voiles de la sexualité » [The Veils of Sexuality], in Les Sciences Humaines et Sociales au Maroc, Institut Universitaire de la Recherche Scientifique, Rabat, 1998, pp. 71-90 (in French).

 

- “Women, Gender, and Sexual Practices in Arab States”, in Encyclopedia of Women and Islamic Cultures, Brill Academic Publishers, Volume II-V, 2006.

 

-« Définitions, représentations et appellations des personnes âgées au Maroc » [Definitions, Representations and Designations], in Personnes âgées au Maroc, Situation et perspectives, HCP/CERED, Rabat, 2006, pp. 15-23.

                                 

- «Personnes âgées et mutations sociales et familiales au Maroc », [Elders and Social and Familial Mutations in Morocco], in « Personnes âgées au Maroc, Situation et perspectives, HCP/CERED, Rabat, 2006, pp. 93-124.

 

- « La tutelle matrimoniale : une forme de domination intergénérationnelle ? », [The matrimonial tutelage: a shape of inter-generational domination], in Les relations intergénérationnelles en Afrique, Paris, CEPED, 2007.

 

-« Les représentations culturelles du sida au Maroc », [Cultural Representations of AIDS in Morocco], in Soins de santé et pratiques culturelles. A propos du sida et de quelques maladies infectieuses, Karthala, Paris, 2008, pp. 37-62.

 

- « La masculinité au Maroc : entre traditions, modernité et intégrisme », [Masculinity in Morocco : between traditions, modernity and fundamentalism], in La masculinité en Afrique contemporaine, CODESRIA, Dakar, 2008, pp. 73-87.

 

-« Relations familiales et sociales chez les personnes âgées au Maroc », dans Les personnes âgées au Maroc : Profil, santé et rapports sociaux, Analyse des résultats de l’Enquête Nationale sur les Personnes Âgées (ENPA 2006), Haut Commissariat au Plan, Centre d'Etudes et de Recherches Démographiques (CERED), 2009, pp. 59-93.

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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 10:21
 

- [Woman and Sexuality], Casablanca, Editions Maghrébines, 1985, 175 pages (in Arabic)

 

- [Knowledge and Sexuality], Casablanca, Ouyoune Maqalat, 1987, 140 pages (in Arabic).

 

- Sexualité et discours au Maroc [Sexuality and Discourse in Morocco) Casablanca, Afrique Orient, 1988, 122 pages (in French).

 

- [The sociological issue in the Arab World], Casablanca, Afrique-Orient, 117 pages (in Arabic).

 

- Féminisme soufi: conte fassi et initiation sexuelle (Sufi Feminism: fassi tale and sexual initiation], Casablanca, Afrique-Orient, 1991, 158 pages (in French).

 

- Logement, sexualité et Islam au Maroc [Housing, Sexuality and Islam in Morocco], Casablanca, Eddif, 1995, 394 pages (in French).

 

-Emigration et Identité [Emigration and identity] (ed), LIDESP, University of Fez, 1996.

 

- Féminisme, islamisme et soufisme [Feminism, Islamism and Sufism], Paris, Publisud, 1997, 252 pages (in French).                    

 

- Les MST au Maroc. Construction sociale et comportement thérapeutique [Sexual Transmitted Diseases in Morocco : Social Construction and Seeking Behavior], with the cooperation of L. Manhart, Rabat, Ministère de la Santé/Université de Washington/USAID, Imprimerie Temara, 1997, 220 pages (in French).

 

- Jeunesse, Sida et Islam au Maroc [Youth, AIDS and Islam in Morocco], Casablanca, Eddif, 2000, 279 pages (in French).

 

-[Toward an Islamic Sexual Democracy], Fez, Info-Print, 2000, 139 pages (in Arabic).

 

- La gestion socioculturelle de la complication obstétricale au Maroc [The sociocultural Management of Obstetrical Complications in Morocco], Fès, Imprinégo, Ministry of Health/ Johns Hopkins University/USAID, 2001, 118 pages (in French).

 

-Analyse de la situation de l'enfant au Maroc (coordination), UNICEF, 2001. 

 

-Sciences Sociales et santé au Maroc [Social Sciences and Health in Morocco] (ed), LIDESP, Faculty of Arts and Human Sciences, 2002, 206 pages.

 

- "Al Madina al Islamy wal Ouçoulya wal Irhab : Muqaraba Jinsya"

(Islamic City, Fundamentalism and Terrorism: a Sexual Approach)

 Beirut, Arab Rationalist League, Dar Es Saqi, 2008, 208 pages.

 

- Le féminisme au Maroc [Feminism in Morocco]

Casablanca, Toubkal Editions, 2008, 290 pages.

 

- Soucioulougya al Jinsanya al Arabya, [Sociology of Arab Sexuality], Beyrouth, Dar Al Tali’a, 2009, 184 pages (en arabe)

 

- Vers une nouvelle masculinité au Maroc [Toward a New Masculinity in Morocco], Dakar : CODESRIA, 2009, 112 pages.

 

-Critique de la masculinité au Maroc [Critique of Masculinity in Morocco], Rabat, Warzazi Editions, 2010, 200 pages.

 

-Sex Education for Young Muslims/Education Sexuelle pour Jeunes Musulmans, The Hague, FILAD, 2011, 144 pages (Français/Anglais).

 

-Sociologie de la sexualité arabo-musulmane, Paris, L’Harmattan, 2014, 250 pages (traduit de l’arabe par Abdelhamid Drissi Messouak).

 

-Sexuality, Sexual and Reproductive Health in Morocco, Berlin, Eblogging, 2014, 188 pages.

 

-La transition sexuelle au Maroc, Rabat, Dar Al Amane, 2015, 249 pages (en arabe).

 

-La fabrique de l’islamisme marocain, Casablanca, Toubkal, 2016, 251 pages .

 

-Femmes et discours au Maroc, Berlin, Editions Universitaires Européennes, 2016, 400 pages.

 

-Transition sexuelle, entre genre et islamisme, Paris, L'Harmattan (sous presses/2017), 336 pages.

 

Translation into Arabic

 

- Prostitution in Casablanca streets (by Sara Carmona), Casablanca, Editions Toubkal, 2008.

 

 

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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 00:28

هذا نص الحوار الذي أجرته معي هدى سحلي لجريدة " آخر ساعة "، الاثنين 11 شتنبر 2017.

 

1- بداية، كيف نعرِّف القيم؟ هل هي ثابتة في التعريف أم تختلف من مجتمع لآخر؟

 

القيم هي نوع من المبادئ التي يقوم عليها المجتمع، أسس مركزية لقيام مجتمع وضمان العيش المشترك داخله، وهنا يمكننا التكلم عن ثلاث قيم كبرى تخترق كل المجتمعات البشرية، بدون استثناء، وقع عليها اتفاق باعتبارها مبادئ مؤسِّسة ومركزية، وهي قيمة الخير -وقيمة الحقيقة -وقيمة الجمال، داخل أي مجتمع تجد هذه القيم حاضرة: الحقيقة ضد الكذب والجهل والأمية، والخير ضد الشرّ والجوع والمرض والظلم...، والجمال ضد القبح والوسخ والتعفن...

لكن المضمون الذي تحمله كل قيمة من هذه القيم، يختلف من مجتمع إلى مجتمع، ويتغير من حقبة تاريخية إلى أخرى، ويتطور.

 إذن هناك هيكلة قيمية عامة هي الحقيقة والخير والجمال، لكن المضمون يختلف ويتغير حسب التاريخ والمصالح والسلطة وحسب عوامل كثيرة.

 

2- إسقاطا على المجتمع المغربي، من أي منظور يمكن تحديد قيم المجتمع المغربي؟

 

هذه القيم الثلاث، حاضرة في المجتمع المغربي بكل وضوح، المغرب والمغاربة يؤمنون بسموها وبتأسيسها للمجتمع والعيش المشترك، لكن هذه القيم لها خصوصيتها في المغرب، لها نوع من الزمكانية، هناك إجماع كلي شكلي حولها، ولكن تختلف وتتطور مع الزمن، كمثال على ذلك، العلاقات الجنسية قبل الزواج، هي شرّ بالنسبة للقيم السائدة تقليديا، وهي قيم أبيسية ودينية، أما الآن فيبدو أن قيمة "الإمساك الجنسي قبل الزواج" بدأت تناقش بل بدأت تفلس، وأصبحت عاجزة عن توجيه وتأطير السلوكات الجنسية.

قول الحقيقة أيضا، من يقول الحقيقة، الطفل؟ الأحمق؟ المثقف؟ أم المجتمع المدني؟ لكن من في السلطة لا يتبنى موقفا ماكيافيليا، فرجل السلطة يضحي بالحقيقة وبقولها، من أجل مصالح معينة وضمانا لاستمراره في السلطة.

قيمة الجمال، إذا ما أخذنا مثالا للوحة فنية لامرأة عارية، بالمعنى القيمي، ينبغي أن ننظر إلى جمال اللوحة لا أن ننظر اليها نظرة بورنوغرافية، بحيث هناك مواقف ترى تلك اللوحة كبورنوغرافية، أو أنه فيها تصوير وخلق، وهما فعلان إلاهيان، بالتالي ينبغي تحريم التصوير، تصوير البشر والحيوان والنبات، على اعتبار أن الإبداع مضاهاة لله. وهكذا نرى الاختلاف الكائن داخل القيم، والتطور الذي يحصل داخل القيمة نفسها.

 

3- هل لا يزال المجتمع المغربي يحافظ بعد قرابة نصف قرن على تساكن القيم بين ما هو محافظ وما هو حداثي؟

 

نحن في الحقيقة في منزلة بين منزلتين، نحن في حالة عبور قيمي، انتقال قيمي، ولكن هذا الانتقال ليس مرحليا، فهو شبه بنيوي، سيدوم وسيطول، وأصبح مؤسسا ومميزا للمجتمع المغربي. فمن جهة، هناك القيم الإسلامية التي تقوم على ثنائية الحلال والحرام، ولم تعد فعالة وكافية لتوجيه السلوكات الجنسية للمغاربة، ولكنها لازالت قائمة كمثل أعلى، ممجدة ومثمنة، هي شبه هوية ثابتة، وهي مرجع سامي، لكن يتم خرقها في الحياة اليومية، فهي حاضرة وغائبة في الوقت ذاته.

وطبعا هناك قيم حداثية جديدة، يقال إنها غربية، وأقول إنها ليست كذلك، هي حداثية، وهناك فرق بين ما هو غربي وحداثي، الحداثة، ساهم في بنائها الهنود والصينيون والعرب والمسلمون واليونانيون والرومان واوروبا، قد نقول أن الغرب هو الذي عبّر عنها، وبلورها، هو الذي يجسدها الآن أكثر من غيره، لكن لا يجسدها كاملة، بل ينبغي ويمكن أن ننتقده باسم الحداثة، فهو ليس حديثا بما فيه الكفاية.

قيم الحداثة كلنا نشترك فيها، ونعمل بها، ونعيش بها وفيها، لكننا لم نتقبلها كلية، لأنها مزعجة في بعض الأحيان، نظرا لوجود قيم أخرى تقليدية قديمة، محافظة.

ومشكل المغاربة، أننا فقدنا الإسلام كأخلاق ولم نرق بعد إلى الأخلاق المدنية الحداثية التي تميزالمواطن عن الرعية، فالإسلام تحول اليوم إلى إسلاموية تعبدية طقوسية شكلية، فأصبح أداة شعبوية لتعبئة الجماهير، وتحول إلى نمط في الحكم وفي تدبير الشأن العام باسم الديمقراطية والانتخابات، كما غدا أيضا نمطا ليبراليا لتدبير اقتصاد السوق. لم يبق أخلاقا تميز بين ما هو خيِّر وشرير، فذلك رهان غائب في الإسلاموية كتدبير للسياسة والاقتصاد وللتدين الطقوسي.

من جهة أخرى، هذا الفقدان لم يوازيه ارتقاء إلى أخلاق مدنية تقوم على فعل الخير وتقول به، لكن ليس باسم الله، أو خوفا من العقاب وليس طمعا في المكافأة، بل فعل الخير من أجل الخير، الخير في ذاته ولذاته، حتى يرتاح الضمير، فالأخلاق المدنية تقوم على مفهوم الضمير: أفعل الخير لكي أريح ضميري، ولأن ذلك واجبي، بغض النظر عما سيقول الآخر وبغض النظر عن حكم الله. هذه الأخلاق لم نبلغها بعد لأنها تحتاج إلى وجود فرد مواطن مستقل عن الجماعة، يعي واجباته ويقوم بها، ويتمتع بحقوقه المدنية والاجتماعية والاقتصادية والسياسية كاملة، وبما أن هذا الشرط غير موجود فلا يمكن أن تكون للمغربي أخلاقا مدنية حداثية، أي ضميرا دون دين ودون تدين.

هذا هو التوصيف الموضوعي للوضع القيمي في مغرب اليوم، فالمغربي مثله في ذلك مثل الغراب الذي أراد تقليد مشية الحمامة، فنسي مشيته وفقدها ولم يتعلم مشي الحمامة.

 

4- في نقاش الفرد/ المواطن، هناك من يقول إن المغربي اتجه نحو الفردانية المطلقة؟

 

لا، يجب أن نميز بين الأنانية والفردانية، المغربي أصبح أنانيا جدا "راسي يا راسي- مصلحتي أولا"، ضدا على كل القيم والمبادئ، لا الدينية ولا المدنية. هذه أنانية "égoïsme" وليست فردانية individualisme " . هذه الأخيرة إيجابية بما أنها تحيل إلى بروز الفرد كمواطن، ليس في حاجة إلى مساعدة الدولة أوالأسرة، فحقوقه يتمتع بها كمواطن فرد، ولا يخشى التميز في الأفكار والمواقف، بل وجوده وتحققه يكمن في تميزه. هذه هي الفردانية، إنها خروج من القطيع. والفردانية هي أساس الضمير، أي أساس استبطان الأخلاق المدنية والعمل بها والعمل على الأنا من أجل استقامته.

إذن هذا البين بين، بين أخلاق إسلامية أصبحت عاجزة عن هيكلة سلوكات المغاربة وتأطيرها وبين أخلاق مدنية صعبة المنال، هذه الازدواجية، هذا التردد، ذلك التيه، كل ذلك أصله سياسي، لأن الدولة لم تحسم، فهي تريد التوفيق بين الورقتين، تريد الجمع بينهما، فهي دولة دينية لكن ليس إلى درجة الدولة اللاهوتية، وهي دولة حداثية لكن ليس إلى درجة الدولة المدنية العلمانية. هي في وسط الطريق، ولم تحسم، وعدم الحسم هذا ليس عابرا، بل هو بنيوي يميز النظام السياسي المغربي.

عدم الحسم، هل هو اختيار واعي للدولة، أم أنها هي في حد ذاتها، لا تملك هذا الوعي؟

رهان الدولة هو التدبير والحفاظ على الوضع القائم، ومن أجل ذلك تريد إرضاء الطرف الإسلامي والاسلاموي، وتريد أيضا إرضاء الطرف الحداثي العلماني الديمقراطي، لكنها في نهاية المطاف لا ترضي لا هذا ولا ذاك كلية، بل ترضي كل منهما جزئيا، وتبقى في هذا التردد والتأرجح، لأنها تتكيف حسب الطلب، وحسب الضغط.

أصل الانهيار الأخلاقي داخل المجتمع أن الدولة نفسها لا تعطي المثال والقدوة، النموذج ينبغي أن يقدمه المسؤولون صناع القرار وأصحاب السلطة بكل مراتبهم، يجب أن يكونوا قدوة للشعب، فحين يقوم مسؤول ما، كيفما كانت مرتبته، بفعل سيئ، ينبغي أن يعاقب مباشرة، أن يتم الإصلاح مباشرة بالعقاب، لكن حين يصبح الإفلات من العقاب سياسة لا شكلية متبعة وقائمة، يصبح الإنسان الشعبي العادي تائها، ويتبنى هذا النموذج الذي يقدمه السياسي (غياب العدل، انتشار الظلم، النهب، الرشوة، الريع). الإفلات من العقاب يفقد الإيمان بالقانون وبالأخلاق، فتغذو المؤسسات التربوية من آسرة ومدرسة عاجزة عن غرس أخلاق ما في نفسية الأطفال. النظرة التحقيرية المتصاعدة للمعلم وللأستاذ لا تجعل منهما مرجعا ومصدرا في الأخلاق، با أكثر فأكثر موضوع عنف من طرف التلاميذ والطلبة، بل ومن طرف الآباء أنفسهم. فالاستمرارية في الإفساد أصبحت حاصلة بين الأسرة والمدرسة، إنه موت مندمج ومتكامل للتربية الأخلاقية وللتربية الوطنية.  ثم إن تزوير الانتخابات وخلق أحزاب سياسية إدارية وضرب أحزاب حقيقية أفعال لا أخلاقية تفقد الثقة في الأخلاق، فيها تلاعب بالإرادة الشعبية، فيها تحايل، فيها كذب، فيها كيد، فيها عنف. فيصبح هذا السلوك السياسي للنظام قدوة سيئة في التعامل اليومي بين الناس وأنموذجا سلوكيا عاديا مطبعا.

وعليه يجب تحميل مسؤولية الانهيار الأخلاقي للدولة، فالدولة لم تتبنى بشكل واضح لا الأخلاق الإسلامية ولا الأخلاق المدنية في تعاملها مع الفساد، بل شجعته وقامت بحمايته وحولته إلى رابط اجتماعي جديد تنشره الأسرة والمدرسة ووسائل الإعلام. وهنا أطرح السؤال عما هو الضمير؟ ما هو الأنا الأعلى؟ هو استبطان الأب كقدوة، استبطان الدولة كأب قدوة. في دولة فاسدة، يصبح الأب بالاستتباع أبا فاسدا ومفسدا في المجتمع، ويمرر فساده "النموذجي" إلى أطفاله وهكذا دواليك. والمعلم، ذلك الأب الثاني، الرمزي، يقع بدوره فريسة للفساد العام. لا أخلاق ممكنة في مجتمع يطبعه الفساد بشكل بنيوي.

للتوضيح أكثر، مؤسسات الدولة الساهرة على تدبير المجتمع والمتحكمة في تسيير المجتمع، هي مؤسسات غير نموذجية، لا تعطي المثال، فالمؤسسات نفسها إذا كانت فاسدة ستنتج أشخاصا فاسدين، وطبيعة النظام حولت الناس ولفترة طويلة إلى عبيد وخدم محتقرين، وليس إلى مواطنين كرماء. تطبيع هذا الوضع وتنشئة الناس عليه تم باسم الإسلام أيضا، فهو يحث على طاعة أولي الأمر ولو جاروا، على أساس أن ذلك أحسن من الفتنة، فالفتنة أشد من القتل، أي قتل كل من تمرد وثار.

السؤال هو كيف نقاوم هذا الفساد المؤسس للدولة كمؤسسات، هنا نحتاج فعليا إلى حداثة قيمية، وإلى قناعة حداثية وإلى ضمير أخلاقي ينير الفعل السياسي، هذا هو الرهان، يلزمنا حد أدنى من الأخلاق يضمن مجتمعا سويا، فيه مساواة وشعور بالأمن والاطمئنان، وإلا سنعيش التسيّب والنكوص إلى الذئبية، أي أن يكون الإنسان ذئيا للإنسان، وهو واقع الحال في مغرب اليوم.

 

5- حادث ما وصف بالاعتداء على فتاة في حافلة للنقل العمومي بمدينة كبيرة مثل الدار البيضاء، ماذا يعكس إن نحن قاربناه بإسقاط سؤال القيم؟

 

هذا الحادث مؤشر حزين، يبين أن الاخلاق الإسلامية فُقِدت ولم تبق فعالة وأن الأخلاق المدنية لم تتقو بما فيه الكفاية لكي تصبح فعالة، وهو ضربة موجعة للمغاربة، يعكس صورتهم الذئبية في المرآة، لهذا تم رفضها بقوة وبشدة. إنه ضربة للأنا الوطني، جرح نرجسي عميق، "ما رضيناش"، لم نتقبل هذا الحادث، وننكر أن يكون الفاعلون مغاربة منا، ولكن الحقيقة أنهم مغاربة منا ومسلمون منا.

هذه مأساة/ وطبعا يمكننا أن نعمق التحليل، لنخلص إلى أن هناك ليبرالية أصبحت اختيارا مغربيا، وهي نيوليبرالية وحشية همها الربح الأقصى، تدوس الفقراء وكل الفئات الضعيفة، على رأسها النساء والفتيات، حيث يتم تحويل النساء إلى بضاعة تباع وتشترى وتغتصب، وهكذا، وهذا ما يحصل في المغرب، الاختيار الليبرالي حول الجنس إلى سلعة وفرجة.

لهذا دائما كنت أدعو ولا أزال إلى عقد مناظرة وطنية حول الجنسانية المغربية، وانتقلت إلى مطلب أدق يكمن في ضع سياسة جنسية عمومية، تجيب عن الأسئلة التالية: ماذا نريد من الجنس؟ ماذا نريد أن نصنع به؟ هل نريد أن نحوله إلى سوق وبضاعة؟ أم نريد أن نوظفه من أجل بناء مجتمع مغربي سليم جنسيا؟ هل نريد فقط اعتبار الجنس جنحة أو جرما نعاقب باسمه المواطنين؟ هذه أسئلة يجب أن نطرحها بصرامة وبصراحة، ونجيب عنها بالصراحة والحصرامة ذاتهما، من خلال صياغة برامج وتحديد غائيات. نتيجة غياب سياسة جنسية عمومية انفجار جنسي، انفجار في الوحدة بين القيم والسلوكيات، حيث لم يعد هناك انسجام بينهما، المعايير والقيم الجنسية لا تزال إسلامية رغم خرقها، أما السلوكات الجنسية فأصبحت ليبرالية دون وعي عماني ودون وضمير مدني.

وهذا الانفجار الجنسي، هو ما جسده حادث الحافلة، وقبله حوادث الاعتداء على المسنات، واغتصاب الأطفال، وارتفاع عدد الأمهات العازبات، والتخلي عن الرضع، وانتشار الامراض المنقولة جنسيا، والإجهاض السري، والبكارات الاصطناعية الكاذبة، هذه كلها ظواهر تعبر عن الانفجار الجنسي، الذي يميز مرحلة الانتقال الجنسي التي نحن فيها.

في فترة سابقة، كان المغاربة يعيشون مرحلة انسجام بين قيم جنسية دينية وسلوكات جنسية دينية. أما المستقبل فيكمن في انسجام علماني في التطابق بين قيم جنسية علمانية وسلوكات جنسية علمانية.

أما المرحلة التي نعيشها في الحاضر، المرحلة الثانية، الانتقالية، نؤمن فيها بقيم إسلامية نخرقها ونمارس فيها أشياء لا نتبناها، بل نشعر بالإثم والذنب، وهذه مأساة فردية وجماعية.

 

6- ماذا لو تجاوزنا ما أسميته بالانفجار في الوحدة، في اتجاه تبني القيم والسلوكات الإسلامية؟

 

أولا، لا يمكن فرض الإسلام على الجميع قسرا. هناك من المغاربة من تخلى عن الإسلام وهذا حق كل مواطن. العودة والنكوص مستحيلان إذن. الكثير من الدول لها دين رسمي لكنها لا تفرضه على مواطنيها وتتركهم أحرارا في دينهم أو في عدم تدينهم، ولا تستخرج قوانينها من الدين الرسمي السائد، دين الدولة. ثانيا، ينص الدستور المغربي على أن حقوق الانسان مرجعية سامية وأنه إذا حدث تعارض بيينها وبين المرجعية الإسلامية فالغلبة تكون لحقوق الإنسان.  الرهان يكمن في تفعيل حقيقي لحقوق الإنسان على صعيد الواقع الجنسي وعلى صعيد النصوص القانونية المتعلقة بالجنسي، وهذا شيء أساسي، فالقانون الجنائي بالأساس يناقض حقوق الإنسان في مجال الجنس، ومن ثم فهو غير دستوري. لا بد من إصلاحه.

وبالنسبة لي، الحل بسيط جدا من الناحية النظرية، فالعلمانية هي الحل. على الدولة أن تحول الإسلام إلى إيمان فردي شخصي مخوصص يعطي للمسلم الحق في ألا يمارس الجنس خارج الزواج وقبله. وعلى الدولة أيضا أن تسقط من القانون الجنائي الفصول 489 الذي يجرم العلاقات المثلية و490 الذي يجرم العلاقات الرضائية بين عازبين، و491 الذى يجرم الخيانة الزوجية. وفي هذه النقطة بالذات، الخيانة الزوجية لا يجب أن تبقى جنحة بموجب القانون الجنائي، وإنما أن تتحول إلى قضية مدنية على المتضرر فيها أن يطالب بالطلاق وبتعويضات، فلا مجال لإقحام الحق العام في الخيانة الزوجية. الرهان هو الحفاظ على حق المغربي في رفض فردي وشخصي للزنا واللواط والسحاق من جهة، وضمان حق المغربي في الجنسانية المتراضية. هذا هو الحل بكل بساطة.

ولكن سياسيا، هذا الحل ورقة خاسرة بالنسبة للسلطة، فهي ورقة تفقد شرعية الحكم، لأن أساس الحكم ليس شعبيا وإنسيا، وإنما إلاهيا دينيا. الشرعية الديمقراطية حاضرة لكن ليست كافية أمام شعب متخلف جاهل ذي إسلام أولي سطحي، غير حذر. وحتى الأحزاب السياسية نفسها لا تستثمر هذه الورقة، أقصد الأحزاب التقدمية طبعا، لأنها الورقة الجنسية خاسرة انتخابيا. صحيح أن مهمة السياسة مهمة نبيلة، وهي الدفاع عن المبادئ، لكن في مغرب اليوم تحولت إلى بحث عن الكراسي وعن السلطة، وبالتالي يتم التضحية بالقيم من أجل الوصول الى الكراسي وإلى السلطة والمصالح المرتبطة بها.

 

7 - في ظل هذا الوضع، من يمكن أن يقوم بهذا الدور؟

 

المجتمع المدني، المثقفون. شخصيا طالبت بحذف تلك الفصول منذ سنة 2007، وتبنت الجمعية المغربية لحقوق الإنسان نفس الطرح سنة 2012، وكذلك ربيع الكرامة سنة 2010، لكن الأحزاب السياسية لا تتحرك في هذا الاتجاه خوفا من الخسران الانتخابي. كمثقف أقوم بدوري، بتشخيص وتحليل الوضع تحليلا موضوعيا باردا عالِما، في صياغة وبلورة توصيات لصناع القرار، ودوري كعالم اجتماع يقف هنا.

 

8- الافتراضي راهني وواقع الآن في مجتمع متحول مثل المجتمع المغربي، فأي قيم يحيكها هذا العالم الافتراضي؟

 

العالم الافتراضي ليس عالما مستقلا، هو مرآة للمجتمع، وفيه إيجابيات كثيرة، كونه يسمح لكل شخص أن يعبر عن أفكاره ويحصل على المعلومات، بغض النظر عن مستواه التعليمي والثقافي، ومن الإيجابيات أيضا، القدرة على القول والتعبير مع الحفاظ على المجهولية، بالتالي ساهم العالم الافتراضي في تعرية كل أوضاع المجتمع المغربي، أصبحت كل الوقائع تذاع وتعرف، نعيش مرحلة التعرية والنقد، وهذا شيء إيجابي جدا.

ويجب القول إن مواقع التواصل ليست افتراضية، بل هي تحاكي الواقع وتنقله وترويه، تخلق الوعي أو على الأقل تتيح المعلومة، وطبعا هذا ليس كافيا، لأن الصراع وازدواجية المرجعية القيمية، تجد صداها أيضا في آليات التواصل هذه، ففيها نجد من ينادي بالطرح القائل إن الحل هو العودة للإسلام، كما نجد من يقول إن العلمانية هي الحل، إذن لا يمكن أن يأتي الحل من العالم الافتراضي، هي فقط وسائل لنقل الخبر والمعرفة والجدال.

 

9- إذن، هل يمكن أن نقول إن المجتمع المغربي يعرف ما سمي بالانهيار التام للقيم؟

 

ما يقع الآن هو زعزعة وهم الاستقرار والأمن، وهذه الأحداث التي تنشر من حين لآخر، وتصل إلى الناس، تخلق الوعي بالأزمة، ولكل أزمة إيجابيات، من بينها إعادة النظر في الذات ومحاسبتها، إعادة النظر في الذات الجمعية والتساؤل عن السياسيات، في وجودها أو عدمها.

النظام المغربي يشكو من عسر في الوضع، من "ديستوسيا " (dystocie)، دائمة لكنها غير قاتلة، بمعنى أن النظام لا يموت لكن وضع الجنين لا يتم، وهذا هو الإشكال، للخروج من هذه "الديستوسيا" وتجاوزها، لابد من عملية قيصرية، وشكلت 20 فبراير، في هذا الشأن، شبه عملية قيصرية، لكن تم احتواؤها بشكل ذكي سياسيا، ونرى اليوم إلى أين وصلنا سياسيا، تم تهميد تلك الانتفاضة، وتم الجواب عنها، لكن تم إخمادها بعد ست سنوات، وتعرفون المسار، وهذا يدل على أن "الديستوسيا" لازالت مستمرة.

 

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31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 09:07

La tentative de viol dans le bus casablancais m'a rappelé quatre histoires de viol collectif que j'ai collectées en 1997 (et publiées dans mon livre "Jeunesse, Sida et Islam, 2000, pp. 112-113 ).

Un vendeur de cigarettes interviewé raconte :

"Dans le premier cas, une jeune fille est emmenée de force dans un champ et baisée également par tous les copains de son « kidnappeur ».

Dans le deuxième cas, "à la vue d’un abcès sur le « derrière » d’une jeune fille emmenée de force à la forêt, chacun lui donna le sexe à sucer. On était 17". Les violeurs la promenèrent ensuite dans la forêt, et chaque fois qu’ils rencontraient quelqu’un, ils obligeaient la fille à le sucer.

Le troisième cas relate l’agression d’un jeune couple d'amoureux. Le garçon est « tabassé », tandis que la fille, déjà déflorée, a été successivement sodomisée par toute une bande de voyous. « On y allait deux par deux, raconte le vendeur de cigarettes... l’un la sodomisait et l’autre lui donnait le sexe à sucer pour s’exciter... de cette façon, dès qu’il la pénètre, il éjacule rapidement... il fallait faire vite... Puis on a été enlever le pantalon au garçon qu’on avait attaché et blessé à la main... on voulait le baiser aussi, mais il nous a supplié... on lui a alors tout enlevé à part le slip... et on est parti... ».

Dans le quatrième cas, la victime est une femme mariée, traînée de force à l’intérieur d’un hôpital, au milieu des arbustes. Elle fut sodomisée par six voyous à tour de rôle parce qu’elle avait 40 ans... « des enfants... très large... donc difficile de jouir de devant ».

Ces viols dépassent de loin l'agression sexuelle de Zineb dans le bus casablancais. Ils sont horribles. Que se serait-il passé si ces viols avaient été filmés et mis en circulation sur les réseaux sociaux ? L'absence de spectateurs indifférents, couards, complices et/ou voyeurs rendrait-elle ces viols "moins graves" ? Est-ce plutôt la vidéo de Zineb et sa mise en circulation qui ont surtout choqué l'opinion publique, en causant une blessure narcissique à l'Ego national ? On peut l'affirmer sans grand risque de se tromper. Mais alors on peut émettre l'hypothèse interrogative suivante : s'agirait-il d'un coup médiatique monté contre le Maroc par ses proches ennemis (Polisario et Algérie) ? L'hypothèse contraire est tout aussi plausible, celle d'un coup médiatique monté par le Maroc lui-même, par ses pouvoirs publics occultes, au prix d'une blessure narcissique nationale jugée moins grave. L'objectif en serait de détourner l'attention nationale et internationale focalisée sur la contestation sociale à Al Hoceima, ce néo 20 février en puissance.

 

Simple fait divers ? Coup monté ? Fait divers mass-médiatisé afin d'être exploité par les uns ou par les autres, voire par les uns et les autres, voilà des hypothèses aussi plausibles les unes que les autres.

 

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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 06:29

Pour plus de précision, et comme complément d'analyse, la vidéo du bus et autres violences semblables contre les femmes ne signifient pas que la violence sexuelle basée sur le genre soit spécifiquement marocaine, relevant d’une « race » marocaine. Ce serait idiot de de le penser. Il est évident que cette violence, tradi-modernisée, est mondialisée « grâce » au néo-libéralisme, mais elle l’est à des degrés divers et sous différentes formes. Cette diversité dans la fréquence et la forme impose d'en faire une analyse spécifique dans chaque cas. Le cas marocain en est un. L’enjeu n’est donc ni de « marocaniser » ni de « démarocaniser » cette violence. Cependant, l’ampleur des réactions et manifestations montre que les Marocains ont été touchés dans leur amour-propre national, une sorte de blessure narcissique collective, comme si ce genre d’agression filmée ne se produisait qu’au Maroc.

Rarissimes, voire quasi-inexistantes, sont les agressions sexuelles contre les étrangères occidentales, et ce quelle que soit leur tenue vestimentaire. Je pense même que la mise en circulation de la vidéo en question et la sur-médiatisation des violences sexuelles contre les femmes au Maroc vise à produire le Maroc comme un pays dangereux à éviter comme destination touristique très émergente, à frapper le Maroc comme destination touristique ? Qui a intérêt à le faire ? Quels sont les ennemis du Maroc ?

D’un côté le néo-libéralisme mondialisé transforme le Maroc en destination touristique (sexuelle) privilégiée, de l’autre il consolide et amplifie de manière structurelle les violences sexuelles faites aux femmes tout en les dénonçant et en exploitant des mécanismes spécifiques tels que le dressage des femmes dans et par la domination masculine de l’espace public, la frustration sexuelle, l’absence d’éducation sexuelle, la faillite de la morale sexuelle islamique et le non accès à la morale civile.

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23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 09:20

 

 

            Une vidéo qui montre des adolescents dans un bus qui roule. Ces adolescents entourent une jeune fille, lui dénudent le haut du corps, la touchent, l’étreignent, la pelotent, la harcèlent sexuellement. La fille se plaint, crie. Le bus ne s’arrête pas. On ne voit ni le chauffeur ni les passagers du bus. Dès que la vidéo a été mise en circulation sur les réseaux sociaux, il y a eu explosion médiatique, divers sites et journaux ont titré : « Viol collectif d’une jeune fille dans un bus à Casablanca. Amplification car le viol suppose pénétration. Si l’agression sexuelle est indiscutable, il ne s’agit tout au plus que d’une tentative de viol. Des copains des « violeurs » sont interviewés par des médias et déclarent que les « violeurs » sont des adolescents déscolarisés et abandonnés par leurs familles, et qui vivent désoeuvrés dans un quartier manquant de toute infrastructure et de tout loisir.

            C’est la première fois qu’une vidéo pareille est diffusée. Cette vidéo a choqué dans la mesure où elle montre 1) une tentative de viol en direct, 2) des adolescents agressant sexuellement une jeune fille ayant des troubles psychiques, 3) des adolescents qui rient et s’amusent en dénudant le haut du corps de la jeune fille, 4) des adolescents insensibles aux supplications de la jeune fille, 5) l’absence de réaction du chauffeur et des passagers du bus. La scène est violente, inhabituelle. C’est un spectacle scandaleux qui a choqué tout le monde, toutes tendances confondues. Cette scène, devenue publique grâce aux médias sociaux, a été insupportable, indéfendable, tant pour une majorité qui se dit musulmane et conservatrice que pour les forces éclairées, féministes et droits/humanistes.

            Cette vidéo et autres violences semblables contre les femmes ne signifient pas que la violence sexuelle basée sur le genre soit spécifiquement marocaine, relevant d’une « race » marocaine, d’un « Orient » sexuellement répressif. Ce serait idiot de de le penser. Il est évident que cette violence, tradi-modernisée, est mondialisée « grâce » au néo-libéralisme, mais elle l’est à des degrés divers et sous différentes formes. Cette diversité dans la fréquence et la forme impose d'en faire une analyse spécifique dans chaque cas. Le cas marocain en est un. L’enjeu n’est donc ni de « marocaniser » ni de « démarocaniser » cette violence. Cependant, l’ampleur des réactions et manifestations montre que les Marocains ont été touchés dans leur amour-propre national. La diffusion de la vidéo représente une sorte de blessure narcissique du Moi national : elle expose à la fois une tentative de viol collectif d’une jeune fille handicapée mentale et l’indifférence ou la couardise des passagers et du chauffeur. C’est honteux, inacceptable, immoral.

            Comment en est arrivé à ce degré de violence sexuelle au Maroc ? Comment en est-on arrivé faire de la violence sexuelle et sexiste un « spectacle » ?

           

            I- Une mixité non banalisée, une masculinité menacée

           

            La mixité n’est pas encore normalisée et banalisée dans l’espace public au Maroc. Elle est en effet un phénomène urbain récent acquis grâce à la modernisation. C’est à partir des années 1960 qu’hommes et femmes ont commencé à se côtoyer dans l’espace public grâce à la scolarisation des jeunes filles et à l’emploi des femmes, et ce sans que la femme ne porte de voile. Jusqu’à aujourd’hui, cette mixité est mal vécue par des hommes qui continuent de considérer l’espace public comme leur propriété exclusive. C’est par conséquent l’espace où les hommes se sentent obligés d’affirmer leur masculinité face aux femmes, ces « intruses ». La conquête irréversible et grandissante de l’espace public par les femmes conduit à une remise en cause critique de la masculinité en tant que système et domination, d’où une réaction de défense masculine qui consiste à solidifier le contrôle masculin de l’espace public, à reconstruire la masculinité dans son propre fief traditionnel, l’espace public[1]. Par conséquent, dans cet espace, les femmes ne sont pas encore considérées comme des citoyennes, mais comme des corps femelles à la fois excitants et inaccessibles. L’enjeu est de dresser les femmes, de rappeler aux femmes de rester femmes, inférieures et dépendantes, femelles, objets de désir à la portée des hommes. Ceux-ci sont constitués en classe dominante et les femmes en classe dominée pour reprendre les termes d'une analyse féministe d'inspiration marxiste. L’enjeu est de lancer un avertissement aux femmes et leur signifier, pour les dresser/redresser (taazir/taadib/mise au pas) que leur seule présence dans l’espace public leur fait courir le risque d’une violence sexuelle polymorphe. Bien entendu les femmes pauvres sont les plus exposées à ce risque, celles qui circulent à pied ou en bus, non protégées dans une voiture.

            Comment se retenir de ne pas regarder, de ne pas aborder, de ne pas insulter, de ne pas harceler, de ne pas violenter, de ne pas violer ? Comment cesser d’être un homme patriarcal en situation de pouvoirs et de privilèges, l’exploitation sexuelle des femmes en tête de ces pouvoirs et privilèges, par le seul fait d’être un homme, d’être né mâle ? Les pouvoirs publics n’ont pas eu de politique éducative en la matière.

            Etre voilée ou être harcelée/agressée, tel est le dilemme imposé aux femmes. Cela ne concerne évidemment pas les femmes étrangères, les touristes. En effet, rarissimes, voire quasi-inexistantes, sont les agressions sexuelles contre les étrangères occidentales, et ce quelle que soit leur tenue vestimentaire. Car elles bénéficient d’une « ethnicisation » positive qui les protège. Il est même fort probable que la mise en circulation et la surmédiatisation des violences sexuelles contre les femmes au Maroc vise à produire le Maroc comme un pays dangereux à éviter comme destination touristique (sexuelle aussi) très émergente. Qui a donc intérêt à frapper le Maroc comme destination touristique ? Qui sont ses ennemis ? On peut même aller jusqu’à l’hypothèse d’un coup médiatique monté par ses proches ennemis (Algérie et Polisario) pour salir l’image du Maroc. Un Maroc victime car d’un côté le néo-libéralisme mondialisé le transforme en destination touristique (sexuelle aussi) privilégiée, ce qui est en soi une violence, le tourisme sexuel est en soi une violence sexuelle. D’un autre côté, la mondialisation néolibérale consolide et amplifie de manière structurelle les violences sexuelles faites aux femmes, cette classe sexuelle dominée, et en exploitant (tout en les dénonçant) des mécanismes spécifiques tels que la mise au pas des femmes (leur dressage) dans et par la domination masculine dans l’espace public, la misère sexuelle, l’absence d’éducation sexuelle et la faiblesse des formations féministes et de genre, la faillite sociale de la morale sexuelle islamique explosée par la mondialisation néolibérale et, enfin, le non accès à la morale civile citoyenne.

 

           

            II- Misère et frustration sexuelles

           

            Autre facteur, la frustration sexuelle. Le recul de l’âge au premier mariage (pour des raisons principalement économiques car le mariage reste toujours une norme dominante, un idéal de vie) signifie en principe une abstinence sexuelle qui se prolonge. En effet, au nom des normes patriarcales dominantes, de la Shari’a (officielle) et du « Code pénal », pas de sexe pour les non mariés. Cette norme de l’abstinence sexuelle est violée parce qu’elle est irréaliste. Notamment pour les hommes car ceux-ci sont obligés de se définir et de performer comme hommes principalement par leur activité sexuelle. Le système patriarcal masculin fait de l’activité sexuelle élémeent constitutif de la masculinité (une bonne chose pour son équilibre) pour les hommes, mais une « mauvaise chose » pour les femmes, ce qui fait que le sentiment de frustration sexuelle n’est pas produit dans la construction patriarcale de la féminité patriarquée. Celle-ci se réalise dans le mariage (survalorisant en soi, même s’il signifie dépendance de la femme) et plus notamment dans la fécondité et la maternité. Au nom de ce double standard, et à cause de cette double morale manichéenne, la règle de l’abstinence sexuelle islamo-patriarcale est violée à travers des pratiques sexuelles chaotiques, incomplètes, palliatives, bricolées dans des espaces inadéquats (dans un bus par exemple), multiples, multi-risquées, coupables, mal vécues, misérables en un mot. D’où une misère sexuelle (Dialmy/Logement, sexualité et islam, 1995) qui s'incarne dans l’agressivité masculine, sur la violence sexuelle comme violence fondée sur le genre, et de plus en plus sur la revendication masculine du retour des femmes au port du voile (partiel ou total), un facteur d'islamisme et la radicalisation (Dialmy/1995).

         Là encore, absence de l’intervention publique. Pas d’éducation sexuelle compréhensive qui montre aux jeunes, et aux non jeunes, que la violence n’a pas de place dans la sexualité. Que la seule véritable légitimité de l’acte sexuel réside dans le consentement mutuel, dans le désir et le plaisir partagés. Que le seul acte sexuel légitime est l’acte consenti, et ce même dans le cadre du mariage. Au lieu de cela, il y a un évitement institutionnel de la notion d’éducation sexuelle parce que l’on suppose, à tort, que si elle est dispensée elle va conduire à une activité sexuelle précoce et illégale, celle des jeunes filles notamment, à la « débauche ». L’éducation sexuelle est évitée parce que l’on craint, entre autres, qu’elle ne libère sexuellement les jeunes filles et les femmes mariées, notamment. On fait semblant d’ignorer que l’activité précoce et illégale est déjà là, et que l’éducation sexuelle est le meilleur moyen pour justement retarder, encadrer et protéger l’activité sexuelle masculine et féminine. Par conséquent, la récolte est catastrophique : beaucoup de virginités artificielles mensongères, beaucoup de grossesses involontaires, beaucoup d’avortements clandestins, beaucoup de mères célibataires et d’enfants abandonnés, du harcèlement sexuel au quotidien, des viols de jeunes filles, des viols de femmes adultes, des viols d’enfants, des viols de femmes âgées et des viols de LGBT, de l’inceste et de la zoophilie par manque de partenaire, une libéralisation informelle de la prostitution, beaucoup d’infections sexuellement transmissibles, une prostitutionnalisation de la sexualité… En un mot, une sexualité malade qui exprime une société malade incapable de s’assumer à cause d’un Etat malade incapable de mettre en oeuvre un projet d’une société civile (et civilisée) véritable. Cette sexualité malade est devenue, à cause des médias et des réseaux sociaux, une blessure narcissique subie au quotidien par le Moi national.

 

            III- Absence de l’éducation sexuelle comme morale citoyenne

           

            Les réponses médicale et judiciaires, l’une thérapeutique et l’autre répressive, sont des réponses a posteriori, non préventives, insuffisamment préventives. En amont et comme prévention primaire, l'éducation sexuelle compréhensive doit être dispensée d'abord aux éducateurs : aux parents, aux enseignants, aux professionnels de santé, aux journalistes et aux artistes. Ce sont là les catégories sociales et professionnelles qui éduquent les enfants, les jeunes et les masses. A ce titre, elles doivent être averties, vigilantes, pour ne transmettre que des valeurs sexuelles positives, celles de la responsabilité, de la liberté et de l'égalité de tous les acteurs sexuels. Pour que les éducateurs des deux sexes soient persuasifs et convaincants, il faut qu'ils soient d'abord eux-mêmes persuadés et convaincus.

         L’éducation sexuelle compréhensive (qui comprend outre ses contenus « traditionnels » un « apprentissage » des théories féministes et du genre) est devenue une nécessité publique comme je l’ai écrit en 2000. Car en plus d’être un savoir sur la sexualité (érotisme et reproduction), elle est une éthique, une nouvelle morale, la seule morale véritable, car elle est une éducation citoyenne basée sur l’égalité entre tous les acteurs sexuels, et ce quels que soient leur sexe/genre/identité de genre, leur statut matrimonial et leur orientation sexuelle. En effet, cette éducation fait partie d’une éducation plus large, civile et civique, basée sur la reconnaissance de la sexualité (informée et consentie) comme un droit en soi et pour soi, et comme une condition de santé et de bien-être. Or au Maroc, on est dans un stade de pré-citoyenneté car l’individu n’est pas encore complètement né, victime d’une dystocie politique structurelle, chronique sans être mortelle pour autant. Un quasi-individu est un pré-citoyen qui ne peut pas accéder à la morale civile, celle basée sur la conscience : faire le bien pour le bien, juste pour ne pas avoir du remords. Sans rechercher de récompense et sans vouloir éviter de châtiment. La non conquête de la morale civile est aggravée par la faillite (sociale) de la morale islamique. Eviter de faire le mal pour mériter le paradis, éviter de harceler et de violer les femmes pour éviter l’enfer ont cessé d’être des impératifs catégoriques. L’islam, devenu aujourd’hui islamisme, a cessé d’être une morale. Il n’est désormais que levier d’une mobilisation populiste mode de gouvernance politique (composant avec la débauche, la corruption et des urnes suspectes), mode de gestion de l’économie néolibérale. Il n’inspire plus la morale quotidienne. A titre d’exemple, ces « jeunes agresseurs du bus », ce sont des musulmans à n’en pas douter, mais leur islam n’est pas opératoire dans leurs pratiques sexuelles, et cela même si, pour eux, l’islam reste la « orme suprême » en matière sexuelle.

            Morale islamique perdue et morale civile non conquise, une fois conjuguées, font que la liberté de l’homme ne s’arrête pas là où commence celle de la femme. Certes, la femme continue d’être perçue islamiquement comme awra (corps honteux à cacher), fitna (séduction et chaos) et kayd (ruse et maléfice), mais en aucun cas une telle perception ne légitime islamiquement le harcèlement sexuel et le viol des femmes dans l’espace public. Certes, la femme commence à être perçue comme l’égale de l’homme en matière de droits, mais cette perception n’est pas suffisamment forte pour endiguer le harcèlement sexuel et le viol des femmes. On est dans un entre-deux, on est dans une phase de transition sexuelle où la dualité halal/haram est devenue structurellement impuissante, incapable qu’elle d’encadrer les pratiques sexuelles.

           

            IV- Une transition sexuelle explosive

           

            Cette phase problématique, celle de la transition sexuelle, caractérisée par l’explosion de l’unité entre normes et pratiques, c’est à dire par le divorce entre des normes sexuelles islamiques (idéalisées) et des pratiques sexuelles quasi-sécularisées (sans morale civile), impose aux pouvoirs publics d’avoir une politique sexuelle publique. De commencer à se poser la question publique suivante : que voulons-nous de la sexualité ? Que voulons-nous en faire ? Comment la gérer ? Comment l’éduquer afin qu’elle cesse d’être inégalitaire et violente ? Comment construire une masculinité nouvelle ? Comment fabriquer des citoyens sexuellement épanouis dans une société marocaine sexuellement épanouie ?

 

[1] Voir nos deux livres :

- Logement, sexualité et islam, Casablanca, EDDIF, 1995.

- Critique de la masculinité au Maroc, Rabat, Editions Warzazi, 2010.

      

 

 

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Published by Pr. Abdessamad Dialmy
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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 12:12

 

كان الراحل بيير بورديو يردد دوما بأن علماء الاجتماع، هم أشبه ما يكونون بمشاغبين يفسدون على الناس حفلاتهم التنكرية، فعلماء الاجتماع يزعجون فعلا كما يؤكد آلان تورين، و لربما يصدق هذا التوصيف أكثر على عالم الاجتماع المغربي الدكتور عبد الصمد الديالمي، خصوصا و أنه يشتغل من داخل مشروع فكري مثير للخلاف بدل الاختلاف، فضلا عن كونه يشتغل في ظل مجتمع يدمن صناعة و تدبير أزمنة الحفل التنكري.

فأن تجعل من الطابو أفقا للاشتغال و مشروعا فكريا خالصا للبحث و التحليل، فذاك هو الإزعاج فعلا، و ذاك هو الإرباك المتواصل لخطاب الارتياح البليد، و لأنه متحدر بالضبط من مدرسة القلق السوسيولوجي، فإنه سينتصر لاختياره، تاركا وراءه كل طعنات التعجيز و التبخيس التي يتقنها أعداء النجاح من ممتهني المقاربات الكسولة و المطمئنة.

بدءا من ستينيات القرن الماضي سيختار عبد الصمد الديالمي الارتحال إلى قارة السؤال الفلسفي، ليستمر في النهل من معين مختلف، يتوزع على علم النفس و علم الاجتماع فضلا عن افتتانه بالفقه و أدب النوازل، و ليلتحق بعدا بفضاءات الدرس الثانوي مدرسا للفلسفة و الفكر الإسلامي في زمن مغربي مفتوح على التوتر و الاختلال.

لكنه لن يظل برفقة تلاميذ الصف الثانوي، بل سينتقل إلى المركز التربوي الجهوي بالبيضاء مدرسا هذه المرة لعلم النفس، ليلتحق بعدئذ بفاس متخصصا في علم الاجتماع، ومنها إلى الرباط، ممارسا للشغب المعرفي، فيما يشبه البحث عن الاكتمال. لكنه في مساره العلمي هذا لم يكن دوما مدعيا للكمال أو الاكتمال، إنه يسافر بالفكرة إلى مداراتها الممكنة، يفككها، يروضها، يعيد قراءتها، ليهدينا نهاية نصوصا ذات منسوب عال من التوتر و الجرأة.

و لا عجب في ذلك، ما دام قد اختار في "قضيته السوسيولوجية" أن يرتكن إلى السوسيولوجيا القلقة بدل الأخرى السعيدة التي تناجي يوتوبياها الافتراضية، إنه أركيولوجي في جبة سوسيولوجي، مهنته الحفر الأركيولوجي في الطابوات، في مناطق الظل و العتمة، التي نتهيب الاقتراب منها، لأنها تتصل بالثالوث المقدس" الدين، السياسة و الجنس"، هذا هو عبد الصمد الديالمي مبدع السوسيولوجيا القلقة التي تصير أركيولوجيا للجنس في مجتمع الحفلات التنكرية.

في أوائل الثمانينيات سيلفت الديالمي إليه الأنظار، بمنجزه الجامعي حول الجنس، و الذي صدر بين دفتي كتاب سنة 1985 موسوما ب "المرأة و الجنس في المغرب"، و الذي "أثار جدلا واسعا بسبب مسألتين. الأولى أنه اعتبر موقف الإسلام من المرأة قضية قراءة, أما الثانية فلكونه شكك في أسلمة كل القبائل المغربية في مطلع القرن العشرين. والكتاب كان في مجمله مزعجا لأنه شكل أول سوسيولوجيا للجنسانية المغربية, خصوصا وأن تلك السوسيولوجيا أتت باللغة العربية وكرسالة جامعية".

لتتواتر الإنتاجات باللغتين الفرنسية والعربية، فالديالمي يكتب بعربية سليمة غادرها إلى لغة موليير، ومنها إلى لغة سكشبير، مقدما للقارئ المفترض متونا تتوزع على "المعرفة والجنس" و "القضية السوسيولوجية" و "نحو ديمقراطية جنسية إسلامية" و "الجنس و الخطاب بالمغرب" و "النسائية الصوفية" و " السكن و الجنس و الإسلام" و " الشباب و السيدا و الإسلام" و 3سوسيولوجيا الجنسانية العربية" فضلا عن عدد الدراسات و الأبحاث المنجزة لفائدة مؤسسات وطنية و منظمات دولية.

فما يميز عبد الصمد الديالمي هو أنه يشتغل من داخل مشروع، فثمة خيط ناظم يكاد يجمع بين كل أعماله، و ثمة استراتيجية متبعة في بناء مشروعه هذا، فقد أسس له في البدء، بالاغتراف من علم النفس و الإقبال بشهية مفتوحة على رايش الذي لم يكن له الحظ الكبير مع المغاربة، و لهذا يقول في إحدى حواراته الصحفية "لهذا اكتشفت رايش وأعجبت به و رأيت فيه عالما ومفكرا توفق في التوفيق بين قطبين: ماركس وفرويد... توفق في نقد التنظيم الاجتماعي البورجوازي للجنس... كان رايش بالنسبة لي المدخل الحقيقي إلى علم الاجتماع, وإلى ضرورة علم الاجتماع من أجل إحلال نظام جنساني شفاف... بفضله أحول الجنس إلى مدخل, إلى مفتاح يمكن من فهم المجتمع المغربي."، الذي يعرف آنا انفجارا جنسيا غير مسبوق".

في مستوى ثان من الاشتغال يعمد الديالمي إلى بناء جهازه المفاهيمي، ليس في إطار الترف الفكري ولكن تحت طائلة الضرورة المنهجية التي يفترضها الانتماء الحقيقي إلى البراديغم السوسيولوجي، هنا سيقطع مع يقينيات و ينبغيات الحس المشترك، و سيرفض كثيرا من الكليشيهات التي تتردد على نطاق واسع في تدبير خطاطات المسألة الجنسية، سيرفض الديالمي توصيف البغاء بالبغاء، على اعتبار أنه "مفهوم غير محايد، فهو يحتوي على حكم أخلاقي اتجاه الظاهرة.. بينما العمل الجنسي يبدو مفهوما أكثر حيادا".

في مستوى ثالث وأخير يأتي رهان الاستمرارية، ولو في ظل ظروف مأزقية لا يمثل فيها البحث العلمي إلا 0,03 بالمائة من الناتج الداخلي الخام، وفي ظل تبرم واضح من إمكان فتح نقاش علمي حول أسئلة الجنس والدين، إنه بالرغم من ذلك كله، يستمر في تأصيل مقارباته لهذه الدوائر الموضوعاتية الملتهبة، حتى في اللحظة التي يعز فيها الاعتراف وتتواتر فيها حملات التشكيك وهدر الدم كما حدث له بإحدى الدول العربية.

لنستمع إليه و هو يحكي بمرارة الباحث عن الحقيقة الذي يعسر عليه الوصول إلى حبة فهم، كلما أقيمت المتاريس في وجه فكرته المضيئة، يحكي بألم باذخ عن مشاركته الموقوفة التنفيذ في جامعة الصحوة الإسلامية بالقول "تسلمت رسالة الدعوة إلى المشاركة قبل أسبوع فقط من انعقاد الدورة... لم أتوصل بهذه الدعوة عن طريق البريد... اضطررت إلى استلامها بيدي من نظارة الأوقاف بفاس... أخبرتني النظارة هاتفيا بضرورة الحضور إليها كي أستلم استدعاء عاجلا... تجاوزت هذه المسألة في سبيل خدمة القضية النسائية ومن أجل ربط علاقة تعاون علمي مع وزارة الأوقاف. وأجبت فورا الوزارة بالقبول رغم تأخر الدعوة. أكثر من ذلك, اقترحت ألا تقتصر مساهمتي في مناقشة العروض... اقترحت إلقاء مداخلة تحت عنوان: «سوسيولوجيا الممارسات الدينية عند المرأة بالمغرب». إنه بحث ميداني لم أتمكن لحد الآن من تحريره رغم تقادمه,  لم أتلق أي جواب من الوزارة بصدده. رغم ذلك, سافرت إلى الرباط على نفقتي تحملت مقاسمة غرفة الفندق مع أستاذ لا أعرفه و يعاني من شخير مرضي منعني من النوم... طبعا الأستاذ الشاخر معذور لأن شخيره خارج عن إرادته... قلت في نفسي: لا تهم كل هذه الأمور, المهم هو الاستفادة العلمية, المهم هو النقاش واللقاء... و كم كانت خيبتي كبيرة حين حرمني السيد الوزير من المساهمة في النقاش الذي دعاني من أجله... طلبت التدخل مرتين, كتابة كما كان مطلوبا... ولا أعرف لحد الآن المقاييس التي اعتمدت لإعطاء الكلمة للبعض ولحرمان آخرين منها... ما كان مني إلا أن أقضي ليلة شاخرة ثانية وأن أغادر الدورة قبل نهايتها في احتجاج صامت, متأسفا في أعماقي على عقلية مدبري الشأن الديني في المغرب...".

إنه نص غني عن التعليق، صادم من فرط انسيابيته و فداحته، يحكي عن صورة المثقف الملتزم، الذي اختار الحفر الأركيولوجي في طبقات الجنس و الدين، لكنه بالرغم من فداحة اللحظة و كاريكاتوريتها فإن صاحبنا لا ينضم إلى مؤامرة الصمت، فهو يرى دوما بأن الحياة تكمن قيمتها القصوى في تحويلها إلى مبحث علمي، و تكتمل أكثر من خلال تحويل ذلك المبحث إلى شيء تعيش من أجله ومن أجله تموت، إنه الالتزام الذي يجعله يصيخ السمع فقط للحقيقة في البدء و الختام، و إنه نفس الالتزام الذي يؤدي فاتورته في صيغة عزلة المثقف، فلا أحد يريد سماع حقيقة تخص الحدائق السرية للمجتمع. إنها واقعة تتكرس باستمرار وتقود نهاية إلى الشعور بالاغتراب في رحم الوطن.

قد تختلف مع الديالمي في فهمه لأسئلة الدين و الجنس، و قد لا تتفق مطلقا مع خلاصاته و أجهزته المفاهيمية خصوصا في استعمالاته للأصولية كمرادف لمن يجدون في المرجعية الدينية الانتماء و الحضور، أو في ربطه لبعض الديناميات الاجتماعية و المجالية بما هو جنسي، لكن بالرغم من ذلك كله فإنك مدعو لاحترامه كصوت علمي لا يكتمل الحديث عن مسار السوسيولوجيا المغربية بدونه. إنه أركيولوجي الحدائق السرية للمجتمع، المزعج دوما والكاشف لأقنعة حفلاتنا التنكرية، فهنيئا لنا به مبدعا فوق العادة في قارة معرفية ما زالت تعرف حالة الاستثناء.

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*ورقة مقدمة للمقهى الأدبي المتمحور حول كتاب د. الديالمي "النسائية بالمغرب" المنظم من طرف "فيلا الفنون" بالرباط و 3جمعية الأدب المقارن،3 و المنعقد يوم الجمعة 16 يناير 2009 بفيلا الفنون بالرباط.

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