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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 18:16

Il existe quatre catégories de partis politiques au Maroc:

1) la première comprend les partis qui sont convaincus par les principes de la démocratie et qui les appliquent à leurs propres structures,

2) la deuxième renvoie aux partis qui sont convaincus par les principes de la démocratie sans toutefois les appliquer à leurs propres structures,

3) la troisième renvoie aux partis qui ne sont pas convaincus par les principes de la démocratie mais qui les appliquent à leurs propres structures,

4) la quatrième renvoie aux partis qui ne sont pas convaincus par les principes de la démocratie et qui ne les appliquent pas à leurs propres structures.

C’est la première catégorie qui répond aux normes véritables d’une démocratie véritable, à la fois externe et interne. Cependant, cette catégorie est écartée de la course au pouvoir.

Ce sont les trois autres catégories de partis qui « arrivent » au pouvoir pour participer à la gestion d’une démocratie viciée.

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Published by Dialmy
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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 23:58

 

Voici mes réponses complètes à la journaliste Fadwa Islah du magazine Illi (juin 2013) au sujet de la virilité.

 

- Dans l'imaginaire collectif, la virilité est synonyme de puissance, force, vigueur, robustesse, énergie, pouvoir, autorité... Et vous, comment définissez-vous la virilité ?

 Abdessamad Dialmy : Commençons par distinguer entre mâlitude (doukoura), masculinité (roujoula) et virilité (fouhoula). La mâlitude, c’est le fait d’avoir un pénis. La masculinité, telle que définie par le patriarcat, renvoie aux caractéristiques de l’homme : 1) morales (parole, honneur…), 2) sociales (sens de la responsabilité, protection de la famille), 3) politiques (sens du commandement, exercice du pouvoir sur femmes et enfants) et 4) sexuelles (virilité). La virilité, c’est donc  la caractéristique sexuelle principale de la masculinité.  C’est le pouvoir de bander, de jouir, de faire jouir la partenaire, de la féconder. Le pénis viril devient alors l’instrument par lequel l’homme domine la femme dans tout système patriarcal. Cette domination masculine est consolidée par le recours masculin à la loi, à l’argent, à la violence, au pouvoir… Dans les sociétés primitives, l'homme était jaloux de la femme, celle-ci était considérée comme supérieure, c’est elle qui tombait enceinte, on ignorait totalement le rôle du sperme dans la fécondation, et les premiers dieux étaient de déesses, les déesses mères. Le passage au patriarcat, grâce à l’appropriation des moyens de production par les hommes, a produit la domination masculine en produisant la masculinité comme pouvoir, et la virilité comme relation de domination de l’homme sur la femme. Le pénis a été considéré comme le référent, et comme la femme ne l’a pas, elle a été considérée comme incomplète, donc inférieure. Sur la base de cette infrastructure qu’est le pénis, le patriarcat a construit la virilité comme expression sexuelle de la domination masculine. Bien entendu, il existe une multitude de stéréotypes de l'homme viril, qui changent en fonction des époques et des sociétés : le guerrier (antiquité), le chevalier (Moyen Âge), le cow-boy, l’ouvrier (temps modernes)…. Bien entendu, il existe une multitude de stéréotypes de l'homme viril qui changent en fonction des époques et des sociétés : le guerrier (antiquité), le chevalier (Moyen Âge), le cow-boy, l’ouvrier (temps modernes)….

 

 -Y a-t-il des signes visibles à l’œil nu de la rojoula ? Quelles sont les caractéristiques physiques de la virilité ? Comment détecter un homme viril ?

 AD : Les femmes ressentent intuitivement à partir de certains signes si un homme est viril ou pas… il y a la voix, le regard, la poignée de mains, la prise de décision, la réussite sociale, l’argent, la confiance en soi... ….

 

- Le portefeuille et la carrière sont donc les signes de la rojoula moderne? 

AD : Le portefeuille et le sexe sont deux composantes fondamentales de la masculinité dans la tradition. Comme le souligne ce hadith du prophète : « Celui qui a la puissance (al ba’a), qu'il se marie ». Ici puissance renvoie à la fois au pouvoir d’entretenir une femme et à la capacité d’avoir des rapports sexuels. La modernité tend à dissocier entre masculinité et portefeuille. Celui-ci n’est plus l’apanage des hommes.

- La virilité est-elle l’apanage des seuls hommes ? Ou la femme peut-elle être virile ?

 AD : La virilité est une spécificité masculine et le reste même dans les temps modernes. Cela n’empêche pas les femmes d’exercer le pouvoir, sous toutes ses formes, symbolique, économique et politique. L’une des conquêtes de la modernité est d’avoir démontré que le pouvoir ne doit plus être lié au fait d’avoir un pénis.

 

- Sensibilité et virilité sont-elles compatibles ?

 AD : Plus la société se dépatriarcalise, plus sensibilité et virilité sont compatibles. C’est quand la virilité n’est plus vécue comme un moyen de domination masculine qu’elle peut aller de pair avec la sensibilité et la tendresse. C’est dans les sociétés postmodernes comme les pays scandinaves que l’homme est à la fois viril et tendre. Au Maroc, l’homme tendre est appelé « rouijel », un petit homme, un homme incomplet. Il est méprisé.

 

- Un homosexuel peut-il être viril ?

 AD : Dans le contexte marocain, « homosexuel » est une appellation réservée aux hommes qui sont sexuellement pénétrés. Le « louat », l’homme qui pénètre enfants, adolescents et adultes de sexe masculin, n’est pas considéré comme un homosexuel. Il est perçu comme viril. Etre viril, c’est pénétrer les autres, quel que soit leur sexe.

 

 - La virilité est-elle innée ? Ou bien y a-t-il des éléments dans l’éducation qui permettent de préparer un jeune garçon à devenir un homme viril ?

 AD : La construction psychologique de l’homme viril fait partie de la construction sociale de la masculinité. Elle commence dès le début, avec une plus grande valorisation du garçon, c’est à dire dès la naissance. Elle part de la mâlitude : le pénis est célébré par plus de youyous, une plus grande fête... Le pénis, c’est l’infrastructure sur laquelle on va construire la masculinité, et la virilité qui va avec. La mère caresse le pénis de son garçon, elle en est fière, elle en joue, elle l’exhibe. Puis on apprend au garçon à sortir dans la rue, à se battre, à montrer qu'il est courageux, qu'il n'a pas peur... Puis la circoncision fait sortir le garçon du monde des femmes. Elle le purifie de tout signe de féminité (prépuce) et le jette dans le monde des hommes. Cela se poursuit à l'âge adulte par le rite de la défloration, rite sexuel initiatique. C’est l’épreuve de la virilité par excellence, c’est le moment où l’homme doit donner la preuve sexuelle de sa masculinité, c’est le moment de prouver qu’il est «Moulay soltane », c’est-à-dire pouvoir, puissance… Il va alors adopter la maxime « je bande, donc je suis ». En cas de panne sexuelle, en cas de pannes répétées, définitives, l’homme meurt en tant qu’homme. Dans la logique patriarcale, l’impuissance sexuelle détruit la masculinité. La panne sexuelle n’est liée qu’à l’homme, c’est le contraire de la virilité. Elle est impensable pour la femme. La panne sexuelle rend le coït impossible, pas la frigidité.

 

 - Pourquoi les femmes, même les plus modernes, sont-elles aussi « éprises » de la virilité ? Pourquoi ce critère est-il si important pour elles dans le choix d’un compagnon ? N’est-ce pas le signe d’un désir de soumission au mâle dominant ?

 AD : Cette posture paraît contradictoire. Les féministes modérées veulent que l'homme ne soit pas dominateur, qu'il soit galant, qu'il fasse la vaisselle, qu'il donne le biberon, tout en conservant sa virilité, sa puissance sexuelle. Pour les conservateurs, cet homme sera féminisé. L’exemple scandinave prouve que cet homme est pensable, possible. A mon sens, c’est l’idéal de l’homme, c’est l’homme idéal. Vouloir que l’homme soit et reste viril, c’est une demande acceptable dans la modernité, vouloir qu’il soit et reste dominateur, ce n’est plus acceptable dans la modernité.

 

- Pourquoi dit-on « Rojoula bhar, et l3ouwama 9lal... » ?

 AD : On peut traduire ce proverbe (patriarcal) de la manière suivante : « la masculinité est un océan, ceux qui y nagent sont peu nombreux ». Cela signifie que la masculinité est quelque chose d’inaccessible à la plupart des mâles, être mâle ne signifie pas être automatiquement homme. Dans le patriarcat, devenir homme est une conquête difficile, c’est un statut qui n’est jamais acquis de manière définitive. C’est une épreuve à vie. L’homme est tout le temps sollicité d’apporter la preuve qu’il est (toujours) un homme, surtout sur le plan sexuel. Pour le patriarcat, l’homme ne connaît pas de retraite sexuelle, il se doit d’être et de rester viril, à vie. Se rapprocher le mieux de cet homme musulman tel que décrit au paradis par Al Souyouti, cet homme à l’érection constante, sans défaillance aucune. Comme on le voit, la définition patriarcale de la masculinité n’en fait pas une tâche reposante.

 

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Published by Dialmy - dans Sexualité
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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 20:47

Pour le droit à l’apostasie 

Il est évident que la fatwa/opinion du Conseil Supérieur des Ouléma (CSO) qui consiste à autoriser la mort de l’apostat est une violation des droits humains. En effet, au nom de quelle logique peut-on aujourd’hui imposer à un musulman de rester musulman malgré lui ? En 2000, j’ai écrit dans mon livre « Vers une démocratie sexuelle islamique » que le musulman véritable est celui qui est musulman sans être obligé de l’être et/ou de le paraître. Par conséquent, il vaut mieux avoir cent musulmans dont la foi est sincère que d’avoir un million de pseudo-musulmans, c’est à dire des gens qui font semblant d’être musulmans par conformisme, par peur de s’assumer en tant que non-musulmans.

Le prêche du vendredi à la mosquée Ouhoud est venu corriger l’opinion/fatwa dogmatique du CSO. En présence du Commandeur des Croyants, le prêcheur a défendu la liberté religieuse, celle de conscience, au nom même de l’islam. « Nulle contrainte en religion » est le verset coranique fondamental qui légitime la liberté de conscience comme droit humain. Pour moi, c’est une avancée admirable que d’affirmer cela en présence du Commandeur des Croyants, en son nom en dernière analyse. Il est l’imam suprême. 

Cependant, ce prêche isolé reste un indice, l’indice d’une politique publique religieuse à naître, à officialiser. L’absence d’un article dans le code pénal incriminant l’apostasie n’est pas suffisante. Peu de gens connaissent le code pénal, mais beaucoup de gens suivent les fatwas et les prêches. 

La question que je me pose est la suivante : pourquoi ce prêche « historique » qui refuse de tuer l’apostat n’a-t-il pas été généralisé à toutes les mosquées du Maroc ? Certes, il est symbolique, un exemple à suivre. Cependant, du moment qu’on peut affirmer que ce prêche n’est pas une initiative personnelle de l’imam de la mosquée Ouhoud, du moment qu’on peut supposer que l’imam a prêché la liberté de conscience sous l’instigation d’une autorité qui lui est largement supérieure, pourquoi cette autorité n’a-t-elle pas demandé à tous les imams de faire le même prêche ? Il est encore possible de le faire, et de le refaire, et ce dans le but de hisser les Marocains à la station (maqam) de la tolérance. En termes plus clairs, amener les Marocains à se respecter mutuellement quelle que soit leur religiosité: les Marocains musulmans, non musulmans, agnostiques, apostats et athées sont tous égaux en tant que citoyens d’une même nation. L’islam n’est pas l’indice automatique de la bonne citoyenneté, l’athéisme n’est pas non plus l’indice mécanique d’une mauvaise citoyenneté.

Publié le 3 mai 2013 sur mon compte Facebook

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 12:41

العديد من الأزواج يشتكون من الفتور الذي يطال العلاقة الجنسية بينهما بعد سنوات من الزواج، فهل يقتل الزواج المعاشرة الجنسية؟

 

إن الزواج كيفما كانت طبيعته، سواء كان نتاج قصة حب أو غير ذلك، يعيش بعد فترة معينة مللا وفتورا في الممارسة الجنسية، وذلك نظرا لعدة أسباب أهمها انشغال الزوجة بأمور البيت والأشغال المنزلية والأطفال، وهو ما يفقدها الرغبة في الممارسة بنفس الوتيرة التي كانت عليها في السنوات الأولى من الزواج.

 

تقصد أن الملل والفتور يهم المرأة بالدرجة الأولى؟

 

هو في الحقيقة يهم الزوجان معا، لكن المرأة بشكل أكبر، حيث تكون لها التزامات في البيت أكثر من الرجل، وبالتالي تكون المعنية الأولى بالفتور. وبشكل عام، فالملل الذي يطال العلاقة الجنسية يبقى متبادلا، وهو ما يفسح المجال للاشتهاء، حيث يصير الرجل يشتهي نساء أخريات والمرأة كذلك تشتهي رجالا آخرين.

في الماضي، لم تعرف العلاقات بين الأزواج الفتور والملل، وذلك لكون الرجل لم يكن يقتصر في زيجاته عل امرأة واحدة، وهو بذلك لا يعرف التقاعد الجنسي مادام يغير المرأة كل ليلة، والشيء نفسه بالنسبة للمرأة التي كانت تنتظر دورها مرة كل ثلاثة أو أربعة أيام.

الفتور بدأ يعرفه الرجل عندما اضطر إلى الاقتصار على امرأة واحدة، وبالتالي فهو ظاهرة عصرية مرتبطة بالزواج الأحادي وطول مدة الزواج.

 

 

طيب، كم عمر العلاقة الجنسية المشتعلة بين الأزواج، وبعبارة أخرى متى يبدأ الفتور في التسلل إلى فراش الأزواج؟

 

ليس هناك فترة محددة بالضبط، لكن في اعتقادي يبقى ذلك حسب الأزواج، ويمكن أن يحدث الفتور بعد خمس سنوات كما يمكن أن يصل إلى 10 أو 15 سنة، ذلك أنه ليس هناك دراسات تحدد فترة الملل الجنسي، الذي يبقى متوقفا على إرادة التجديد والاكتشاف لديهما...اكتشاف الجسد والتعبير بكل حرية عن رغباتهما الدفينة.

ولابد من الإشارة، إلى أنه في السابق كان الزوج يعبر عن رغباته مع العشيقات فقط، أما اليوم فالزوج الحداثي صار أكثر انفتاحا ويعبر عن رغباته حتى مع زوجته، والشيء نفسه بالنسبة للمرأة. وكلما كان الزوجان مثقفين وواعيين، كانت لهما حظوظ أكبر للتعبير عن رغباتهما بكل حرية. وبالتالي لابد من ثقافة جنسية للجانبين.

نقطة أخرى لابد من الإشارة إليها، وهي أن الثقافة الجنسية مرتبطة بالمدينة وليس بالبادية، التي يبقى فيها الجنس خاضعا للرغبة في الإنجاب وليس كمتعة، أما في المدينة يصير الجنس أكثر تحررا وانفتاحا لأنه مرادف لغرفة نوم مستقلة ومهيأة تمكن من متع متعددة بفضل تغيير الوضعيات الدنسية، وبالتالي فرص أكبر لتجديد الرغبة وتنويعها.

 

 

لكن الفتور يتسلل أيضا للأزواج المثقفين والواعين؟

 

طبعا، فهو نتاج غياب تربية وثقافة جنسية والاعتقاد الخاطئ بأن الزواج يجعل الزوج يحيط بجسد الزوجة، والحال أنه يمكن للزوجين أن يكتشفا أشياء بعد مرور 30 سنة !!! كقبل معينة، وأوضاع جديدة...وغير ذلك.

 

 

ما هي إذن الأسباب التي تجمد رغبات الأزواج على الفراش؟

 

هناك طول فترة الزواج، فكلما طالت مدة الزواج تسلل الملل والفتور، ويبقى هذا هو العامل الرئيسي، وهناك أيضا أسباب أخرى مرتبطة بترهل الجسد بعد فترة معينة، وعدم اشتعال الرغبة...

وهنا استحضر فكرة المحلل النفسي "وليام رايش"، والذي يقول بأن "العلاقة الجنسية الطبيعية لها عمر لا يتجاوز ست سنوات"، وأنه بعد هذه المدة ينبغي على الطرفين أن يغيرا بعضهما البعض تفاديا للملل. لأن مؤسسة الزواج  الدائم مضادة للطبيعة البشرية وتوقع الفرد في الملل والرتابة بالضبط.

والأكيد أننا نعيش نفاقا اجتماعيا وجنسيا، حيث أن العديد من الأزواج يستمرون مع بعضهم البعض على الرغم من الفتور ولأسباب اجتماعية ومادية لا علاقة لها بالجنس.

 

 

ما هي مظاهر الفتور في العلاقة بين الزوجين؟

 

هناك مؤشر بديهي، وهو تباعد أوقات الجماع، فكلما ارتفعت المدة بين جماع وآخر كلما أمكن القول بحدوث فتور جنسي. في بداية الزواج، يكون الإيقاع مرتفعا، وهو ما يعبر عنه بmms، أي Matin et midi et soir، بعد ذلك يبدأ المنحى التنازلي، مرة كل يوم، فثلاث في أسبوع، ثم مرة في الأسبوع ثم مرة في الشهر ثم مرة في كل فصل إلى أن "يتآخي اللحم" كما نقول في دارجتنا...

ولابد من الإشارة إلى أن هذا التباعد لا يعني مطلقا موت الرغبة، فالرغبة حاضرة لكن ليس مع الزوج أو الزوجة، وهنا تبدأ الاستيهامات، حيث يصير الرجل يفكر ويتخيل امرأة أخرى لحظة مضاجعته لزوجته، وكذلك المرأة.

 

يعني تبدأ الخيانة الباطنية؟

 

ليست خيانة بمفهومها الجنائي  بقدر ما هي حق في الخيال، حيث تصير الاستيهامات منشطا جنسيا ينقد من الفتور والملل، لأن الجنس مرتبط أساسا بالمخيال، ولا جنس بدون مخيال وإبداع. وكما يقول الفقهاء "الاستحلام فيه رحمة" لأنه يقي الرجل أو المرأة  من الزنا، فيه تنفيس عن النفس مع تجنب المعصية.

 

 

هل يمكن أن يدفع الملل والفتور في العلاقة الجنسية بين الزوجين إلى الخيانة؟

 

طبعا، في الماضي لم يكن هذا الأمر مطروحا، لأن تعدد الزوجات كان منتشرا، وكان في مصلحة الرجل طبعا، أما المرأة فقد كان الإنجاب هو هدفها الاستراتيجي فيما الإشباع الجنسي لم يكن ضمن غاياتها. اليوم اختلفت الأمور، وصار هناك وعي جنسي لدى الرجال والنساء على حد سواء، وبالتالي فإن الملل يؤدي إلى خيانة العقد الزوجي، ويبقى الرجل أكثر عرضة للخيانة نظرا للماضي الأبيسي الذي لازال يسكنه إلى الآن.

 

 

ما هي في نظرك الحلول ليتجاوز الزوجان حالة الملل، ويجعلا فراشهما دائما مشتعلا؟

 

النجاح الجنسي مرتبط ببداية العلاقة الزوجية أي مرحلة MMS، فهي البنية السفلى التي تؤسس نجاح العلاقة الزوجية وتقود إلى الدوام والاستقرار. بعد مدة تصير العلاقة مستقرة ومندمجة وتبدأ أهمية الجنس تتضاءل ولا يبقى من الأولويات، وتعوضه مشاعر أخرى مثل الحنان...

يجب أيضا تفادي الإحساس بأن الجنس واجب، فالجنس كواجب يؤدي إلى الملل ويفقد الرغبة بل يقتلها، الجنس ليس مهمة، بل متعة.

وأود أن أؤكد أن الفتور الجنسي بعد تقدم سن الزواج ليس مشكلة، بل شيء طبيعي في كل علاقة، إنه صيرورة طبيعية للزواج بصفته عقدا جنسيا.

 

 

لكن كيف يمكن مقاومته؟؟

 

مقاومة الفتور والملل تكون بالتجديد والمباغتة في الملابس والعطور والأوضاع الجنسية والغرفة والبيت والتوقيت ...في تهيئ ظروف تتجدد دوما.

في الواقع، تصبح العلاقة ،في زواج ناجح ومع مرور الزمن، علاقة عاطفية أكثر، حيث يحدث نوع من التواطؤ والتفاهم دون جنس !!! ويصير للحنان والتفاهم المتبادل دورا أكبر في التقريب بين الزوجين. ...العشرة الطويلة تحل محل الرغبة وتعوضها. الفتور الجنسي مشكل في بداية العلاقة الزوجية وليس مشكلا حين يتقدم السن بالزوجين.    

 

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 10:38

C'est le texte de l'entretien que j'ai accordé à Peggy Panès, Famille actuelle, n° 135, mars 2013.

Non, en tout cas, pas à ma connaissance. Cependant, permettez-moi de rappeler à ce propos l’enquête que j’ai réalisée en 2000 et qui a étudié certains points ayant trait au statut de la femme. L’enquête a été publiée à Dakar sous le titre « Vers une masculinité nouvelle au Maroc » (CODESRIA, 2009), puis à Rabat sous le titre « Critique de la masculinité au Maroc » (2010). Dans cette enquête, j’ai interrogé l’homme marocain possédé par le paradigme de la masculinité comme pouvoirs et privilèges pour voir dans quelle mesure il commence à se remettre en question et à prendre conscience la nécessité d’évoluer vers une masculinité nouvelle. Parmi les questions centrales que j’ai posées, celles concernant le profil juridique de la masculinité. En d’autres termes, la masculinité islamo-marocaine réside-t-elle nécessairement dans le droit à la tutelle matrimoniale, à la polygamie et à la répudiation sans entraves. A ce propos, voici les résultats obtenus :

Des études ont-elles été réalisées sur ce que pensent les hommes du nouveau statut de la femme ?

-13% des hommes interrogés se démarquent du dire malékite dominant, à savoir la nécessité de la tutelle matrimoniale, pour affirmer qu’une jeune fille doit avoir le droit de se marier elle-même, c'est-à-dire de ne pas se faire représenter par un homme lors de l’établissement du contrat de mariage. 77% sont pour le maintien de la tutelle matrimoniale. 

-  43,1  % sont pour le maintien de la polygamie contre 42,9% pour  son interdiction. Un enquêté affirme que« l’homme véritable n’a qu’une seule épouse ».

-43% sont pour le fait de transformer la répudiation en divorce judiciaire (contre 45%). Pour certains, le fait de confier le divorce au juge n’amoindrit en rien la masculinité de l’homme      Pour d’autres, le pouvoir de répudier est un pouvoir masculin à conserver.

Ainsi, même si l’homme n’arrive pas encore à définir l’identité masculine sans y incorporer le droit à la tutelle matrimoniale, c’est-à-dire au contrôle du marché matrimonial, il conçoit par contre de ne plus y incorporer le droit à la polygamie et à la répudiation. Il commence à se concevoir comme homme tout en sacrifiant une part non négligeable de ses privilèges patriarcaux traditionnels.

Comment la gente masculine peut –il le vivre ?

La gente masculine n’est pas homogène, tout comme la gente féminine. Les variables socioéconomiques tels que l’âge, le niveau scolaire, la profession, le milieu de résidence, introduisent des différences entre les hommes, et entre les femmes. On peut avancer l’hypothèse que plus un homme est éduqué, plus il est apte à accepter et à bien vivre le nouveau statut de la femme, quoique ce nouveau statut ne soit pas vraiment révolutionnaire à mon avis. De manière plus générale, ce nouveau statut de la femme, légèrement plus égalitaire, peut inquiéter les hommes, notamment les plus conservateurs. Ils y voient d’abord une trahison de l’islam, plus précisément de l’islam patriarcal qui sacralise leur pouvoir absolu sur les femmes et qui y voit l’expression d’une volonté divine.

 

En quoi peut-elle se sentir déstabilisée voire menacée ?

Les hommes conservateurs ne peuvent plus répudier librement, ils ne peuvent plus prendre d’autres épouses facilement, ils peuvent ne plus jouer le rôle de tuteur matrimonial. Le Code de la Famille a également supprimé dans son article premier les notions de nikah (coït/mariage) et de« ta’a » (obéissance). La femme n’est plus définie comme objet de coït et n’est plus obligée, en tant qu’épouse, d’obéir à son mari. De plus, la famille est placée sous la coresponsabilité des deux conjoints. Le divorce par discorde inquiète également les hommes. En effet, une femme peut maintenant obtenir le divorce par le simple fait d’affirmer qu’elle ne s’entend pas avec son mari. Cela peut perturber certains hommes habitués à se sentir supérieurs, à être dominateurs de droit.

 

Quelles sont les conséquences de ce changement sociétal ?

On ne sait pas encore si le Code de la famille a eu un réel impact sur la société et s’il a conduit à un véritable changement. D’abord, il faut que le code soit appliqué et bien appliqué, ce qui est loin d’être le cas. La mentalité conservatrice patriarcale des gestionnaires de la justice les conduit souvent à des interprétations défavorables à la femme trahissant ainsi l’esprit du code et son intentionnalité féministe stratégique. A titre d’exemple, certains notaires refusent d’enregistrer le mariage si la mariée se présente à eux sans tuteur. Autre exemple, autoriser le mariage des mineurs dans certains cas exceptionnels. Ces mariages ne sont pas tout exceptionnels. Au contraire, ils sont en progression. Egalement priver la femme de ses droits financiers quand elle obtient le divorce pour discorde. Ce sont là des manières de violer le code sous prétexte que le Shari’a, via le droit malékite, lui est supérieure.

 

A terme, les comportements machistes peuvent-ils en être exacerbés ou bien limités ?

Les deux possibilités existent. L’objectif du code est de limiter le machisme. Le Code à lui  seul ne suffira pas. Aussi doit-on accompagner son application par une action pédagogique. J’entends par là vulgariser le code, l’expliquer aux hommes, en montrer les avantages et les bénéfices qu’ils peuvent en tirer en tant qu’hommes promoteurs d’une masculinité nouvelle, dans un rapport nouveau avec les femmes. Et pour mieux endiguer l’exacerbation réactionnelle (et réactionnaire) du machisme, répéter aux hommes que le Code de la Famille est l’expression marocaine de la Shari’a (Loi Divine) et qu’il en est la meilleure expression pour le Maroc d’aujourd’hui. Les islamistes, surtout les plus radicaux, essayent en effet de montrer que le code de la famille est un droit positif qui trahit la parole de Dieu et qu’on peut le transgresser sans problème pour être en accord avec la parole de Dieu. C’est cette posture qui exacerbe le plus le machisme et le fortifie, surtout quand l’homme n’a plus les compétences économiques qui lui servaient à justifier « rationnellement » sa domination.

 

Ce nouveau statut de la femme fait-il peur aux hommes en les mettant face à leur propre fragilité ?

Oui, le patriarcat construit la masculinité en tant que pouvoir et domination en lui assurant des droits qui masquent la fragilité profonde l’homme face à la femme. L’homme sait que la femme lui est supérieure sur le plan sexuel, pouvant avoir des orgasmes multiples et de différente nature (clitoridien, vaginal et cervical). Il sait également que la femme ne doute jamais de sa maternité, contrairement à lui qui a besoin d’un test ADN (très récent) pour établir de manière sûre sa paternité biologique. Cela fait de l’homme un être fragile qui a besoin d’être rassuré. L’argent le rassure, la virilité le rassure, la claustration et le voile de la femme le rassurent, les lois patriarcales discriminatoires le rassurent. Le Code de la famille entame, de manière juridique, tous ces mécanismes de défense masculins. En d’autres termes, le code de la famille met l’homme devant sa fragilité profonde et l’appelle à se redéfinir en vue d’être un partenaire véritable au sein d’un couple véritable, fondé sur l’égalité des droits. Pour dépasser sa fragilité profonde, l’homme doit cesser de se considérer comme supérieur et meilleur du seul fait qu’il soit né mâle. Mâle et femelle sont différents certes, mais ils doivent être socialement pensés et construits comme égaux en droits, c’est-à-dire ayant des droits similaires.

 

 

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 20:50

Réponse de Dialmy à Fatima Zohra Elhajji (illi, mars 2013)

 

En quoi êtes-vous féministe dans votre vie de tous les jours?

 

Par féministe, j’entends la défense de l’égalité des droits entre hommes et femmes. Depuis que j’ai intégré l’université comme professeur, en 1977, j’ai toujours trouvé le moyen de faire un cours sur le féminisme même s’il n’était pas programmé en tant que tel dans les curricula. Dans ma vie de tous les jours, je suis féministe dans mes discussions avec les hommes et les femmes que je rencontre. Je saisis toujours l’occasion de ces discussions pour persuader ou convaincre mes interlocuteurs de la justesse du principe féministe. Je résume en disant : on doit passer du « différents, donc inégaux » à « différents, mais égaux ». Dans ce sens, je milite quotidiennement depuis près de 40 ans en exposant et en défendant la nécessité de ce passage. Sur le plan sexuel, avant de me marier en 1981, avec toutes mes partenaires, c’était le principe « orgasme pour orgasme ». Je ne supportais pas qu’on fasse l’amour pour d’autres raisons que le plaisir partagé. Je continue d’agir ainsi en tant que mari. Au sein de ma famille, dans mes rapports à mon épouse, à mes filles, à mes fils, les décisions, les plus importantes comme les plus petites, se prennent collectivement après échange des différents points de vue. Jamais je n’exploite ma position de mari et de père (de pourvoyeur économique) pour imposer mes choix et mes préférences à mon épouse et à mes filles (17 ans). Ni à mon épouse ni à mes filles je n’impose des façons de s'habiller, de se coiffer ou de se comporter en public. J’aide aussi souvent que possible mon épouse dans les travaux ménagers. Je ne cesse de lui répéter la fameuse phrase d’Engels, « l’ennemi de la femme, c’est la cuisine ». J’ai des discussions très chaudes à propos de l’égalité des sexes avec mon fils aîné. En tant que gynécologue en formation, mon fils aîné traite des femmes au quotidien et leur comportement souvent théâtral de parturientes le révolte. J’essaye de le calmer et de le rendre plus compréhensif.

 

Quelles sont les trois valeurs dont vous aimeriez armer votre fille pour en faire une femme libre et moderne?

En fait, je transmets à mes filles quatre valeurs fondamentales : 1) l’esprit critique qui ne doit s’arrêter devant aucun tabou, 2) la foi dans les droits individuels et les libertés fondamentales (comme celle de disposer librement de son corps), 3) l’indépendance économique par rapport aux hommes, 4) le respect de l’autre quelles que soient sa couleur et sa religion.

 

Qu'est ce qui vous insupporte chez vos congénères par rapport à la condition de la femme?

D’abord le fait d’expliquer l’infériorisation de la femme par une pseudo-infériorité naturelle, puis de sacraliser cette infériorisation par le recours à l’islam. Et puis cette complicité masculine mécanique misogyne entre des hommes quand ils se retrouvent entre eux pour parler des femmes. C’est quand des hommes donnent libre cours à leur misogynie patriarcale que je suis le plus dégoûté. Par exemple, quand l’homme croit avoir roulé et/ou vaincu une femme après avoir couché avec elle du seul fait qu’il a couché avec elle. Et c’est également quand des femmes admettent qu’elles ne sont que des femmes, c'est-à-dire inférieures, donc appelées à se soumettre. Ou quand l’une d’elle affirme qu’elle a perdu sa virginité au lieu de dire qu’elle a une activité sexuelle complète, sans hypocrisie. Ou quand elle pense que faire l’amour avec un homme, c’est juste pour lui faire plaisir et que c’est lui seul qui va en profiter…

 

 

 

Comment changer les choses en cinq points ?

 

Premièrement, montrer que le principe de l’égalité des sexes est plus juste que le principe de l’équité. L’équité consiste à donner aux femmes et aux hommes des droits en fonction de leur sexe. Par conséquent, l’équité débouche sur des droits différents, c'est-à-dire inégaux (par exemple, le musulman peut épouser une femme du « Livre » même si elle ne se convertit pas à l’islam alors que la musulmane ne peut pas épouser un homme du « Livre » s’il ne se convertit pas). A l’opposé, le principe de l’égalité des sexes donne les mêmes droits aux deux sexes, sans discrimination aucune.

Deuxièmement, montrer que le principe de l’égalité des sexes est islamisable, à condition de faire de l’ijtihad sans frontières, à condition de rejeter  la lecture patriarcale de l’islam, dominante aujourd’hui ;

Troisièmement, expliquer et vulgariser le plus possible à travers tous les médias le principe de l’égalité des sexes et montrer les bénéfices qu’une société peut tirer de ce principe,

Quatrièmement, instituer une socialisation familiale et scolaire qui fait de l’égalité des sexes le socle sur lequel la personnalité de l’enfant se construit,

Cinquièmement, définir, mettre en œuvre, suivre et évaluer des politiques publiques égalitaires dans 4 domaines principaux : l’accès paritaire à l’éducation, l’accès égal à la santé (sexuelle aussi), l’accès égal à l’emploi, l’accès paritaire à la prise de la décision dans l’espace public (politique) et privé (conjugal).

 

 

Questions éclairs

- Votre modèle féminin? J’en ai trois : Simone de Beauvoir, Ahlam Mostaghanem et Aicha Chenna.

Simone de Beauvoir pour avoir dit que l’on ne naît pas femme, c'est-à-dire inférieure, mais qu’on le devient. C’est capital et c’est le point de départ parce que tant qu’on croit que la femme est inférieure par nature (absence de pénis), rien ne sera fait.

Mostaghanem pour son écriture sensuelle, pour son audace dans le traitement du désir féminin en tant que désir qui s’assume.

Chenna pour avoir osé protéger les mères célibataires, c'est-à-dire pour avoir osé rejeter la sentence « à la fornicatrice la lapidation », pour avoir osé lutter contre la stigmatisation et la marginalisation des mères célibataires. Sans se rendre compte, Aicha Chenna fait envisager aux Marocains la nécessité de donner à la jeune fille célibataire le droit d’être mère. En d’autres termes, il s’agit du droit à la sexualité et à la maternité avant le mariage. Très simplement, j’admire Aicha Chenna parce qu’elle affronte de manière pratique la question des droits sexuels et reproductifs des femmes.

 

- Un pays, selon vous, où les femmes sont reines :

Il n’y a aucun pays où les femmes sont reines. Il y a simplement des pays qui ont reconnu aux femmes les mêmes droits qui sont reconnus aux hommes. Je pense d’abord à l’Union Soviétique qui, en 1918, avait promulgué les premières lois de l’histoire humaines instituant l’égalité des sexes sur les plans social et économique. Et puis, aujourd’hui, les démocraties occidentales, et à leur tête les pays scandinaves, qui ont repris la leçon soviétique à leur manière, et où la condition de la femme est la plus avancée. Cependant, même là, la lutte féministe n’est pas finie.

 

- Qu'est ce qu'on peut jalouser à une femme? A mon avis, les expériences de la grossesse et de l’accouchement… et également la possibilité d’avoir des orgasmes de nature différente, clitoridien, vaginal, cervical… Ce sont là les indicateurs de la supériorité de la femme. C’est parce que l’homme est jaloux de cette supériorité féminine qu’il a toujours essayé de dominer la femme. La femme est toujours sûre d’être la mère de son enfant. Pas l’homme. Aussi l’homme a-t-il toujours mis en oeuvre des mécanismes institutionnels pour prouver et se prouver à lui-même qu’il est le père, qu’il est le plus fort... A titre d’exemple, l’obligation du mariage monogamique (de la femme), la fidélité de l’épouse, la transmission du nom patronymique, la polygynie…

 

 

- Votre côté féminin : tel que construit par une psychologie patriarcale, la spontanéité, l’absence de calcul.

 

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Published by Dialmy - dans Féminisme
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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 09:28
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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 12:40

 

الدكتور عبد الصمد الديالمي أكد على ضرورة تقديم قراءة جديدة للقرآن من أجل إبراز إسلام حداثي يتماشى مع المرحلة

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أكد عالم الاجتماع، عبد الصمد الديالمي، أن المغرب يعيش "علمنة" صامتة للسلوكات الجنسية، وهي علمنة غير واعية بذاتها، إذ يشهد مرحلة انتقالية تعرف التعارض بين قيم جنسية دينية وسلوكات جنسية مدنية، في انتظار مرحلة ثالثة حاسمة تكون المعايير الجنسية مدنية (عقلانية) تعترف بالحقوق الجنسية، لكي تتماشى مع السلوكات الجنسية في الواقع المغربي الراهن.

في الحوار التالي يقوم الباحث، ذي الإنتاجات الغزيرة في مجال الجنس، بتحليل تطور العلاقة بين الدين والجنس عبر نظرية التطور والانتقال الجنسي التي استنبطها من أعماله الميدانية وأبحاثه السوسيولوجية التي نشرها بلغات متعددة.  

تحدثم في كتاباتكم عن العلاقة التي يمكن أن نسميها "تواطئية" وتكاملية بين الجنسانية الأبوية والدين في مرحلة تاريخية معينة...

يمكننا الحديث في البداية عن وجود نظام اجتماعي ذكوري أبوي له وجود تاريخي يقوم على امتلاك الرجل لوسائل الانتاج التي تضم النساء. فهو السيد والمحتكر، وله مصالح اقتصادية يحاول رعايتها ويجبر النساء على الوفاء والإخلاص والحفاظ على البكارة والاحتجاب. وكان الجنس أساسا وسيلة للتكثير من النسل، الكثرة تعني القوة. فكلما كانت الأسرة كبيرة كانت قوية، وكلما كانت القبيلة كبيرة وتضم رجالا كثر كانت قوية. ومنذ زمن طويل كرس التاريخ هذا النظام الذي وجد سندا قويا في الديانات بأكملها وعلى رأسها الديانات المسماة سماوية، إذ أعطته شرعية لدرجة أن الإنسان أصبح غير قادر على فهم الجنس وإدراكه خارج المنظور الديني. في كلمة واحدة، حصل النظام الأبوي الذكوري على شرعية أكبر بفضل الديانات الكبيرة التي جعلت منه نظاما قدسيا.

وأصبح المشكل مطروحا عندما وصلنا إلى وعي جديد منذ الخمسينيات من القرن الماضي بفضل اكتشاف حبوب منع الحمل التي أحدثت ثورة جنسية. فبعد قرون طويلة تم التحكم في النسل حيث كانت كل علاقة جنسية تعرض المرأة للحمل ولو لم تكن ترغب في ذلك. تقنية العزل كانت من صلاحيات الرجل ولم تكن تقنية فعالة. المرأة هي المستفيد الأكبر من هذا الاكتشاف، إذ أصبح بإمكانها ممارسة الجنس قبل الزواج دون خطر حمل، أي دون بروز علامات "جريمة" تعرضها للوصم بالعار وللتهميش والنبذ. ومنذ أواخر الستينات دخلنا عهد الثورة الجنسية، وهي تتميز أساسا بفك الارتباط بين الجنس والإنجاب، بحيث أصبح الجنسانية النسوية بالأساس ممكنة لذاتها، من أجل المتعة فقط، دون خطر حمل.

الاكتشاف العلمي حرر جنسانية المرأة ...

نعم، وهنا بدأ يطرح مفهوم الحرية الجنسية اقترانا بتحرر المرأة، وأصبحت المتعة هدفا في حد ذاتها. من هنا مفهوم الحرية الجنسية، أي أن ذلك المفهوم نتاج للعلم وللنضال النسائي. اليوم يقع الحديث أكثر عن مفهوم الحقوق الجنسية تجنبا لما قد يفهمه أعداء الحرية الجنسية حين يرون في البغاء وفي البورنوغرافيا ضروبا للحرية الجنسية، وما هي بذلك. على العكس من ذلك، ترفض الهيئات التابعة للأمم المتحدة اعتبار البغاء والبورنوغرافيا حرية جنسة، بل وتنظم مكافحتهما.

ومنذ نهاية الستينيات دخلنا مرحلة التعارض بين الدين (الأبيسي) والجنس المساواتي. أصبح الدين عائقا في وجه الحرية الجنسية، وفي وجه الحقوق الجنسية، بمعنى أن الحق في الجنس هو هو بالنسبة للرجال والنساء، للمتزوجين وغير المتزوجين، للغيريين ولغير الغيريين. واليوم يمكن أن نذكر بنظرية الانتقال الجنسي التي وضعتها منذ خمس سنوات، وهي نظرية مهمة لا تسري على المغرب فحسب، بل على العلاقة بين الدين والجنس في التاريخ بشكل عام. نظرية تميز بين مراحل ثلاث. المرحلة الأولى مرحلة أبوية صرفة تتميز بمطابقة تامة بين المعايير الدينية والسلوكات الجنسية، معظم الممارسات والسلوكات الجنسية تنتظم وفق الدين في إطار الزواج، مع سيادة الرجل، وطابو البكارة... أما المرحلة الثانية فتتميز بكون المعايير الجنسية تظل دينية لكن السلوكات الجنسية تنتظم وفق مبادئ غير دينية، بمعنى أن الانسان يستمر في الاعتقاد أن الجنس قبل الزواج إثم، لكنه يمارسه انطلاقا من الضرورة وظروف العصر. هنا يحصل طلاق بين المعايير الجنسية والسلوكات الجنسية. أما المرحلة الثالثة فتتميز بعلمنة المعايير الجنسية وعلمنة السلوكات الجنسية، بمعنى أن الدين يفقد سلطته في تنظيم الحياة الجنسية العمومية لتنتظم تلك الحياة وفق مبادئ عقلانية تميز الدولة المدنية. في المرحلة الثالثة، تطابق بين المعايير الجنسية والسلوكات الجنسية، كلاهما معلمن، لكن لمن أراد أن يخضع جنسانيته للدين فله ذلك كفرد في حياته الخاصة. في الدولة المدنية، لا قوانين دينية كقوانين عمومية تؤسس النظام الديني كنظام عام.

المغرب وكل الدول الاسلامية بشكل عام تعيش المرحلة الثانية أي مرحلة التعارض بين القيم والسلوكات الجنسية. فالسلوكات معلمنة لكن المعايير ليست كذلك، وهذا ما دفعني إلى الحديث منذ 2007 عن علمنة صامتة للحقل الجنسي، غير واعية بذاتها، عملية.

هل المرور إلى المرحلة الثالثة أمر حتمي، أم يمكن حدوث نكوص بسبب عامل من العوامل؟

هذا سؤال مهم جدا، ولا بد من التعمق أكثر في المسألة من أجل الفهم. فعندما نقول أن الغرب الحداثي يعرف المرحلة الثالثة، يعني هذا أن المعايير الجنسية لم تعد دينية دون أن يعني أن الدين اندثر من المجتمع. وهذا يعني أن المواطن غير ملزم بعدم احترام معاييره الدينية في حياته الشخصية. فالفرد إذا كان يؤمن أن الجنس قبل الزواج غير جائز، لا أحد يجبره على ممارسته، وإذا كان يرى أن المثلية الجنسية حرام، فله ذلك ولا أحد يجبره على ممارسة المثلية، لكن معاييره الدينية لا تفرض على جميع المواطنين.

عندما نعي هذا العنصر الأساسي ونصل إلى دولة مدنية تعترف بجميع الأديان واللأديان، أي حين لا ينظر إلى المواطن انطلاقا من تدينه أو عدم تدينه، لا يبقى هناك خطر. هذا هو رهان الدولة المدنية ومقصد التاريخ حتى يبقى كل إنسان حر في ضبط حياته الجنسية حسب اختياراته الفردية ودون أن يؤدي الآخرين طبعا.

في هذا الإطار أيضا تحدثتم كذلك عن فرض قراءة بعينها للإسلام... 

طبعا هذا مشكل خطير. فبناء النظام العام على دين معين في حد ذاته خرق للدولة المدنية وللمواطنة والديمقراطية. إن الديمقراطية لا تبنى على الدين. في الديمقراطية، لا يمكن فرض الزواج أو الصيام كنظام عام. هذا خطر أول. أما الخطر الثاني هو أن نجعل الاسلام دين دولة ونظاما عاما ونفرض قراءة خاصة لهذا الدين باعتبارها القراءة الصحيحة لوحدها. لماذا نقول هذا؟ لأنه، مرحليا وفي إطار الانتقال الجنسي، لا يمكن أن نفرط في النص الديني. علينا أن نأخذه ونؤوله من جديد لإنتاج إسلام حداثي يتماشى مع المرحلة. كمثال على هذا، قضية تحريم الجنسانية قبل الزواج. هناك آيات معروفة تحرم هذا النشاط في معناها الظاهر، مثل "وَلاَ تَقْرَبُواْ الزِّنَى إِنَّهُ كَانَ فَاحِشَةً وَسَاء سَبِيلاً" [سورة الإسراء:32]، و"الزانية والزاني فاجلدوا كل واحد منهما مائة جلدة ولا تأخذكم بهما رأفة في دين الله إن كنتم تؤمنون بالله واليوم الآخر". الرسول بدوره حرم في كثير من الأحاديث الزنا. أولا، كلمة زنا غير محايدة، فهي في الوقت ذاته تسمية وتجريما، وينبغي تعويضها بمفهوم العلاقات غير الزوجية.

السؤال الأساسي هو: لماذا حرمت العلاقات الجنسية قبل أو خارج الزواج؟ المسلم العادي يقول بشكل بديهي إن الله حرمها ولا يسأل عن أسباب التحريم. أما علم الاجتماع، فيطرح هذا السؤال ويجيب عنه. علة تحريم العلاقات غير الزوجية تكمن في إرادة الحفاظ على صفاء النسب وعلى التوريث الصحيح وذلك من خلال اجتناب ازدياد أطفال غير شرعيين. من أجل ذلك، المطالبة بعفة المرأة وربط شرف الرجل بعفة المرأة. كل هذه آليات للحفاظ على الأمن السلالي، على أمن سلالات غنية أرستقراطية، أي على مصالحها. وهي إيدولوجيا انتشرت في مختلف طبقات المجتمع الأبوي الذكوري، وتبنتها الطبقات الفقيرة أيضا، استلابا.

اليوم ومنذ الخمسينات دخل معطى جديد هو حبوب منع الحمل وبالتالي أصبح بإمكاننا ممارسة الجنس قبل الزواج دون تهديد الأمن السلالي. وبالتالي أقول إن زوال العلة يقودنا منطقيا إلى زوال التحريم. التحريم يصبح مجانيا حين يفقد علته، حين تصبح تلك العلة واهية. أقترح هذا باسم قراءة تاريخانية للإسلام تنزع النص الديني من احتكار الفقهاء. النص الديني لجميع العلماء، أطباء وعلماء النفس واجتماع ومؤرخون ولسانيون... كل عالم من هؤلاء له الحق في فهم هذا النص من جديد، واستخراج تشريعات جديدة منه لمغرب جديد في وضع جديد.

ولألخص أقول إن الخطر أولا هو جعل النظام الديني نظاما عاما، والخطر الثاني هو أن نحول قراءة معينة لهذا النص ونحجرها لنقول أنها الإسلام الحق لوحدها.

 

 

القرآن نص مفتوح بدون حدود وباب الاجتهاد مفتوح دوما وبدون حدود

باب الاجتهاد مفتوح، لقد كتبت في 1987 أنه يجب مراجعة القاعدة الأصولية التي تقول "لا اجتهاد مع وجود النص". لماذا نقف عندها ونجعلها حدا فاصلا غير قابل للتجاوز؟ ما الذي يمنعنا من مناقشة علماء قالوا أن لنصوص معينة دلالة قطعية؟ لماذا اعتبار الآية "وَلاَ تَقْرَبُواْ الزِّنَى إِنَّهُ كَانَ فَاحِشَةً وَسَاء سَبِيلاً" [سورة الإسراء:32]. آية ذات دلالة قطعية؟ من له الصلاحية في اعتبار دلالة هذه الآية دلالة قطعية؟ ما معنى لا تقربوا؟ لماذا لا تقربوا؟ ما معنى الفاحشة؟ ما معنى ساء سبيلا؟ أريد أن أفهم... أريد أن أقتنع... أريد أن أقتنع عقلا بنجاعة أسباب التحريم في الوقت الحاضر، في المغرب، هنا، الآن.

الجنس والدين والسيدا

مرض السيدا كان بالأساس في صالح الدراسات حول الجنس إذ دفع السلطات العمومية إلى جعل الجنس موضوعا للدراسة. في الغرب، درس الجنس انطلاقا من منظور المتعة، كما فعل كينزي في 1948  عندما حقق دراستين كبيرتين حول الرجال ثم النساء بخصوص "الأورغازم" أو الذروة الجنسية، وكيف يصل إليها الأمريكي ومتى ومع من؟ والفرق بين المتدين وغير المتدين؟ وبين الأبيض والأسود؟ ... وكانت الدراستان محطة أساسية في الدراسات الإمبريقية لموضوع الجنس.

بدأت المرحلة الثانية في السبعينيات بعد اكتشاف موانع الحمل وتمت دراسة الجنس كخصوبة. ما علاقة الخصوبة بتحقيق الذات؟ كيف نربط بين الخصوبة والتنمية؟ كيف نجعل موانع الحمل في متناول الجميع كحق ضمن الحقوق الإنجابية؟

ثم في التسعينيات درس الجنس كخطر السيدا، وفي هده للحقبة اتجهت الدراسات نحو الجنس في المغرب كخطر سيدا أيضا. وقد أنجز المغرب دراسات عدة حول الخصوبة وموانعها كسياسية عمومية تبنتها السلطات العمومية. ولم نشهد في المغرب دراسات حول الحق في المتعة بشكل مباشر وبشكل مؤسساتي. هناك بعض الدراسات الفردية مثل دراساتي في السبعينيات والتي درست الموقف من المتعة والبكارة، ثم دراستي حول السلوكات الجنسية للشباب وعلاقتها بالمتعة.

لقد مررنا مباشرة إلى المرحلة الثانية إذ دخلنا في المغرب إلى منطق مالتوسي فعرفت البلاد مشكلة النمو الديمغرافي وكان علينا أن نحد من النسل وننظمه، وندخل مرحلة دراسات التنظيم العائلي، وفعلا درس الجنس من هذا الزاوية انطلاقا من نهاية الستينيات. أما في التسعينيات فدخلنا مرحلة دراسات حول الجنس وعلاقته بالسيدا ذلك بشكل مؤسساتي. طبعا استغل الفقهاء ظهور مرض السيدا للقول إن السيدا عقاب من الله ضد كل فاسد وفاسدة... وهو منطق غيبي معروف. فطيلة خمسة قرون عانت البشرية من مرض "السيفيليس"، واعتبرته الكنسية عقابا إلهيا نتيجة مفاسد البشر. المغاربة فعلوا نفس الشيء واعتبروا "السيفيليس" عقابا إلهيا لا شفاء منه إلى درجة أنهم أطلقوا عليه أسماء مثل "السلطان" و"الحي" في بعض المناطق... وهي أسماء تعني أن السفليس سلطان مطلق غير مقهور، حي دوما.

السيدا الآن هو بديل "سيفيليس" الذي قضي عليه بفضل اكتشاف "البنليسيلين". الآن انتقلنا إلى سلطان جديد هو السيدا. وفي الدراسات التي أنجزت في الموضوع ونشرت في كتابي "السيدا والجنس والاسلام"، ميزت بين أربع دوائر معرفية فكرية للحديث عن هذا الموضوع:

الدائرة الأولى هي أن جميع الأمراض الجنسية تسمى بمفهوم البرد: البرد. يجعل كل مرض يتحول من سيلان وسيفيليس إلى سيدا أو العكس دون أن يميز المغربي العادي أن لكل مرض جرثومة أو فيروس خاص به.

الدائرة الثانية هي الفساد: فالأمراض الجنسية تفسر هنا انطلاقا من مفهوم الفساد أي كل علاقة شاذة سوية وغير شرعية.

الدائرة الثالثة هي الدائرة الإلهية التي ترى في كل مرض شرا يسلطه الله على عباده الفاسدين ليعاقبهم وليمتحنهم وليدفعهم إلى العودة إلى الصلاح.

الدائرة الرابعة مرتبطة بالقرب الجسدي، فاستعمال الأدوات ذاتها التي يستعملها المصاب بالسيدا أو استنشاق الهواء نفسه يؤدي إلى الإصابة بالمرض.

 

الفقهاء يرفضون النصح باستعمال العازل الطبي

قمت بدراسة في 1997 ونشر سنة 2000، حاورت بعض الفقهاء بفاس، ونظمت معهم مجموعات بؤرية كمنهجية سوسيولوجية لتشخيص موقفهم من استعمال الغشاء الواقي قصد تجنب الإصابة. وقلت لهم إن العلاقات قبل الزواج قائمة ولا شك في وجودها، فما هو الأفضل: علاقات جنسية قبل زوجية محمية بفضل الغشاء الواقي أم علاقات غير محمية؟ رفضوا السير في هذا الدرب. بالنسبة إليهم، القول باستعمال الغشاء الواقي تشجيع على الزنا وحماية له.

أنا اعتقد أن حماية الصحة العمومية تستدعي أن نسير على درب دليل أبو بكر، إمام مسجد باريس، الذي قال للشباب: "استمسكوا، لكن إن لم تستطيعوا، استعملوا الغشاء الواقي". أكثر من هذا، هناك مساجد في سويسرا توزع الغشاء الواقي مجانا على الشبان المصلين.

هناك إذن اجتهاد وفقا لقواعد أصولية تقول إن المسلم عندما يجد نفسه أمام محظورين فعليه أن يختار أقلهما ضررا. فقهاؤنا رفضوا كل هذا، وقالوا بالعكس، قالوا نحن نريد أن يصاب الزاني والزانية بالسيدا ليخاف ويرجع إلى الله ويكون عبرة للآخرين. في حين أن كل الدراسات التي أنجزتها منظمة الصحة العالمية خلصت إلى أن القول بالاستمساك قول غير واقعي. لهذا تقول وزارة الصحة في المغرب أن وسائل الوقاية هي الإمساك والإخلاص والغشاء الواقي. هناك عدم انسجام بين وزارة تقول بالغشاء الواقي أيضا ووزارة ترفض الغشاء في حالة العزاب. وهنا نطرح السؤال عن سياسة جنسية منسجمة داخل حكومة منسجمة. أم أن كل وزارة ترضي طرفا من الأطراف المتصارعة حول هده القضية في المجتمع المغربي؟ لنذكر هنا أن الدراسات أثبتت أن الدعوة إلى الغشاء الواقي الطبي في إطار تربية جنسية منسجمة يؤجل بداية النشاط الجنسي عند المراهقين ويؤخره.          

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 22:35

 

 

« Je suis enceinte », lui lança-t-elle.

Ahmed était abasourdi. Fallait-il que ça lui arrive ? Et avec une fille vierge en plus. Il savait que, tout en étant non dépucelée, une fille pouvait tomber enceinte suite à des rapports sexuels extérieurs, sans pénétration. En lançant sa phrase, Amina signifiait à Ahmed que c’était lui le responsable. Pas un moment, Ahmed n’essaya de chercher des preuves, de se disculper, de dire que ce n’était pas lui. II était comme ça, il croyait les gens sur parole.

Ahmed et Amina sortaient ensemble depuis à peine un mois. En fait, sortir ensemble dans une ville comme Fès signifie se rencontrer en cachette, se retrouver dans l’appartement d’Ahmed. « Fès est un miroir », dit le proverbe. Tout se sait dans cette ville, rien ne peut rester caché. Amina appartenait à une famille fassie, bourgeoise. Elle habitait avec ses parents. Le matin, elle allait à l’université et ne rentrait chez elle que le soir, vers 18h30. Pendant la journée, elle suivait ses cours, prenait un sandwich à l’université. Aux heures creuses, elle pouvait aller dans un café, en ville. Quand elle rencontra Ahmed, elle préférait aller chez lui pour que son image reste intacte, sa réputation sauve. A la différence des étudiantes qui venaient d’ailleurs, et qui habitaient la cité universitaire, les étudiantes originaires de la ville étaient plus prudentes, moins libres de leurs mouvements. A tout moment, elles risquaient de rencontrer un membre de la famille, un voisin…

Ahmed crut Amina sur parole. Il savait, en l’embrassant la première fois, qu’elle n’avait jamais embrassé un homme avant lui. Elle tremblait. De par son expérience, il était sûr qu’Amina était vierge dans le sens où elle n’avait eu aucun rapport sexuel avant de le rencontrer. Ahmed avait entrepris de l’initier aux choses de l’amour, de réveiller son corps dompté par une éducation conservatrice qui fait du sexe une chose honteuse, ne devant être pratiqué qu’avec la bénédiction familiale. Pour elle, comme pour toute fille de bonne famille aveuglée par l’éducation antisexuelle dominante, le mariage, c’est le permis. Sans ce permis, pas de droit au sexe. Il a fallu à Ahmed des heures de discussion pour expliquer à Amina que l’on peut faire l’amour sans que la fille soit déflorée. A la fin, elle céda non pas par désir, mais par curiosité, et surtout pour faire plaisir à Ahmed. Il lui plaisait. Aucune précaution contraceptive n’était prise puisque les rapports se faisaient sans pénétration vaginale, entre les grandes lèvres.

C’est ainsi qu’Amina se retrouva enceinte. Elle était choquée. Elle avait peur. Elle ne savait que faire, que dire. Pour Ahmed, il n’était point question de se marier à cause d’une grossesse involontaire. Pire, il rejetait même le principe du mariage. D’un autre côté, sa conscience ne lui permettait pas de se débiner. Il aurait pu envoyer balader Amina, nier tout, tout en sachant que c’était lui. Amina n’avait aucune preuve qu’elle était enceinte de lui. Le test ADN était encore inconnu au Maroc, pas prévu par la loi dans ces cas.

« On va trouver un médecin qui va te débarrasser de ça », dit Ahmed. Pour lui, c’était l’unique solution. Pour elle aussi, malgré le fait qu’elle était très croyante, et surtout convaincue que l’avortement était « haram ». Sa peur du scandale était plus grande que sa peur de Dieu. A ses yeux, Dieu est plus compréhensif que ses parents et son entourage. A ses yeux, Dieu lui pardonnera. Pas ses parents. La peur d’être stigmatisée, rejetée, bannie était également plus forte que le risque d’être arrêtée pour avoir enfreint la loi. Plus forte également que le risque de saigner, de mourir. Ahmed et Amina discutèrent de tout cela et tous deux étaient d’accord qu’un avortement était la solution la plus simple.

Des connaissances indiquèrent à Ahmed un médecin connu pour faire ce genre d’opération dans ce genre de situation. C’était un généraliste privé établi dans un quartier plus ou moins populaire. Le médecin demanda 300 DHS pour faire l’avortement. A l’époque, en 1977, c’était une somme importante. Ahmed n’avait pas le choix. En plus, le médecin l’informa qu’il devait signer un papier où il reconnaît être le commanditaire de l’opération. En d’autres termes, Ahmed reconnaissait par ce papier qu’il était fornicateur, père biologique, et complice d’un avortement, une opération illégale, sévèrement punie par la loi. Ahmed accepta toutes ces conditions, convaincu de la nécessité de faire son devoir, de sauver sa petite amie du déshonneur.

Il informa Amina de toutes ses démarches et lui assura que tout se passera bien. Ils étaient dans l’appartement d’Ahmed, assis l’un à côté de l’autre, complices. Ahmed prit la main d’Amina. Puis il enlaça Amina et commença à l’embrasser, à caresser tout son corps. Il la déshabilla petit à petit. Il était très excité. Il dit à Amina :

-« Maintenant que tu vas te faire avorter, il ne sert à rien que tu restes vierge. Tu ne le seras plus après l’avortement ».

-« Je sais, dit-elle, mais je préfère perdre ma virginité dans l’opération ».

-« C’est bête, rétorqua Ahmed. Pourquoi ne pas la perdre maintenant. Pourquoi ne ferions-nous pas l’amour complètement ? N’est-ce pas plus logique ? Ne m’aimes-tu pas »?

-« La question n’est pas là », dit Amina.

Elle repoussa Ahmed. Celui-ci la regardait, étonné. Amina continua :

-« Je ne serai pénétrée que par mon mari. Après le mariage donc, jamais avant », trancha-t-elle.

Ahmed comprit que, pour Amina, la virginité réside moins dans un hymen intact que dans le fait de ne pas être pénétrée. Tout ce qu’elle a pu lui donner comme plaisir était à ses yeux sans importance du moment qu’elle n’était pas pénétrée. Ce n’est qu’un jeu, plus ou moins permis par la société, et par sa morale hypocrite. Etre déflorée suite à un avortement forcé sauvegardait sa virginité, son honneur. Amina affirma qu’elle continuera à se percevoir comme vierge, comme pure, son corps n’ayant pas été sali par un sexe illégal. Tant que ce sexe illégal reste à l’extérieur de son sexe, elle se sentira vierge, morale.

En entendant Amina développer ce raisonnement, Ahmed était dégoûté par cette vérité subjective qui tire sa force de l’hypocrisie sociale régnante. Certes, il comprenait, mais il ne pouvait accepter qu’Amina préfère être déflorée lors d’un geste médical sordide. Il ne pouvait plus aimer Amina. L’amour, c’est aussi une communion d’idées, de principes, et de valeurs.

Le jour de l’opération, Amina devait être à jeun. Elle ne prit donc pas son petit déjeuner. Pour se justifier, elle dit à ses parents qu’elle jeunait pour rattraper les jours non jeunés lors du ramadan précédent. Pour ses parents, c’était une action pieuse, louable. Amina était l’objet de leur admiration. Belle, studieuse, pieuse, sérieuse, un modèle de jeune fille. Jamais ils ne pouvaient concevoir qu’elle couchait, et encore moins qu’elle était enceinte. A sept heures et demie du matin du jour J, Amina quitta la maison, mine de rien, comme d’habitude. Pour ses parents, elle allait à l’université. Elle prit un taxi qui l’emmena au cabinet du médecin. Ahmed y était déjà. Devant Amina, il paya le médecin et signa le papier. Le médecin lui demanda de revenir vers midi. Il regarda Amina. Celle-ci, tête baissée, n’osait regarder personne en face. Elle se sentait salie, déshonorée, coupable… Ahmed avait beau essayer auparavant de lui dire que le plaisir est un droit sexuel des célibataires, rien n’y faisait. Elle vivait sa grossesse involontaire comme un châtiment divin qui la punissait d’avoir forniqué.

A midi, Ahmed revint au cabinet médical. Amina était dans une petite salle, seule, affaiblie, pâle, à peine réveillée de l’anesthésie générale. Tout s’était apparemment bien passé. Ahmed lui demanda comment elle se sentait. « Bien, répondit-elle. Mieux ». Il ne pouvait pas la laisser quitter le cabinet médical toute seule, chercher un taxi... Ils sortirent ensemble du cabinet médical. Ahmed l’aida à monter dans la voiture et la ramena chez lui. Là, elle se reposa, mangea quelque chose, reprit ses forces. Vers six heures, elle partit. Ahmed et Amina ne se dirent pas au revoir. Ils ne décidèrent pas de se revoir.

Amina rentra chez elle. Pour ses parents, elle revenait de l’université, comme d’habitude. A leurs yeux, une journée ordinaire, comme tant d’autres.

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 12:37

1.    قلت إن النساء، من جهة أنهن والرجال نوع واحد في الغاية الإنسانية، فإنهن بالضرورة يشتركن وإياهم فيها [في الأفعال الإنسانية]، وإن اختلفن عنهم بعض الاختلاف، أعني أن الرجال أكثر كداً في الأعمال الإنسانية من النساء، وإن لم يكن من غير الممتنع أن تكون النساء أكثر حذقاً في بعض الأعمال، كما يُظَن ذلك في فن الموسيقى العملية، ولذا يقال إن الألحان تبلغ كمالها إذا أنشأها الرجال وعملتها النساء. فإذا كان كذلك، وكان طبع النساء والرجال طبعاً واحداً في النوع، وكان الطبع الواحد بالنوع إنما يقصد به في المدينة العمل الواحد، فمن البين إذن أن النساء يقمن في هذه المدينة بالأعمال نفسها التي يقوم بها الرجال. إلا أنّه بما أنهن أضعف منهم فقد ينبغي أن يكلفن من الأعمال بأقلها مشقة  «، ابن رشد، الضروري في السياسية: مختصر كتاب السياسة لأفلاطون، نقله عن العبرية د. أحمد شحلان، بيروت، مركز دراسات الوحدة العربية، 1998، ص 124.

2.   » ... فذلك دليل أن الأنثى تفعل هي أيضا نفس ما يفعله الذكر. وإنما زالت كفاية النساء في هذه المدن (= مدن الأندلس) لأنهن اتُّخذن للنسل وللقيام بأزواجهن، وكذا للإنجاب والرضاعة والتربية، فكان ذلك مبطلاً لأفعالهن (الأخرى). ولَمّا لم تكن النساء في هذه المدن مهيئات على نحو من الفضائل الإنسانية، كان الغالب عليهن فيها أن يشبهن الأعشاب. ولكونهن حملاً ثقيلاً على الرجال صرن سبباً من أسباب فقر هذه المدن. وبالرغم من أن أنهن فيها ضِعف عدد الرجال، فإنهن لا يقمن بجلائل الأعمال الضرورية، وإنما ينتدبن في الغالب لأقل الأعمال، كما في صناعة الغزل والنسج، عندما تدعو الحاجة إلى الأموال بسبب الإنفاق، وهذا كله بين بنفسه«، ابن رشد، الضروري في السياسية، ص 125.

3.   »وإذ قد تبين أن النساء يجب أن يشاركن الرجال في الحرب وغيرها، فقد ينبغي أن نطلب في اختيارهن الطبع نفسه الذي طلبناه في الرجال، فيربين معهن على الموسيقى والرياضة«، الضروري في السياسية ص 126.

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