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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 22:35

 

 

« Je suis enceinte », lui lança-t-elle.

Ahmed était abasourdi. Fallait-il que ça lui arrive ? Et avec une fille vierge en plus. Il savait que, tout en étant non dépucelée, une fille pouvait tomber enceinte suite à des rapports sexuels extérieurs, sans pénétration. En lançant sa phrase, Amina signifiait à Ahmed que c’était lui le responsable. Pas un moment, Ahmed n’essaya de chercher des preuves, de se disculper, de dire que ce n’était pas lui. II était comme ça, il croyait les gens sur parole.

Ahmed et Amina sortaient ensemble depuis à peine un mois. En fait, sortir ensemble dans une ville comme Fès signifie se rencontrer en cachette, se retrouver dans l’appartement d’Ahmed. « Fès est un miroir », dit le proverbe. Tout se sait dans cette ville, rien ne peut rester caché. Amina appartenait à une famille fassie, bourgeoise. Elle habitait avec ses parents. Le matin, elle allait à l’université et ne rentrait chez elle que le soir, vers 18h30. Pendant la journée, elle suivait ses cours, prenait un sandwich à l’université. Aux heures creuses, elle pouvait aller dans un café, en ville. Quand elle rencontra Ahmed, elle préférait aller chez lui pour que son image reste intacte, sa réputation sauve. A la différence des étudiantes qui venaient d’ailleurs, et qui habitaient la cité universitaire, les étudiantes originaires de la ville étaient plus prudentes, moins libres de leurs mouvements. A tout moment, elles risquaient de rencontrer un membre de la famille, un voisin…

Ahmed crut Amina sur parole. Il savait, en l’embrassant la première fois, qu’elle n’avait jamais embrassé un homme avant lui. Elle tremblait. De par son expérience, il était sûr qu’Amina était vierge dans le sens où elle n’avait eu aucun rapport sexuel avant de le rencontrer. Ahmed avait entrepris de l’initier aux choses de l’amour, de réveiller son corps dompté par une éducation conservatrice qui fait du sexe une chose honteuse, ne devant être pratiqué qu’avec la bénédiction familiale. Pour elle, comme pour toute fille de bonne famille aveuglée par l’éducation antisexuelle dominante, le mariage, c’est le permis. Sans ce permis, pas de droit au sexe. Il a fallu à Ahmed des heures de discussion pour expliquer à Amina que l’on peut faire l’amour sans que la fille soit déflorée. A la fin, elle céda non pas par désir, mais par curiosité, et surtout pour faire plaisir à Ahmed. Il lui plaisait. Aucune précaution contraceptive n’était prise puisque les rapports se faisaient sans pénétration vaginale, entre les grandes lèvres.

C’est ainsi qu’Amina se retrouva enceinte. Elle était choquée. Elle avait peur. Elle ne savait que faire, que dire. Pour Ahmed, il n’était point question de se marier à cause d’une grossesse involontaire. Pire, il rejetait même le principe du mariage. D’un autre côté, sa conscience ne lui permettait pas de se débiner. Il aurait pu envoyer balader Amina, nier tout, tout en sachant que c’était lui. Amina n’avait aucune preuve qu’elle était enceinte de lui. Le test ADN était encore inconnu au Maroc, pas prévu par la loi dans ces cas.

« On va trouver un médecin qui va te débarrasser de ça », dit Ahmed. Pour lui, c’était l’unique solution. Pour elle aussi, malgré le fait qu’elle était très croyante, et surtout convaincue que l’avortement était « haram ». Sa peur du scandale était plus grande que sa peur de Dieu. A ses yeux, Dieu est plus compréhensif que ses parents et son entourage. A ses yeux, Dieu lui pardonnera. Pas ses parents. La peur d’être stigmatisée, rejetée, bannie était également plus forte que le risque d’être arrêtée pour avoir enfreint la loi. Plus forte également que le risque de saigner, de mourir. Ahmed et Amina discutèrent de tout cela et tous deux étaient d’accord qu’un avortement était la solution la plus simple.

Des connaissances indiquèrent à Ahmed un médecin connu pour faire ce genre d’opération dans ce genre de situation. C’était un généraliste privé établi dans un quartier plus ou moins populaire. Le médecin demanda 300 DHS pour faire l’avortement. A l’époque, en 1977, c’était une somme importante. Ahmed n’avait pas le choix. En plus, le médecin l’informa qu’il devait signer un papier où il reconnaît être le commanditaire de l’opération. En d’autres termes, Ahmed reconnaissait par ce papier qu’il était fornicateur, père biologique, et complice d’un avortement, une opération illégale, sévèrement punie par la loi. Ahmed accepta toutes ces conditions, convaincu de la nécessité de faire son devoir, de sauver sa petite amie du déshonneur.

Il informa Amina de toutes ses démarches et lui assura que tout se passera bien. Ils étaient dans l’appartement d’Ahmed, assis l’un à côté de l’autre, complices. Ahmed prit la main d’Amina. Puis il enlaça Amina et commença à l’embrasser, à caresser tout son corps. Il la déshabilla petit à petit. Il était très excité. Il dit à Amina :

-« Maintenant que tu vas te faire avorter, il ne sert à rien que tu restes vierge. Tu ne le seras plus après l’avortement ».

-« Je sais, dit-elle, mais je préfère perdre ma virginité dans l’opération ».

-« C’est bête, rétorqua Ahmed. Pourquoi ne pas la perdre maintenant. Pourquoi ne ferions-nous pas l’amour complètement ? N’est-ce pas plus logique ? Ne m’aimes-tu pas »?

-« La question n’est pas là », dit Amina.

Elle repoussa Ahmed. Celui-ci la regardait, étonné. Amina continua :

-« Je ne serai pénétrée que par mon mari. Après le mariage donc, jamais avant », trancha-t-elle.

Ahmed comprit que, pour Amina, la virginité réside moins dans un hymen intact que dans le fait de ne pas être pénétrée. Tout ce qu’elle a pu lui donner comme plaisir était à ses yeux sans importance du moment qu’elle n’était pas pénétrée. Ce n’est qu’un jeu, plus ou moins permis par la société, et par sa morale hypocrite. Etre déflorée suite à un avortement forcé sauvegardait sa virginité, son honneur. Amina affirma qu’elle continuera à se percevoir comme vierge, comme pure, son corps n’ayant pas été sali par un sexe illégal. Tant que ce sexe illégal reste à l’extérieur de son sexe, elle se sentira vierge, morale.

En entendant Amina développer ce raisonnement, Ahmed était dégoûté par cette vérité subjective qui tire sa force de l’hypocrisie sociale régnante. Certes, il comprenait, mais il ne pouvait accepter qu’Amina préfère être déflorée lors d’un geste médical sordide. Il ne pouvait plus aimer Amina. L’amour, c’est aussi une communion d’idées, de principes, et de valeurs.

Le jour de l’opération, Amina devait être à jeun. Elle ne prit donc pas son petit déjeuner. Pour se justifier, elle dit à ses parents qu’elle jeunait pour rattraper les jours non jeunés lors du ramadan précédent. Pour ses parents, c’était une action pieuse, louable. Amina était l’objet de leur admiration. Belle, studieuse, pieuse, sérieuse, un modèle de jeune fille. Jamais ils ne pouvaient concevoir qu’elle couchait, et encore moins qu’elle était enceinte. A sept heures et demie du matin du jour J, Amina quitta la maison, mine de rien, comme d’habitude. Pour ses parents, elle allait à l’université. Elle prit un taxi qui l’emmena au cabinet du médecin. Ahmed y était déjà. Devant Amina, il paya le médecin et signa le papier. Le médecin lui demanda de revenir vers midi. Il regarda Amina. Celle-ci, tête baissée, n’osait regarder personne en face. Elle se sentait salie, déshonorée, coupable… Ahmed avait beau essayer auparavant de lui dire que le plaisir est un droit sexuel des célibataires, rien n’y faisait. Elle vivait sa grossesse involontaire comme un châtiment divin qui la punissait d’avoir forniqué.

A midi, Ahmed revint au cabinet médical. Amina était dans une petite salle, seule, affaiblie, pâle, à peine réveillée de l’anesthésie générale. Tout s’était apparemment bien passé. Ahmed lui demanda comment elle se sentait. « Bien, répondit-elle. Mieux ». Il ne pouvait pas la laisser quitter le cabinet médical toute seule, chercher un taxi... Ils sortirent ensemble du cabinet médical. Ahmed l’aida à monter dans la voiture et la ramena chez lui. Là, elle se reposa, mangea quelque chose, reprit ses forces. Vers six heures, elle partit. Ahmed et Amina ne se dirent pas au revoir. Ils ne décidèrent pas de se revoir.

Amina rentra chez elle. Pour ses parents, elle revenait de l’université, comme d’habitude. A leurs yeux, une journée ordinaire, comme tant d’autres.

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commentaires

labdar khadija 13/09/2012 06:17

لا تستطيع ان تقنع امراة بانها تمارس الجنس مع شخص وعيانها مغمضتين اى انها لا تراه وان كل ما يهمها ان تشعر بشئ ما فى جسمها تم تنتقل الى المرحلة التانية وهى نسيان ما وقع وتخرج لشارع تم تشعر فجاة انها
تريد ان تمارس الجنس لتبحت عن شخص له نفس الحاجة تم تحقق الاشباع لتجد نفسها فى اليوم التانى لها نفس الحاجة وتبحت عن شخص له نفس الرغبة ليتم الاشباع وهكدا حواليك تم يقع الحمل وتدهب للمستشفى او مصحة
لتقول لهم خلصونى من حادتة طريق اقطعوا شئا ما برحمى افصلو عروقه عن عروقى ودعونى ادهب لحال سبيلى لاعود لممارسة الجنس بغية اشياع تلك الرغبة المسيطرة على كيانه اشباع ما لايمكن اشباعه كالحاجة الى الاكل
والشرب كلنا نتقاضى اجرنا من جهة واحدة بالتحديد ونتبضع من نفس المتجر وناكل فيى ساعات معينة وبانتظام ونخاف ان نتعرض لما يالمنا او يعرض سلامتنا الجسدية للخطر وما ان نرى قطرة دم تنزف من جزء ما من جسدنا
حتى يملكنا الرعب لكن حينما يتعلق الامر بالجنس فيجب ان نبخس انفسنا من اجل المتعة التى لن تتدكرها فى اليوم الموالى كتيرون من لايحبون ان يحتاجون للاخر خاصة حينما يكون الاخر شخصا مجهولا لاتعرفه لاتتق
به فكيف تريد ان تقول للمراءة حينما تشعرين بالرغبة مارسى الجنس بكل الحرية وقد تعرضين سلامة جسمك وكيانك وكرامتك للخطر اريد ان تمارس المراة الحرية فى مواجهة التقاليد وفى مواجهة الصورة الرديئة التى
يعطيها المجتمع الدكورى للمراة عن نفسها ان تتحرر المراة من التبعية لرجل ان لا تكون ضحية لنزوات الرجل او لتغرير او الفتنة

labdar khadija 11/09/2012 23:38

احاول ان اقنع نفسى ان الاجهاض حق للمراة لكن ارى فى الاجهاض ظلم للمراة من اجل 11دقيقة متعة مع رجل ستفارقه او يفارقها يوما ما تخضع لعملية خطيرة ان تفقد فيها حياتها او قدرتها على الانجاب رحم المراة
بها نقط ان مست اتناء الاجهاض قد تؤدى للوفاة او عدم القدرة على الانجاب ولتعتبر ان هده المراة التى اجهظت بسبب ان الرجل يرفض الزواج اما لانه غير مقتنع به او لانه لا يحب المراة التى يمارس معها الجنس من
اجل الجنس ما مصير هده المراة تمر لرجل الموالى واداكان بدوره يرفض الزواج او لا يحبها او لا يرى فيها المراة المناسبة له هل يجب ان تتعرض للاجهاض مرة اخرى تفقد دمها من اجل متعة عابرة وبالمناسبة فالكاتب
العالمى كويلهو هو الدي كتب ان الممارسة الجنسية لا تتعدى 11 دقيقة احدى عشرة دقيقة وساعة فى قاعة العليات نزيف دموى التعرض لخطر الموت او لفقدان القدرة على الانجاب ة افضل ان احافظ على سلامة جسمى وعلى
كل مؤهلاته واحافظ على كرامتى وانسانيتى ولا اغامر من اجل متعة قد تكلفنى حياتنى اضن ان الماناداة بالحق فى الاجهاض وليس الحق فى ان يتحمل كل شخص مسؤؤليته فيما اقترفت يديه تحسيس الفتيات امن كل المستويات
بان لا يكونوا ضحايا التغرير بهن واعتبار ان وظيفة الجنس هى التوالد وان من ليس له قدرة او لا يرغب فى التوالد او فى تحمل اتر تصرفاته ان لا يغرر بالفتيات واضن كلهن ضحايا الفتنة والكدب وان ابشع علاقة
انسانية هى علاقة الرجل بالمراة من المراة التى سيقول لها الرجل اجهضى نفسك وستستمر من بعد معه يقول لها تعرضى للموت والنزيف والعقم لاننى لا اريدك كنت اقوم بازالة التوتر فى خصيتاى وقضيبى وكان همى هو
ازالة التوتر والان انت لاتهمينى

Dialmy 12/09/2012 13:35



L'avortement est un dernier recours pour la femme qui ne veut pas ou qui ne peut pas garder son embryon. C'est un droit humain qui lui est reconnu comme droit à la santé reproductive. Si
l'avortement est fait dans des conditions saines et légales, il ne comporte pas de risque et ne conduit pas à des complications.


Bien entendu, il faut commencer  par l'éducation sexuelle qui conduit à savoir protéger son activité sexuelle de toute grossesse involontaire et indésirée. Là réside la priorité.


Et Coelho a tort de dire que l'acte sexuel dure 11 minutes. J'ai lu son roman. L'acte sexuel peut durer beaucoup plus longtemps et procurer beaucoup de plaisir aux deux partenaires. C'est là
le but premier de l'activité sexuelle: procurer le plaisir, l'apaisement, la joie de vivre, le bonheur. On ne peut pas penser à faire des enfants chaque fois qu'on fait l'amour. On arrête de
faire des enfants (même si on peut les faire), mais on n'arrête pas de faire l'amour (tant qu'on peut le faire). Et l'on fait tout pour pouvoir le faire le plus longtemps possible.