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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 13:18

La notion de "modernité inégale » a pour origine une inquiétude, une inquiétude banale et partagée, sur la société et sur le monde dans lequel nous vivons et vont vivre les générations d’avenir. Sans doute, notre époque inquiète, choque et pose les questions suivantes : comment vivre ensemble ? Comment apaiser les menaces, les tensions et les conflits actuels? Comment être moderne ? Et qu’est-ce qu’être moderne ?

De quelle modernité parlons-nous ? D’abord de celle de la pensée et de la rationalité, ayant conduit aux innovations technologiques qui ont permis à l’homme de maîtriser la nature. Ensuite de celle qui permet à chacun d’avoir accès aux richesses, aux savoirs, et d’être acteur du devenir individuel et collectif. Dans ce sens, la modernité est une rupture avec les traditions négatives du passé et avec la tyrannie du pouvoir établi. Elle est alors philosophique, scientifique, technologique, sociale, économique et politique. Elle est culture nouvelle dans la mesure où elle produit un changement constant et permanent dans les normes, les manières d’être, d’agir, de vivre, de penser, de gouverner.

Cependant, progressivement, nous devenons incapables de faire de la modernité un bien commun et une voie salutaire pour construire un modèle de démocratie généralisée fondée sur le partage, l’échange, la communication et le dialogue. La démocratie est sérieusement mise à rude épreuve dans les sociétés d’aujourd’hui à cause de la montée en puissance des intégrismes multiples, des radicalités diverses et du terrorisme. La modernité est alors vécue comme inégalités et frustrations, tant au niveau national qu’international. Les graves discordances dans l’accès au savoir, à l’avoir et au pouvoir sont patentes, particulièrement dans les pays du Sud. La modernité en tant que pratiques politiques d’exploitation et de domination trahit l’idéal d’une modernité apaisante. Les temps actuels sont en effet des temps de dislocation et de désordre, de conflits et de massacres.

La question se pose alors de renouer avec l’idéal de la modernité, celui d’un monde apaisé qui coupe avec les absolutismes religieux et politique. Comment alors sortir la modernité de sa crise et faire en sorte qu’elle redevienne un credo universel, le ferment d’une nouvelle Renaissance ? Comment amener l’ensemble des nations à croire en la démocratie, à l’instituer ? Comment faire pour que le capital et l’argent ne soient pas les véritables maîtres du monde ? Comment faire accéder l’ensemble des individus au savoir ? Et comment transformer le savoir en sagesse, en morale civile respectueuse de toutes les différences ? Comment faire pour que le savoir, l’avoir et le pouvoir se combinent dans une démocratie généralisée, au service d’une modernité plus achevée, celle d’un mieux vivre-ensemble ? Comment arriver à un usage politique équitable des savoirs et des avoirs ? Comment faire de la modernité une force de convergence entre les peuples et les cultures ? Comment résoudre les contradictions entre science et religion, entre théocratie et démocratie, entre universalité et spécificité, ces contradictions qui empêchent la modernité de s’instaurer de manière égale dans tous les pays et dans tous les champs sociétaux ?

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Published by Pr. Abdessamad Dialmy
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