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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 20:50

Réponse de Dialmy à Fatima Zohra Elhajji (illi, mars 2013)

 

En quoi êtes-vous féministe dans votre vie de tous les jours?

 

Par féministe, j’entends la défense de l’égalité des droits entre hommes et femmes. Depuis que j’ai intégré l’université comme professeur, en 1977, j’ai toujours trouvé le moyen de faire un cours sur le féminisme même s’il n’était pas programmé en tant que tel dans les curricula. Dans ma vie de tous les jours, je suis féministe dans mes discussions avec les hommes et les femmes que je rencontre. Je saisis toujours l’occasion de ces discussions pour persuader ou convaincre mes interlocuteurs de la justesse du principe féministe. Je résume en disant : on doit passer du « différents, donc inégaux » à « différents, mais égaux ». Dans ce sens, je milite quotidiennement depuis près de 40 ans en exposant et en défendant la nécessité de ce passage. Sur le plan sexuel, avant de me marier en 1981, avec toutes mes partenaires, c’était le principe « orgasme pour orgasme ». Je ne supportais pas qu’on fasse l’amour pour d’autres raisons que le plaisir partagé. Je continue d’agir ainsi en tant que mari. Au sein de ma famille, dans mes rapports à mon épouse, à mes filles, à mes fils, les décisions, les plus importantes comme les plus petites, se prennent collectivement après échange des différents points de vue. Jamais je n’exploite ma position de mari et de père (de pourvoyeur économique) pour imposer mes choix et mes préférences à mon épouse et à mes filles (17 ans). Ni à mon épouse ni à mes filles je n’impose des façons de s'habiller, de se coiffer ou de se comporter en public. J’aide aussi souvent que possible mon épouse dans les travaux ménagers. Je ne cesse de lui répéter la fameuse phrase d’Engels, « l’ennemi de la femme, c’est la cuisine ». J’ai des discussions très chaudes à propos de l’égalité des sexes avec mon fils aîné. En tant que gynécologue en formation, mon fils aîné traite des femmes au quotidien et leur comportement souvent théâtral de parturientes le révolte. J’essaye de le calmer et de le rendre plus compréhensif.

 

Quelles sont les trois valeurs dont vous aimeriez armer votre fille pour en faire une femme libre et moderne?

En fait, je transmets à mes filles quatre valeurs fondamentales : 1) l’esprit critique qui ne doit s’arrêter devant aucun tabou, 2) la foi dans les droits individuels et les libertés fondamentales (comme celle de disposer librement de son corps), 3) l’indépendance économique par rapport aux hommes, 4) le respect de l’autre quelles que soient sa couleur et sa religion.

 

Qu'est ce qui vous insupporte chez vos congénères par rapport à la condition de la femme?

D’abord le fait d’expliquer l’infériorisation de la femme par une pseudo-infériorité naturelle, puis de sacraliser cette infériorisation par le recours à l’islam. Et puis cette complicité masculine mécanique misogyne entre des hommes quand ils se retrouvent entre eux pour parler des femmes. C’est quand des hommes donnent libre cours à leur misogynie patriarcale que je suis le plus dégoûté. Par exemple, quand l’homme croit avoir roulé et/ou vaincu une femme après avoir couché avec elle du seul fait qu’il a couché avec elle. Et c’est également quand des femmes admettent qu’elles ne sont que des femmes, c'est-à-dire inférieures, donc appelées à se soumettre. Ou quand l’une d’elle affirme qu’elle a perdu sa virginité au lieu de dire qu’elle a une activité sexuelle complète, sans hypocrisie. Ou quand elle pense que faire l’amour avec un homme, c’est juste pour lui faire plaisir et que c’est lui seul qui va en profiter…

 

 

 

Comment changer les choses en cinq points ?

 

Premièrement, montrer que le principe de l’égalité des sexes est plus juste que le principe de l’équité. L’équité consiste à donner aux femmes et aux hommes des droits en fonction de leur sexe. Par conséquent, l’équité débouche sur des droits différents, c'est-à-dire inégaux (par exemple, le musulman peut épouser une femme du « Livre » même si elle ne se convertit pas à l’islam alors que la musulmane ne peut pas épouser un homme du « Livre » s’il ne se convertit pas). A l’opposé, le principe de l’égalité des sexes donne les mêmes droits aux deux sexes, sans discrimination aucune.

Deuxièmement, montrer que le principe de l’égalité des sexes est islamisable, à condition de faire de l’ijtihad sans frontières, à condition de rejeter  la lecture patriarcale de l’islam, dominante aujourd’hui ;

Troisièmement, expliquer et vulgariser le plus possible à travers tous les médias le principe de l’égalité des sexes et montrer les bénéfices qu’une société peut tirer de ce principe,

Quatrièmement, instituer une socialisation familiale et scolaire qui fait de l’égalité des sexes le socle sur lequel la personnalité de l’enfant se construit,

Cinquièmement, définir, mettre en œuvre, suivre et évaluer des politiques publiques égalitaires dans 4 domaines principaux : l’accès paritaire à l’éducation, l’accès égal à la santé (sexuelle aussi), l’accès égal à l’emploi, l’accès paritaire à la prise de la décision dans l’espace public (politique) et privé (conjugal).

 

 

Questions éclairs

- Votre modèle féminin? J’en ai trois : Simone de Beauvoir, Ahlam Mostaghanem et Aicha Chenna.

Simone de Beauvoir pour avoir dit que l’on ne naît pas femme, c'est-à-dire inférieure, mais qu’on le devient. C’est capital et c’est le point de départ parce que tant qu’on croit que la femme est inférieure par nature (absence de pénis), rien ne sera fait.

Mostaghanem pour son écriture sensuelle, pour son audace dans le traitement du désir féminin en tant que désir qui s’assume.

Chenna pour avoir osé protéger les mères célibataires, c'est-à-dire pour avoir osé rejeter la sentence « à la fornicatrice la lapidation », pour avoir osé lutter contre la stigmatisation et la marginalisation des mères célibataires. Sans se rendre compte, Aicha Chenna fait envisager aux Marocains la nécessité de donner à la jeune fille célibataire le droit d’être mère. En d’autres termes, il s’agit du droit à la sexualité et à la maternité avant le mariage. Très simplement, j’admire Aicha Chenna parce qu’elle affronte de manière pratique la question des droits sexuels et reproductifs des femmes.

 

- Un pays, selon vous, où les femmes sont reines :

Il n’y a aucun pays où les femmes sont reines. Il y a simplement des pays qui ont reconnu aux femmes les mêmes droits qui sont reconnus aux hommes. Je pense d’abord à l’Union Soviétique qui, en 1918, avait promulgué les premières lois de l’histoire humaines instituant l’égalité des sexes sur les plans social et économique. Et puis, aujourd’hui, les démocraties occidentales, et à leur tête les pays scandinaves, qui ont repris la leçon soviétique à leur manière, et où la condition de la femme est la plus avancée. Cependant, même là, la lutte féministe n’est pas finie.

 

- Qu'est ce qu'on peut jalouser à une femme? A mon avis, les expériences de la grossesse et de l’accouchement… et également la possibilité d’avoir des orgasmes de nature différente, clitoridien, vaginal, cervical… Ce sont là les indicateurs de la supériorité de la femme. C’est parce que l’homme est jaloux de cette supériorité féminine qu’il a toujours essayé de dominer la femme. La femme est toujours sûre d’être la mère de son enfant. Pas l’homme. Aussi l’homme a-t-il toujours mis en oeuvre des mécanismes institutionnels pour prouver et se prouver à lui-même qu’il est le père, qu’il est le plus fort... A titre d’exemple, l’obligation du mariage monogamique (de la femme), la fidélité de l’épouse, la transmission du nom patronymique, la polygynie…

 

 

- Votre côté féminin : tel que construit par une psychologie patriarcale, la spontanéité, l’absence de calcul.

 

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Published by Dialmy - dans Féminisme
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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 09:28
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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 12:40

 

الدكتور عبد الصمد الديالمي أكد على ضرورة تقديم قراءة جديدة للقرآن من أجل إبراز إسلام حداثي يتماشى مع المرحلة

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أكد عالم الاجتماع، عبد الصمد الديالمي، أن المغرب يعيش "علمنة" صامتة للسلوكات الجنسية، وهي علمنة غير واعية بذاتها، إذ يشهد مرحلة انتقالية تعرف التعارض بين قيم جنسية دينية وسلوكات جنسية مدنية، في انتظار مرحلة ثالثة حاسمة تكون المعايير الجنسية مدنية (عقلانية) تعترف بالحقوق الجنسية، لكي تتماشى مع السلوكات الجنسية في الواقع المغربي الراهن.

في الحوار التالي يقوم الباحث، ذي الإنتاجات الغزيرة في مجال الجنس، بتحليل تطور العلاقة بين الدين والجنس عبر نظرية التطور والانتقال الجنسي التي استنبطها من أعماله الميدانية وأبحاثه السوسيولوجية التي نشرها بلغات متعددة.  

تحدثم في كتاباتكم عن العلاقة التي يمكن أن نسميها "تواطئية" وتكاملية بين الجنسانية الأبوية والدين في مرحلة تاريخية معينة...

يمكننا الحديث في البداية عن وجود نظام اجتماعي ذكوري أبوي له وجود تاريخي يقوم على امتلاك الرجل لوسائل الانتاج التي تضم النساء. فهو السيد والمحتكر، وله مصالح اقتصادية يحاول رعايتها ويجبر النساء على الوفاء والإخلاص والحفاظ على البكارة والاحتجاب. وكان الجنس أساسا وسيلة للتكثير من النسل، الكثرة تعني القوة. فكلما كانت الأسرة كبيرة كانت قوية، وكلما كانت القبيلة كبيرة وتضم رجالا كثر كانت قوية. ومنذ زمن طويل كرس التاريخ هذا النظام الذي وجد سندا قويا في الديانات بأكملها وعلى رأسها الديانات المسماة سماوية، إذ أعطته شرعية لدرجة أن الإنسان أصبح غير قادر على فهم الجنس وإدراكه خارج المنظور الديني. في كلمة واحدة، حصل النظام الأبوي الذكوري على شرعية أكبر بفضل الديانات الكبيرة التي جعلت منه نظاما قدسيا.

وأصبح المشكل مطروحا عندما وصلنا إلى وعي جديد منذ الخمسينيات من القرن الماضي بفضل اكتشاف حبوب منع الحمل التي أحدثت ثورة جنسية. فبعد قرون طويلة تم التحكم في النسل حيث كانت كل علاقة جنسية تعرض المرأة للحمل ولو لم تكن ترغب في ذلك. تقنية العزل كانت من صلاحيات الرجل ولم تكن تقنية فعالة. المرأة هي المستفيد الأكبر من هذا الاكتشاف، إذ أصبح بإمكانها ممارسة الجنس قبل الزواج دون خطر حمل، أي دون بروز علامات "جريمة" تعرضها للوصم بالعار وللتهميش والنبذ. ومنذ أواخر الستينات دخلنا عهد الثورة الجنسية، وهي تتميز أساسا بفك الارتباط بين الجنس والإنجاب، بحيث أصبح الجنسانية النسوية بالأساس ممكنة لذاتها، من أجل المتعة فقط، دون خطر حمل.

الاكتشاف العلمي حرر جنسانية المرأة ...

نعم، وهنا بدأ يطرح مفهوم الحرية الجنسية اقترانا بتحرر المرأة، وأصبحت المتعة هدفا في حد ذاتها. من هنا مفهوم الحرية الجنسية، أي أن ذلك المفهوم نتاج للعلم وللنضال النسائي. اليوم يقع الحديث أكثر عن مفهوم الحقوق الجنسية تجنبا لما قد يفهمه أعداء الحرية الجنسية حين يرون في البغاء وفي البورنوغرافيا ضروبا للحرية الجنسية، وما هي بذلك. على العكس من ذلك، ترفض الهيئات التابعة للأمم المتحدة اعتبار البغاء والبورنوغرافيا حرية جنسة، بل وتنظم مكافحتهما.

ومنذ نهاية الستينيات دخلنا مرحلة التعارض بين الدين (الأبيسي) والجنس المساواتي. أصبح الدين عائقا في وجه الحرية الجنسية، وفي وجه الحقوق الجنسية، بمعنى أن الحق في الجنس هو هو بالنسبة للرجال والنساء، للمتزوجين وغير المتزوجين، للغيريين ولغير الغيريين. واليوم يمكن أن نذكر بنظرية الانتقال الجنسي التي وضعتها منذ خمس سنوات، وهي نظرية مهمة لا تسري على المغرب فحسب، بل على العلاقة بين الدين والجنس في التاريخ بشكل عام. نظرية تميز بين مراحل ثلاث. المرحلة الأولى مرحلة أبوية صرفة تتميز بمطابقة تامة بين المعايير الدينية والسلوكات الجنسية، معظم الممارسات والسلوكات الجنسية تنتظم وفق الدين في إطار الزواج، مع سيادة الرجل، وطابو البكارة... أما المرحلة الثانية فتتميز بكون المعايير الجنسية تظل دينية لكن السلوكات الجنسية تنتظم وفق مبادئ غير دينية، بمعنى أن الانسان يستمر في الاعتقاد أن الجنس قبل الزواج إثم، لكنه يمارسه انطلاقا من الضرورة وظروف العصر. هنا يحصل طلاق بين المعايير الجنسية والسلوكات الجنسية. أما المرحلة الثالثة فتتميز بعلمنة المعايير الجنسية وعلمنة السلوكات الجنسية، بمعنى أن الدين يفقد سلطته في تنظيم الحياة الجنسية العمومية لتنتظم تلك الحياة وفق مبادئ عقلانية تميز الدولة المدنية. في المرحلة الثالثة، تطابق بين المعايير الجنسية والسلوكات الجنسية، كلاهما معلمن، لكن لمن أراد أن يخضع جنسانيته للدين فله ذلك كفرد في حياته الخاصة. في الدولة المدنية، لا قوانين دينية كقوانين عمومية تؤسس النظام الديني كنظام عام.

المغرب وكل الدول الاسلامية بشكل عام تعيش المرحلة الثانية أي مرحلة التعارض بين القيم والسلوكات الجنسية. فالسلوكات معلمنة لكن المعايير ليست كذلك، وهذا ما دفعني إلى الحديث منذ 2007 عن علمنة صامتة للحقل الجنسي، غير واعية بذاتها، عملية.

هل المرور إلى المرحلة الثالثة أمر حتمي، أم يمكن حدوث نكوص بسبب عامل من العوامل؟

هذا سؤال مهم جدا، ولا بد من التعمق أكثر في المسألة من أجل الفهم. فعندما نقول أن الغرب الحداثي يعرف المرحلة الثالثة، يعني هذا أن المعايير الجنسية لم تعد دينية دون أن يعني أن الدين اندثر من المجتمع. وهذا يعني أن المواطن غير ملزم بعدم احترام معاييره الدينية في حياته الشخصية. فالفرد إذا كان يؤمن أن الجنس قبل الزواج غير جائز، لا أحد يجبره على ممارسته، وإذا كان يرى أن المثلية الجنسية حرام، فله ذلك ولا أحد يجبره على ممارسة المثلية، لكن معاييره الدينية لا تفرض على جميع المواطنين.

عندما نعي هذا العنصر الأساسي ونصل إلى دولة مدنية تعترف بجميع الأديان واللأديان، أي حين لا ينظر إلى المواطن انطلاقا من تدينه أو عدم تدينه، لا يبقى هناك خطر. هذا هو رهان الدولة المدنية ومقصد التاريخ حتى يبقى كل إنسان حر في ضبط حياته الجنسية حسب اختياراته الفردية ودون أن يؤدي الآخرين طبعا.

في هذا الإطار أيضا تحدثتم كذلك عن فرض قراءة بعينها للإسلام... 

طبعا هذا مشكل خطير. فبناء النظام العام على دين معين في حد ذاته خرق للدولة المدنية وللمواطنة والديمقراطية. إن الديمقراطية لا تبنى على الدين. في الديمقراطية، لا يمكن فرض الزواج أو الصيام كنظام عام. هذا خطر أول. أما الخطر الثاني هو أن نجعل الاسلام دين دولة ونظاما عاما ونفرض قراءة خاصة لهذا الدين باعتبارها القراءة الصحيحة لوحدها. لماذا نقول هذا؟ لأنه، مرحليا وفي إطار الانتقال الجنسي، لا يمكن أن نفرط في النص الديني. علينا أن نأخذه ونؤوله من جديد لإنتاج إسلام حداثي يتماشى مع المرحلة. كمثال على هذا، قضية تحريم الجنسانية قبل الزواج. هناك آيات معروفة تحرم هذا النشاط في معناها الظاهر، مثل "وَلاَ تَقْرَبُواْ الزِّنَى إِنَّهُ كَانَ فَاحِشَةً وَسَاء سَبِيلاً" [سورة الإسراء:32]، و"الزانية والزاني فاجلدوا كل واحد منهما مائة جلدة ولا تأخذكم بهما رأفة في دين الله إن كنتم تؤمنون بالله واليوم الآخر". الرسول بدوره حرم في كثير من الأحاديث الزنا. أولا، كلمة زنا غير محايدة، فهي في الوقت ذاته تسمية وتجريما، وينبغي تعويضها بمفهوم العلاقات غير الزوجية.

السؤال الأساسي هو: لماذا حرمت العلاقات الجنسية قبل أو خارج الزواج؟ المسلم العادي يقول بشكل بديهي إن الله حرمها ولا يسأل عن أسباب التحريم. أما علم الاجتماع، فيطرح هذا السؤال ويجيب عنه. علة تحريم العلاقات غير الزوجية تكمن في إرادة الحفاظ على صفاء النسب وعلى التوريث الصحيح وذلك من خلال اجتناب ازدياد أطفال غير شرعيين. من أجل ذلك، المطالبة بعفة المرأة وربط شرف الرجل بعفة المرأة. كل هذه آليات للحفاظ على الأمن السلالي، على أمن سلالات غنية أرستقراطية، أي على مصالحها. وهي إيدولوجيا انتشرت في مختلف طبقات المجتمع الأبوي الذكوري، وتبنتها الطبقات الفقيرة أيضا، استلابا.

اليوم ومنذ الخمسينات دخل معطى جديد هو حبوب منع الحمل وبالتالي أصبح بإمكاننا ممارسة الجنس قبل الزواج دون تهديد الأمن السلالي. وبالتالي أقول إن زوال العلة يقودنا منطقيا إلى زوال التحريم. التحريم يصبح مجانيا حين يفقد علته، حين تصبح تلك العلة واهية. أقترح هذا باسم قراءة تاريخانية للإسلام تنزع النص الديني من احتكار الفقهاء. النص الديني لجميع العلماء، أطباء وعلماء النفس واجتماع ومؤرخون ولسانيون... كل عالم من هؤلاء له الحق في فهم هذا النص من جديد، واستخراج تشريعات جديدة منه لمغرب جديد في وضع جديد.

ولألخص أقول إن الخطر أولا هو جعل النظام الديني نظاما عاما، والخطر الثاني هو أن نحول قراءة معينة لهذا النص ونحجرها لنقول أنها الإسلام الحق لوحدها.

 

 

القرآن نص مفتوح بدون حدود وباب الاجتهاد مفتوح دوما وبدون حدود

باب الاجتهاد مفتوح، لقد كتبت في 1987 أنه يجب مراجعة القاعدة الأصولية التي تقول "لا اجتهاد مع وجود النص". لماذا نقف عندها ونجعلها حدا فاصلا غير قابل للتجاوز؟ ما الذي يمنعنا من مناقشة علماء قالوا أن لنصوص معينة دلالة قطعية؟ لماذا اعتبار الآية "وَلاَ تَقْرَبُواْ الزِّنَى إِنَّهُ كَانَ فَاحِشَةً وَسَاء سَبِيلاً" [سورة الإسراء:32]. آية ذات دلالة قطعية؟ من له الصلاحية في اعتبار دلالة هذه الآية دلالة قطعية؟ ما معنى لا تقربوا؟ لماذا لا تقربوا؟ ما معنى الفاحشة؟ ما معنى ساء سبيلا؟ أريد أن أفهم... أريد أن أقتنع... أريد أن أقتنع عقلا بنجاعة أسباب التحريم في الوقت الحاضر، في المغرب، هنا، الآن.

الجنس والدين والسيدا

مرض السيدا كان بالأساس في صالح الدراسات حول الجنس إذ دفع السلطات العمومية إلى جعل الجنس موضوعا للدراسة. في الغرب، درس الجنس انطلاقا من منظور المتعة، كما فعل كينزي في 1948  عندما حقق دراستين كبيرتين حول الرجال ثم النساء بخصوص "الأورغازم" أو الذروة الجنسية، وكيف يصل إليها الأمريكي ومتى ومع من؟ والفرق بين المتدين وغير المتدين؟ وبين الأبيض والأسود؟ ... وكانت الدراستان محطة أساسية في الدراسات الإمبريقية لموضوع الجنس.

بدأت المرحلة الثانية في السبعينيات بعد اكتشاف موانع الحمل وتمت دراسة الجنس كخصوبة. ما علاقة الخصوبة بتحقيق الذات؟ كيف نربط بين الخصوبة والتنمية؟ كيف نجعل موانع الحمل في متناول الجميع كحق ضمن الحقوق الإنجابية؟

ثم في التسعينيات درس الجنس كخطر السيدا، وفي هده للحقبة اتجهت الدراسات نحو الجنس في المغرب كخطر سيدا أيضا. وقد أنجز المغرب دراسات عدة حول الخصوبة وموانعها كسياسية عمومية تبنتها السلطات العمومية. ولم نشهد في المغرب دراسات حول الحق في المتعة بشكل مباشر وبشكل مؤسساتي. هناك بعض الدراسات الفردية مثل دراساتي في السبعينيات والتي درست الموقف من المتعة والبكارة، ثم دراستي حول السلوكات الجنسية للشباب وعلاقتها بالمتعة.

لقد مررنا مباشرة إلى المرحلة الثانية إذ دخلنا في المغرب إلى منطق مالتوسي فعرفت البلاد مشكلة النمو الديمغرافي وكان علينا أن نحد من النسل وننظمه، وندخل مرحلة دراسات التنظيم العائلي، وفعلا درس الجنس من هذا الزاوية انطلاقا من نهاية الستينيات. أما في التسعينيات فدخلنا مرحلة دراسات حول الجنس وعلاقته بالسيدا ذلك بشكل مؤسساتي. طبعا استغل الفقهاء ظهور مرض السيدا للقول إن السيدا عقاب من الله ضد كل فاسد وفاسدة... وهو منطق غيبي معروف. فطيلة خمسة قرون عانت البشرية من مرض "السيفيليس"، واعتبرته الكنسية عقابا إلهيا نتيجة مفاسد البشر. المغاربة فعلوا نفس الشيء واعتبروا "السيفيليس" عقابا إلهيا لا شفاء منه إلى درجة أنهم أطلقوا عليه أسماء مثل "السلطان" و"الحي" في بعض المناطق... وهي أسماء تعني أن السفليس سلطان مطلق غير مقهور، حي دوما.

السيدا الآن هو بديل "سيفيليس" الذي قضي عليه بفضل اكتشاف "البنليسيلين". الآن انتقلنا إلى سلطان جديد هو السيدا. وفي الدراسات التي أنجزت في الموضوع ونشرت في كتابي "السيدا والجنس والاسلام"، ميزت بين أربع دوائر معرفية فكرية للحديث عن هذا الموضوع:

الدائرة الأولى هي أن جميع الأمراض الجنسية تسمى بمفهوم البرد: البرد. يجعل كل مرض يتحول من سيلان وسيفيليس إلى سيدا أو العكس دون أن يميز المغربي العادي أن لكل مرض جرثومة أو فيروس خاص به.

الدائرة الثانية هي الفساد: فالأمراض الجنسية تفسر هنا انطلاقا من مفهوم الفساد أي كل علاقة شاذة سوية وغير شرعية.

الدائرة الثالثة هي الدائرة الإلهية التي ترى في كل مرض شرا يسلطه الله على عباده الفاسدين ليعاقبهم وليمتحنهم وليدفعهم إلى العودة إلى الصلاح.

الدائرة الرابعة مرتبطة بالقرب الجسدي، فاستعمال الأدوات ذاتها التي يستعملها المصاب بالسيدا أو استنشاق الهواء نفسه يؤدي إلى الإصابة بالمرض.

 

الفقهاء يرفضون النصح باستعمال العازل الطبي

قمت بدراسة في 1997 ونشر سنة 2000، حاورت بعض الفقهاء بفاس، ونظمت معهم مجموعات بؤرية كمنهجية سوسيولوجية لتشخيص موقفهم من استعمال الغشاء الواقي قصد تجنب الإصابة. وقلت لهم إن العلاقات قبل الزواج قائمة ولا شك في وجودها، فما هو الأفضل: علاقات جنسية قبل زوجية محمية بفضل الغشاء الواقي أم علاقات غير محمية؟ رفضوا السير في هذا الدرب. بالنسبة إليهم، القول باستعمال الغشاء الواقي تشجيع على الزنا وحماية له.

أنا اعتقد أن حماية الصحة العمومية تستدعي أن نسير على درب دليل أبو بكر، إمام مسجد باريس، الذي قال للشباب: "استمسكوا، لكن إن لم تستطيعوا، استعملوا الغشاء الواقي". أكثر من هذا، هناك مساجد في سويسرا توزع الغشاء الواقي مجانا على الشبان المصلين.

هناك إذن اجتهاد وفقا لقواعد أصولية تقول إن المسلم عندما يجد نفسه أمام محظورين فعليه أن يختار أقلهما ضررا. فقهاؤنا رفضوا كل هذا، وقالوا بالعكس، قالوا نحن نريد أن يصاب الزاني والزانية بالسيدا ليخاف ويرجع إلى الله ويكون عبرة للآخرين. في حين أن كل الدراسات التي أنجزتها منظمة الصحة العالمية خلصت إلى أن القول بالاستمساك قول غير واقعي. لهذا تقول وزارة الصحة في المغرب أن وسائل الوقاية هي الإمساك والإخلاص والغشاء الواقي. هناك عدم انسجام بين وزارة تقول بالغشاء الواقي أيضا ووزارة ترفض الغشاء في حالة العزاب. وهنا نطرح السؤال عن سياسة جنسية منسجمة داخل حكومة منسجمة. أم أن كل وزارة ترضي طرفا من الأطراف المتصارعة حول هده القضية في المجتمع المغربي؟ لنذكر هنا أن الدراسات أثبتت أن الدعوة إلى الغشاء الواقي الطبي في إطار تربية جنسية منسجمة يؤجل بداية النشاط الجنسي عند المراهقين ويؤخره.          

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 11:05

 

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Féminismes islamiques et antiféminismes islamistes au Maroc1

 

      

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

  

 

 

 

 

 

   

 

 

 

      

 

 

 

 

 

 

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Communication présentée à l’atelier, « Femmes, islam et participation politique » organisé par Carneigie Middle East Center et IDRC (Canada), Rabat, 16 novembre 2009 (en cours de publication). Une version arabe de ce texte a été publiée le 21 février 2010 par la revue électronique Al Awan (Le Caire). En voici le lien : http://www.alawan.org/%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%B1%D8%A3%D8%A9-%D9%81%D9%8A-%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%BA%D8%B1%D8%A8.html

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A. Dialmy : "Féminisme et islamisme" : deux mouvements sociaux ? ”, communication au colloque “ La femme dans le contexte de l’islam actuel ”, Université de Géronne, Géronne (Espagne); 10-12 Novembre 1994, publié dans Femmes et discours entre la mouvance et l'enracinement, Publications de l'Université Moulay Ismaïl/Tanit, 1994 (en français) et dans Social Compass, Revue Internationale de Sociologie de la religion, Louvain-La-Neuve, volume 43 (4) 1996, pp. 481-501 (en français). Voir également notre livre Féminisme, islamisme et soufisme

, Paris, Publisud, 1997, pp. 131-184.

3 Le féminisme d'état est une notion que j'ai proposée en 1990 dans une communication présentée à la conférence "Culture et société dans le Maghreb Arabe". Cette conférence a été organisée par le Conseil National de la Culture Arabe entre le 12-14 septembre 1990 à Rabat. Le titre de ma communication (en arabe) est "De la raison

Pr. Abdessamad Dialmy

Par féminisme marocain, j’entends l'ensemble des discours, des savoirs, des actions et des pratiques qui visent à mettre fin à la domination masculine, et ce en réalisant une égalité des droits entre les deux sexes.

Par islamisme, j’entends l’ensemble des discours, des savoirs des actions et des pratiques qui subordonnent l’exercice du pouvoir politique à l’islam et qui font de celui-ci la source principale, voire l’unique source, des lois qui régissent le fonctionnement de l’Etat et de la société.

Afin d’actualiser l’étude des rapports entre féminisme et islam politique quinze après mes premiers travaux sur la question

 

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, je propose d’abord d’identifier les visages du féminisme marocain, d’exposer ensuite les différentes postures conjoncturelles de l’islam politique à l’égard de la question féminine, de conceptualiser enfin les résistances structurelles de l’islam politique au féminisme. L’enjeu de ce papier peut se résumer dans le syllogisme suivant : le féminisme est défense de l’égalité des sexes, l’islamisme rejette l’égalité des sexes, donc l’islamisme n’est pas féministe.

I-

 

Visages du féminisme marocain

En tant que mouvement organisé, le féminisme marocain s'est exprimé sous trois formes majeures, étatique (féminisme d'état

 

3), partisane et associative.

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sexuelle maghrébine", publiée dans la revue

 

Al Wahda

, n° 86, novembre 1991. J'ai forgé la notion de féminisme d'état pour conceptualiser la promulgation par Bourguiba d'un code de famille (Majalla) moins inégalitaire dans un pays musulman non-laïc comme la Tunisie. Bien entendu, l'expression peut être étendue au cas turc. Dans cette communication, j'ai également proposé la maghrébinisation de la Majalla tunisienne comme un minimum de féminisme d'état permettant de contribuer à l'unification du Maghreb. L'UMA venait d'être fondée.

I-1 Le féminisme d’Etat

Ce féminisme d’Etat s’est d’abord manifesté dans le droit de la famille. Il s’est fondé sur le paradigme de l'inapplication (du droit musulman). Pour ce féminisme, l'inapplication de l’islam (ou l’inobservance, voire la violation et la trahison) est, au lendemain de l’indépendance en 1956, attestée par les mariages précoces et arrangés, la nécessité pour l'épouse de se doter d'un trousseau, l’appropriation de la dot par le père, la limitation du pouvoir de l'épouse sur la gestion de sa fortune, la polygamie sans conditions, la cohabitation forcée des coépouses, la répudiation triple simultanée par une simple parole… L'établissement du code de statut personnel en 1957 a alors répondu au besoin d'appliquer le "véritable" islam en matière de mariage et de famille pour préserver les droits de la femme. Et au besoin d'innocenter l'Islam des injustices subies par la femme dans une société marocaine qui aurait patriarcalement (més)-interprété et (mal) appliqué l'islam. Ce faisant, le féminisme d’Etat n’a pas adopté en la matière le principe de l’égalité des sexes, mais celui de l’équité. Pour lui, l’équité est de garantir à chaque sexe les droits qui lui sont reconnus par la

 

Shari’a. Rappelons ici que la Shari’a

telle qu’elle exprimée explicitement dans le Coran et la Sunna octroie des droits différents aux hommes et aux femmes. A chaque sexe des droits (conjugaux) spécifique.

C’est dans le domaine politique que l’égalité des sexes a été décidée par le féminisme d’Etat. Dans la première constitution du Maroc en 1962, hommes et femmes sont déclarés citoyens, électeurs et éligibles à égalité, sans discrimination. Le féminisme d’Etat s’est enfin manifesté dans l’adoption de la planification familiale en 1966 comme politique publique. Cette politique a progressivement libéré la femme marocaine de l’impératif nataliste maximal qui la réduisait à n’être qu’un « coffre à grossesses ».

I-2 Le féminisme de gauche

Les années 1970 sont marquées par le passage du paradigme de l'inapplication à celui de l'insuffisance. Ce dernier signifie que les droits explicitement reconnus à la femme par l'Islam sont « implicitement » déclarés insuffisants eu égard à l’évolution de la condition de la femme et de la société. Certes, la section féminine USFP demande en 1975 que l'on révise le

 

3

CSP conformément aux principes de la religion musulmane. Mais ce slogan (du respect des principes de l'islam) est en fait une invite à dépasser la littéralité des textes afin d'obtenir des droits inédits, non initialement prévus par les textes de la

 

Shari'a (Coran et Tradition), mais qu'on définit comme non contradictoires les finalités stratégiques de la Shari'a. Parmi les droits inédits, revendiqués4

par l’USFP pour pallier l'insuffisance explicite de l’islam, l'appel à traiter la femme majeure comme l'homme majeur et à assurer l'égalité des époux devant tous les droits, à supprimer la tutelle matrimoniale, à interdire la polygamie, à transformer toute dissolution de mariage en divorce judiciaire. Plus loin encore, le rapport idéologique de 1975 demande la suppression de l'entretien unilatéral, c'est à dire la fin de l'entretien de l'épouse par le mari et l'implication de l'épouse dans l'entretien du foyer. Cela signifie soit la nécessité (pour l’Etat de garantir un revenu à toute épouse soit la nécessité de considérer le travail domestique de l’épouse comme une forme d’entretien de la famille. C’est là une manière de mettre fin au principe de l’obéissance de l’épouse, fondé sur le devoir d’entretien qui incombe à l’époux seul.

4 USFP. Documents. Rapports sur la femme, 1975, pp. 11 et 14.

Ce féminisme est islamique dans le sens où l’égalité des sexes est la finalité première, posée comme compatible avec l’esprit et l’intentionnalité stratégique de la

 

Shari’a. Dans ce cadre, l’ijtihad

devient, à côté de l’instance législative parlementaire, un moyen d’y parvenir. Mais la mise en oeuvre de ces revendications a été négligée. Ces revendications quasi-révolutionnaires (pour l'époque) ne sont pas reprises par le groupe parlementaire de l'USFP. Celui-ci ne propose pas de réviser le CSP et accorde peu d'importance à la lutte juridique dans la libération de la femme. L’USFP estime que la lutte juridique fait partie du féminisme et, à l'image du PPS, rejette le féminisme comme étant une théorie bourgeoise de l'antagonisme entre l'homme et la femme. Les deux partis estiment que la libération de la femme est une conséquence de la fin du capitalisme. En présentant le socialisme comme la véritable solution (générale), l'importance est davantage accordée à la lutte de la femme en tant qu’ouvrière.

C’est plutôt le groupe parlementaire du RNI (Rassemblement National des Indépendants) qui, en 1979, demande la révision du CSP, mais sans exiger l’égalité des sexes. Pour l’ensemble des partis, politiques, les femmes sont avant tout le "harem du parti", c’est à dire une réserve de voix électorales. Sur le plan organisationnel, les femmes ont été quasiment exclues des instances dirigeantes. De même, la question de l’égalité des sexes n’a jamais eu de priorité dans les divers agendas partisans. Il faut reconnaître ici que, pour les partis

 

4

politiques ayant une représentation populaire dans les années 1960-1970, l’enjeu premier était de mettre fin à la répression politique, d’arracher au pouvoir le droit à la participation dans la gestion de l’Etat. La question féminine n’était pas en effet prioritaire pour des partis politiques soucieux d’établir les prémisses minimales et élémentaires de la démocratie.

I-3 Le féminisme associatif

Face à la « lenteur » partisane, les femmes militantes ne pouvaient que se sentir non véritablement représentées au sein des partis et par les partis. Aussi assiste-t-on à un glissement progressif des femmes vers l’organisation associative. Certes, certaines de ces associations constituent un prolongement féminin-féministe de certains partis politiques. Ce type associatif partisan est en fait une autonomisation organisationnelle des sections féminines des partis politiques (ADFM en 1985, UAF en 1987, OFI en 1987). Mais d’autres associations ont vu le jour sans avoir aucun enracinement politique partisan et sont complètement libres de toute tutelle partisane, à l'image de l'Association Féminine des Femmes Progressistes (1992), l'Association Marocaine des Droits de la Femme (1992)… Un discours nouveau voit le jour, celui des droits des femmes en tant que droits humains.

Il faut donc voir dans l'organisation associative du mouvement féministe un passage à la démocratie participative, suite à l'échec de la démocratie représentative, les femmes étant largement exclues et marginalisées dans toutes les structures politiques. Les femmes prennent en main la question féminine dans des associations féministes, au sens défini plus haut, c'est-à-dire en tant que lutte pour l’égalité des droits entre les sexes. Ce faisant, certaines associations féminines ne peuvent pas être classées comme féministes, leur horizon de pensée et d’action ne dépassant pas la justice et l’équité, c'est-à-dire des droits différentiels pour les deux sexes (c’est le cas de l’islam politique comme on le verra plus loin).

Pour le féminisme associatif, il s'agit avant tout de faire pression sur l’Etat afin de réviser le Code du Statut Personnel (CSP), et ce en conformité avec les principes égalitaires de la CEDAW. Mais tout en adoptant le paradigme de l’insuffisance de l’islam (en matière de droits des femmes), le féminisme associatif n’a adopté que la voie de la réforme par l

 

’ijtihad. Aucune association féministe ou des droits de l’homme n’a opté pour la sécularisation du droit de la famille afin d’être « politiquement correcte » et audible. Dans ce sens, le féminisme associatif est également islamique dans le sens où l’égalité des sexes comme

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finalité suprême est recherchée au nom de l’islam par le biais de l’ijtihad. Celui-ci est censé dépasser l’inégalitarisme du sens littéral des textes sacrés.

Dans le cadre de l’option réformiste par l’« ijtihad », comme seule option politiquement correcte, l'année 1992 peut être considérée comme une année charnière. Elle a vu l’organisation d'un colloque National sur le CSP le 17 avril, la constitution d'un Comité de Coordination National (qui regroupe l’UAF, la section féminine de l'USFP, l’Association Féminine des Femmes progressistes, l’Association Marocaine des Droits de la Femme, l’AMDH), la campagne d'un 1 million de signatures pour la réforme du CSP, et la soumission d'une proposition de réforme du CSP au parlement. Cette proposition revendique le contrôle de la polygamie par le juge, la transformation de la dissolution du mariage en divorce judiciaire, l’institution d’un Conseil Supérieur de la Femme, la promulgation de textes constitutionnels pour affirmer les droits politiques, économiques sociaux et culturels des femmes.

Ce féminisme associatif aboutit à une première réforme du code du statut personnel en 1993 qui ne le satisfait pas

 

5. Puis, grâce à une coalition entre l’étatique (gouvernement d’alternance), le partisan et l’associatif, le Plan National d’Intégration de la Femme au Développement voit le jour en 1999. Parmi les objectifs principaux du PNIFD6

:

5

A. Dialmy : Logement, sexualité et islam

, Casablanca, Eddif, 1995, pp. 243-264.

6

 

Voir mes articles sur le PNIFD : 1) « Un front islamique contre le féminisme du gouvernement d'alternance », Al Ahdath al Maghribiya, août 1999 (en arabe), 2) « Le Plan National d’Intégration de la Femme au développement, une épreuve, un défi » Bayane al Yawm (Casablanca), n° 3017, 22 mars 2000 (en arabe), 3) « Le Plan National d’Intégration de la Femme au Développement ne contredit pas l’esprit de l’islam», Al Ittihad al Ichtiraki

(Casablanca), 25 avril 2000 (en arabe).

- élever l’âge du premier mariage de la jeune fille à 18 ans.

- supprimer la tutelle matrimoniale.

- enregistrer l'enfant naturel sous le nom de famille de sa mère.

- transformer toute dissolution de mariage en divorce judiciaire.

- abolir la polygamie.

- partager des biens accumulés au cours de la vie conjugale lors du divorce.

 

6

II- L’antiféminisme de l’islamisme

Face à ce féminisme trièdre, l’islam politique promulgue des

 

fatawi qui accusent les forces féministes d'apostasie et d'athéisme. Il profère des menaces de mort contre des chercheurs en matière d’égalité des sexes7. Il refuse le PNIFD et organise une marche antiféministe à Casablanca en mars 2000. Le PNIFD est présenté comme anti-islamique à l’opinion publique, les islamistes demandent à ce que ce plan soit soumis à un référendum populaire. L’aile radicale islamiste va même jusqu’à refuser l’arbitrage du Roi, proposé par le premier ministre. Nadia Yassine déclare en effet : « nous ne voulons recourir à personne pour arbitrer… nous nous référons au Coran et à la Sunna ». De son côté, Soumia Benkhaldoun8

reproche au PNIFD l’absence du référentiel islamique. Elle affirme que pour le PNIFD seules les conventions internationales sont susceptibles de préserver les droits des femmes. Pour elle, l’islam n’est pas en contradiction avec les conventions internationales. Pire, affirme-t-elle, les conventions internationales « comportent des dérives, notamment sur les limites de droits de l’individu ». Elle critique le PNIFD qui demande l’abolition de la polygamie : « pour nous, affirme-t-elle, la polygamie peut présenter une solution et pas un problème pour certaines familles qui ne souhaitent pas le divorces ».

7

A titre d’exemple, une campagne fut menée par l’association Al Issalah wa et-Tajdid et par le Parti de la Justice et du Développement contre mon enquête qui a porté sur « Identité masculine et santé reproductive au Maroc ». En effet, la presse de ces deux organisations, notamment l’hebdomadaire Al-Tajdid dans son numéro du 5 avril 2000, consacra un article à l’enquête. Dans cet article, le ministère de l’Education Nationale est accusé de protéger le « communisme sexuel » parce qu’il a délivré l’autorisation à une enquête dont le questionnaire est « sans pudeur et licencieux ». Dans le même article, une lettre, en encadré, signée par le chef du groupe parlementaire du PJD, demande au ministre de l’Education Nationale de m’interdire de distribuer ledit questionnaire dans les établissements scolaires. Dans le même numéro de Al-Tajdid, un autre article critiquait mon livre qui venait de sortir, Vers une démocratie sexuelle islamique (en arabe), et l’exploitait pour « prouver » le caractère « nocif » et « destructeur » de mon questionnaire. Dans le numéro du 19 avril 2000 de Al-Tajdid

, un autre article est consacré à la même enquête sous le titre suivant : « Les aspects idéologiques du questionnaire d’Abdessamad Dialmy ».

8

 

Lors d’une conférence sur les droits de la femme au Maghreb, Vendredi 28 Novembre 2003 à l'Institut du Monde Arabe

Tout discours sur l’islam politique au Maroc se doit de distinguer entre trois tendances : un islam politique radical (clandestin violent, non reconnaissant du Roi comme Commandeur des Croyants), un islam politique semi-intégré (semi-clandestin, semi-violent, ne reconnaissant pas le Roi comme Commandeur des Croyants), un islam politique intégré (légal, non-violent, reconnaissant le Commandeur des Croyants).

 

7

Comment ces trois islams politiques se positionnent-ils à l’égard de l’égalité des sexes ? En d’autres termes, quel est le degré de féminisme de ces trois types de l’islamisme marocain?

II-1 L’islamisme radical

Pour l’islamisme radical, dès les années 1990, les femmes sont devenues une cible à agresser, physiquement. Selon la presse marocaine, plusieurs agressions physiques ou verbales ont été perpétrées contre des femmes se promenaient les cheveux et le visage découverts dans les villes de Rabat, Fès ou Casablanca. Le quotidien "Libération" a recensé « cinq agressions de jeunes femmes » pour des raisons vestimentaires.

Selon l’islamisme radical, rigoriste, pur et dur, les femmes, ces « objets de tentation », doivent être cachées du regard de l’homme, et ce par le biais d’un voilement total de leur corps. L’agression physique contre ces femmes « provocatrices » fait partie du « taazir », réprimande et coups. Ce taazir prophylactique est censé pousser les femmes vers un comportement moral.

Interrogé sur la justesse du combat des « milices islamistes », Abou Hafs, fervent théoricien de la Salafia Jihadya, avait répondu : "la vérité c’est que les jeunes sont écoeurés par la débauche des quartiers où s’activent au su et au vu de tout le monde les mafias de la prostitution et de l’alcool". Pour Al Fizazi, l’islam est la religion de l’égorgement et de la terreur. Aussi la musique, la danse et le chant sont une perversion à ses yeux. Quant à Zakaria Miloudi, du Sirat al Mutaqim, il était marié à quatre femmes, dont trois selon un mariage oral, sans contrat administratif.

Pour tous ces islamistes radicaux

 

9, l’application mécanique stricte du Coran et du Hadith en matière des droits des femmes est la seule posture acceptable. CSP, Code de la famille, constitution, sont à leurs yeux athéisme et apostasie. Ils vouent une haine farouche à la femme indépendante10

et appellent à écarter la femme de la vie publique. D’une manière totale et systématique.

9

Voir à leur propos A. Dialmy : « Le terrorisme islamiste au Maroc », Londres, Social Compass

, Volume 52, N° 1, mars 2005. pp. 67-82

10 A. Dialmy : « Les antinomies de la raison islamo-féministe », Londres, Social Compass, 50 (1), 2003, pp. 13-22.

 

8

II-2 L’islamisme semi-intégré

 

Par islamisme semi-intégré, nous renvoyons à l’association « Justice et Bienfaisance » (

Al Adl wa al Ihsane) qui dispose dans son organisation d’une section féminine (Al Qitaa Al Nisaii) . A propos de la question féminine, Nadia Yacine11 écrit : « de plus en plus se pose la question essentielle de savoir si ce sont les textes originels, en l’occurrence le Coran et la Sunna qui cautionnent l’infériorisation des femmes? Ou bien est-ce justement notre éloignement de ces sources qui a fait que cette infériorité évidente soit mise sur le compte de l'Islam»? Pour elle, nul doute que les Musulmans se sont éloignés de l’esprit des lois islamiques. « La rupture politique représentée par le coup d’état Omeyyade a inhibé la dynamique de libération instaurée par l’enseignement du Messager… Au lieu de jouir des droits attribués par les textes originels, la femme se retrouva prisonnière de la jurisprudence basée sur « sad al darai » (qu’on peut traduire littéralement par jurisprudence « bouche-trou») ». Dans le même ordre d’idées, Nadia Yacine affirme que la résurgence de pratiques tribales a été « maquillée » par une certaine jurisprudence afin de les légitimer. La claustration des femmes musulmanes au nom de l’islam a été faite pour souligner leur distinction des femmes esclaves et de basse condition : « enfermer la femme pour mieux la protéger, telle était la devise », affirme N. Yacine. Pour lutter contre cet éloignement, N. Yacine appelle à

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 22:35

 

 

« Je suis enceinte », lui lança-t-elle.

Ahmed était abasourdi. Fallait-il que ça lui arrive ? Et avec une fille vierge en plus. Il savait que, tout en étant non dépucelée, une fille pouvait tomber enceinte suite à des rapports sexuels extérieurs, sans pénétration. En lançant sa phrase, Amina signifiait à Ahmed que c’était lui le responsable. Pas un moment, Ahmed n’essaya de chercher des preuves, de se disculper, de dire que ce n’était pas lui. II était comme ça, il croyait les gens sur parole.

Ahmed et Amina sortaient ensemble depuis à peine un mois. En fait, sortir ensemble dans une ville comme Fès signifie se rencontrer en cachette, se retrouver dans l’appartement d’Ahmed. « Fès est un miroir », dit le proverbe. Tout se sait dans cette ville, rien ne peut rester caché. Amina appartenait à une famille fassie, bourgeoise. Elle habitait avec ses parents. Le matin, elle allait à l’université et ne rentrait chez elle que le soir, vers 18h30. Pendant la journée, elle suivait ses cours, prenait un sandwich à l’université. Aux heures creuses, elle pouvait aller dans un café, en ville. Quand elle rencontra Ahmed, elle préférait aller chez lui pour que son image reste intacte, sa réputation sauve. A la différence des étudiantes qui venaient d’ailleurs, et qui habitaient la cité universitaire, les étudiantes originaires de la ville étaient plus prudentes, moins libres de leurs mouvements. A tout moment, elles risquaient de rencontrer un membre de la famille, un voisin…

Ahmed crut Amina sur parole. Il savait, en l’embrassant la première fois, qu’elle n’avait jamais embrassé un homme avant lui. Elle tremblait. De par son expérience, il était sûr qu’Amina était vierge dans le sens où elle n’avait eu aucun rapport sexuel avant de le rencontrer. Ahmed avait entrepris de l’initier aux choses de l’amour, de réveiller son corps dompté par une éducation conservatrice qui fait du sexe une chose honteuse, ne devant être pratiqué qu’avec la bénédiction familiale. Pour elle, comme pour toute fille de bonne famille aveuglée par l’éducation antisexuelle dominante, le mariage, c’est le permis. Sans ce permis, pas de droit au sexe. Il a fallu à Ahmed des heures de discussion pour expliquer à Amina que l’on peut faire l’amour sans que la fille soit déflorée. A la fin, elle céda non pas par désir, mais par curiosité, et surtout pour faire plaisir à Ahmed. Il lui plaisait. Aucune précaution contraceptive n’était prise puisque les rapports se faisaient sans pénétration vaginale, entre les grandes lèvres.

C’est ainsi qu’Amina se retrouva enceinte. Elle était choquée. Elle avait peur. Elle ne savait que faire, que dire. Pour Ahmed, il n’était point question de se marier à cause d’une grossesse involontaire. Pire, il rejetait même le principe du mariage. D’un autre côté, sa conscience ne lui permettait pas de se débiner. Il aurait pu envoyer balader Amina, nier tout, tout en sachant que c’était lui. Amina n’avait aucune preuve qu’elle était enceinte de lui. Le test ADN était encore inconnu au Maroc, pas prévu par la loi dans ces cas.

« On va trouver un médecin qui va te débarrasser de ça », dit Ahmed. Pour lui, c’était l’unique solution. Pour elle aussi, malgré le fait qu’elle était très croyante, et surtout convaincue que l’avortement était « haram ». Sa peur du scandale était plus grande que sa peur de Dieu. A ses yeux, Dieu est plus compréhensif que ses parents et son entourage. A ses yeux, Dieu lui pardonnera. Pas ses parents. La peur d’être stigmatisée, rejetée, bannie était également plus forte que le risque d’être arrêtée pour avoir enfreint la loi. Plus forte également que le risque de saigner, de mourir. Ahmed et Amina discutèrent de tout cela et tous deux étaient d’accord qu’un avortement était la solution la plus simple.

Des connaissances indiquèrent à Ahmed un médecin connu pour faire ce genre d’opération dans ce genre de situation. C’était un généraliste privé établi dans un quartier plus ou moins populaire. Le médecin demanda 300 DHS pour faire l’avortement. A l’époque, en 1977, c’était une somme importante. Ahmed n’avait pas le choix. En plus, le médecin l’informa qu’il devait signer un papier où il reconnaît être le commanditaire de l’opération. En d’autres termes, Ahmed reconnaissait par ce papier qu’il était fornicateur, père biologique, et complice d’un avortement, une opération illégale, sévèrement punie par la loi. Ahmed accepta toutes ces conditions, convaincu de la nécessité de faire son devoir, de sauver sa petite amie du déshonneur.

Il informa Amina de toutes ses démarches et lui assura que tout se passera bien. Ils étaient dans l’appartement d’Ahmed, assis l’un à côté de l’autre, complices. Ahmed prit la main d’Amina. Puis il enlaça Amina et commença à l’embrasser, à caresser tout son corps. Il la déshabilla petit à petit. Il était très excité. Il dit à Amina :

-« Maintenant que tu vas te faire avorter, il ne sert à rien que tu restes vierge. Tu ne le seras plus après l’avortement ».

-« Je sais, dit-elle, mais je préfère perdre ma virginité dans l’opération ».

-« C’est bête, rétorqua Ahmed. Pourquoi ne pas la perdre maintenant. Pourquoi ne ferions-nous pas l’amour complètement ? N’est-ce pas plus logique ? Ne m’aimes-tu pas »?

-« La question n’est pas là », dit Amina.

Elle repoussa Ahmed. Celui-ci la regardait, étonné. Amina continua :

-« Je ne serai pénétrée que par mon mari. Après le mariage donc, jamais avant », trancha-t-elle.

Ahmed comprit que, pour Amina, la virginité réside moins dans un hymen intact que dans le fait de ne pas être pénétrée. Tout ce qu’elle a pu lui donner comme plaisir était à ses yeux sans importance du moment qu’elle n’était pas pénétrée. Ce n’est qu’un jeu, plus ou moins permis par la société, et par sa morale hypocrite. Etre déflorée suite à un avortement forcé sauvegardait sa virginité, son honneur. Amina affirma qu’elle continuera à se percevoir comme vierge, comme pure, son corps n’ayant pas été sali par un sexe illégal. Tant que ce sexe illégal reste à l’extérieur de son sexe, elle se sentira vierge, morale.

En entendant Amina développer ce raisonnement, Ahmed était dégoûté par cette vérité subjective qui tire sa force de l’hypocrisie sociale régnante. Certes, il comprenait, mais il ne pouvait accepter qu’Amina préfère être déflorée lors d’un geste médical sordide. Il ne pouvait plus aimer Amina. L’amour, c’est aussi une communion d’idées, de principes, et de valeurs.

Le jour de l’opération, Amina devait être à jeun. Elle ne prit donc pas son petit déjeuner. Pour se justifier, elle dit à ses parents qu’elle jeunait pour rattraper les jours non jeunés lors du ramadan précédent. Pour ses parents, c’était une action pieuse, louable. Amina était l’objet de leur admiration. Belle, studieuse, pieuse, sérieuse, un modèle de jeune fille. Jamais ils ne pouvaient concevoir qu’elle couchait, et encore moins qu’elle était enceinte. A sept heures et demie du matin du jour J, Amina quitta la maison, mine de rien, comme d’habitude. Pour ses parents, elle allait à l’université. Elle prit un taxi qui l’emmena au cabinet du médecin. Ahmed y était déjà. Devant Amina, il paya le médecin et signa le papier. Le médecin lui demanda de revenir vers midi. Il regarda Amina. Celle-ci, tête baissée, n’osait regarder personne en face. Elle se sentait salie, déshonorée, coupable… Ahmed avait beau essayer auparavant de lui dire que le plaisir est un droit sexuel des célibataires, rien n’y faisait. Elle vivait sa grossesse involontaire comme un châtiment divin qui la punissait d’avoir forniqué.

A midi, Ahmed revint au cabinet médical. Amina était dans une petite salle, seule, affaiblie, pâle, à peine réveillée de l’anesthésie générale. Tout s’était apparemment bien passé. Ahmed lui demanda comment elle se sentait. « Bien, répondit-elle. Mieux ». Il ne pouvait pas la laisser quitter le cabinet médical toute seule, chercher un taxi... Ils sortirent ensemble du cabinet médical. Ahmed l’aida à monter dans la voiture et la ramena chez lui. Là, elle se reposa, mangea quelque chose, reprit ses forces. Vers six heures, elle partit. Ahmed et Amina ne se dirent pas au revoir. Ils ne décidèrent pas de se revoir.

Amina rentra chez elle. Pour ses parents, elle revenait de l’université, comme d’habitude. A leurs yeux, une journée ordinaire, comme tant d’autres.

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 12:37

1.    قلت إن النساء، من جهة أنهن والرجال نوع واحد في الغاية الإنسانية، فإنهن بالضرورة يشتركن وإياهم فيها [في الأفعال الإنسانية]، وإن اختلفن عنهم بعض الاختلاف، أعني أن الرجال أكثر كداً في الأعمال الإنسانية من النساء، وإن لم يكن من غير الممتنع أن تكون النساء أكثر حذقاً في بعض الأعمال، كما يُظَن ذلك في فن الموسيقى العملية، ولذا يقال إن الألحان تبلغ كمالها إذا أنشأها الرجال وعملتها النساء. فإذا كان كذلك، وكان طبع النساء والرجال طبعاً واحداً في النوع، وكان الطبع الواحد بالنوع إنما يقصد به في المدينة العمل الواحد، فمن البين إذن أن النساء يقمن في هذه المدينة بالأعمال نفسها التي يقوم بها الرجال. إلا أنّه بما أنهن أضعف منهم فقد ينبغي أن يكلفن من الأعمال بأقلها مشقة  «، ابن رشد، الضروري في السياسية: مختصر كتاب السياسة لأفلاطون، نقله عن العبرية د. أحمد شحلان، بيروت، مركز دراسات الوحدة العربية، 1998، ص 124.

2.   » ... فذلك دليل أن الأنثى تفعل هي أيضا نفس ما يفعله الذكر. وإنما زالت كفاية النساء في هذه المدن (= مدن الأندلس) لأنهن اتُّخذن للنسل وللقيام بأزواجهن، وكذا للإنجاب والرضاعة والتربية، فكان ذلك مبطلاً لأفعالهن (الأخرى). ولَمّا لم تكن النساء في هذه المدن مهيئات على نحو من الفضائل الإنسانية، كان الغالب عليهن فيها أن يشبهن الأعشاب. ولكونهن حملاً ثقيلاً على الرجال صرن سبباً من أسباب فقر هذه المدن. وبالرغم من أن أنهن فيها ضِعف عدد الرجال، فإنهن لا يقمن بجلائل الأعمال الضرورية، وإنما ينتدبن في الغالب لأقل الأعمال، كما في صناعة الغزل والنسج، عندما تدعو الحاجة إلى الأموال بسبب الإنفاق، وهذا كله بين بنفسه«، ابن رشد، الضروري في السياسية، ص 125.

3.   »وإذ قد تبين أن النساء يجب أن يشاركن الرجال في الحرب وغيرها، فقد ينبغي أن نطلب في اختيارهن الطبع نفسه الذي طلبناه في الرجال، فيربين معهن على الموسيقى والرياضة«، الضروري في السياسية ص 126.

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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 13:11

 

C’était en 1976, à Casablanca, par une journée claire, belle. Il faisait un temps radieux. Ahmed et Elisabeth sont allés manger du poisson au restaurant du port. Après le repas, ils sont partis au parc de la ligue arabe, question de voir de la verdure. Ils étaient ensemble depuis quelques mois. Ils s’aimaient. Tous deux étaient professeurs dans un même lycée. Elle, anglaise, était professeur d’anglais, lui, professeur de philosophie.

Ils s’installèrent sur un banc. Tout autour, des enfants jouaient, des mères tricotaient et papotaient, des gens passaient leur chemin, d’un pas lent. Les oiseaux gazouillaient dans les arbres. L’ambiance était simple, innocente. A un moment, Elisabeth posa sa tête sur l’épaule d’Ahmed, dans un élan de tendresse. Ils restèrent comme ça pendant un long moment, sans rien dire, ne pensant ni à se prendre par la main, ni à s’embrasser. Ils n’étaient même pas enlacés, juste une tête de femme sur une épaule d’homme. Un moment de recueillement, d’une prière qui ne dit pas son nom, un moment mystique.

Des coups de sifflet retentirent, stridents, rompant le charme et la quiétude du moment. Ahmed pensa que c’était un gardien du parc qui tentait d’empêcher les enfants de couper les fleurs ou de jouer sur le gazon. Il ne pensa même pas à chercher des yeux le gardien. Les coups de sifflet se rapprochaient du banc sur lequel étaient assis Ahmed et Elisabeth. C’était effectivement un gardien du parc qui se dirigeait vers eux. Un vieil homme, plus de soixante dix ans, portant un uniforme fané, un képi. Très probablement un ancien militaire ayant fait la guerre d’Indochine. Avec colère, il interpella le couple dans les termes suivants : « pourquoi vous faites l’amour » ? Son français de soldat marocain enrôlé dans l’armée française ne l’aidait pas à exprimer son accusation de manière précise, mais cela lui importait peu. Pour lui, l’essentiel était de préserver l’ordre public, et plus exactement de montrer qu’il était le responsable de cet ordre, dans son royaume, dans son « parc », celui de la ligue arabe. C’est ainsi qu’il interprétait sa fonction. Il se sentait investi de la mission de défendre la morale sexuelle islamique telle qu’il la comprenait, telle qu’elle lui a été inculquée dans la famille et à l’école coranique. Une tête de femme sur une épaule d’homme, c’était, selon lui, une transgression de l’ordre islamique, une atteinte à la pudeur publique, voire une incitation à la débauche. Ahmed sourit. Elisabeth ne comprit pas la question du gardien du parc. Ahmed traduisit la question à Elisabeth de manière littérale : « why are you having sex » ? Elisabeth était éberluée. Ahmed répondit au gardien : « qu’entendez-vous par faire l’amour. Nous ne faisons pas l’amour. Nous sommes juste assis. La tête de mon amie sur mon épaule, ce n’est pas ça faire l’amour. Savez-vous ce que c’est que faire l’amour » ? Ahmed faisait exprès de reprendre l’expression employée par le gardien. Puis Ahmed parla en arabe au gardien pour lui dire de s’occuper de ses affaires. Quand il découvrit qu’Ahmed n’était « qu’un Marocain », contrairement à son apparence physique, le gardien commença à gueuler. Il était plus outré et menaçait d’appeler la police. Plus sa voix montait, plus Elisabeth était abasourdie. Une troupe se forma autour du couple. Les mères, assises à proximité, intervinrent pour dire au gardien de maudire Satan, pour lui assurer que le couple ne faisait rien de mal. Il partit, défait. Ahmed et Elisabeth partirent aussi, juste après. Elisabeth ne comprenait pas qu’on puisse porter ainsi atteinte aux libertés individuelles, juste pour avoir manifesté un signe de tendresse. Depuis, quand Ahmed essayait de lui prendre la main en marchant sur la corniche, Elisabeth disait : « dans ton pays, pas de geste tendre dans les lieux publics, c’est interdit», mais elle se laissait faire, trouvant cette interdiction dénuée de sens. Ahmed était profondément convaincu qu’Elisabeth avait raison, et n’hésitait jamais à manifester sa tendresse par des gestes tendres dans les lieux publics, faisant fi d’une interdiction absurde, misérable.

Quatre ans après, à Paris, Ahmed rencontra Aïda, une jeune algérienne, étudiante. Elle était blonde, belle, élancée. Ils se rencontrèrent dans les jardins du Luxembourg. Après une demi-heure de discussion/séduction, assis sur un banc à l’écart, Ahmed et Aida commencèrent à flirter. Ils s’embrassaient et leurs baisers n’avaient rien de tendre. Obnubilés par le désir, plus rien n’existait autour d’eux. Soudain, une toux légère se fit entendre comme si quelqu’un essayait de s’éclaircir la voix. Ils levèrent la tête et virent un gardien, celui des jardins du Luxembourg. Il était gêné d’interrompre ce moment d’intimité et s’excusait presque, cela se voyait à sa mine. Il dit au couple : « je suis désolé, il est 7 heures, on doit fermer les portes». Ahmed sourit. Il se rappela la scène de Casablanca. Il commença à la raconter à Aïda. Le gardien voulait partir, par discrétion, mais Ahmed le retint. « Juste une minute, lui dit-il… cela vous montrera combien vous êtes en avance ». A la fin de l’histoire, le gardien était éberlué à son tour. « A Alger, c’est  la même chose ». affirma Aïda.   

Quatre ans séparent les deux scènes, celle de Casablanca et celle de Paris. Ahmed dit à Aida : « combien d’années, voire de siècles, séparent Casablanca et Alger de Paris ? Combien d’années faut-il pour avoir le droit de s’aimer en public, de manifester sa tendresse sans en avoir honte» ? Ils partirent compter ailleurs, sous le regard attendri du gardien…

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 12:16

Un vendredi de février 2010. Je conduisais et j’écoutais distraitement la radio.  Je ne sais plus quelle chaîne c’était, mais je compris que c’était une émission religieuse. Le faqih-consultant répondait aux questions des auditeurs. Parmi ces questions, une était à propos de la licéité de l’avortement dans le cas d’une grossesse due à une relation incestueuse. Bien sûr, le faqih-consultant affirmait que, même dans ce cas, l’avortement est illicite (sans préciser bien entendu que c’est uniquement selon le point de vue malékite). Plus loin, il s’indignait : « comment un homme peut-il coucher avec sa fille, sa sœur ou sa nièce. Et dire que même les animaux ne font pas ça » ? Comme preuve, il raconta une histoire que les «Ouléma connaissent tous », affirme-t-il.

C’est l’histoire d’une belle jument qui a mis au monde un poulain. Les deux étaient de race supérieure, d’une beauté extrême. Le propriétaire voulait sauver leur race et les poussait à s’accoupler pour se reproduire. A chaque tentative, le poulain refusait de monter sa mère. Ne renonçant pas, le propriétaire couvrit la mère pour que le poulain ne la reconnaisse pas. Alors le poulain coïta la jument. Après l’acte, le propriétaire découvrit la mère, et le poulain se rendit compte de l’inceste qu’il venait de commettre. Il se sentait tellement coupable qu’il se castra, affirma le faqih/consultant.

L’animatrice ne posa aucune question relative à cette histoire et la prit pour argent comptant. J’aurais aimé connaître les sources du faqih.

En écoutant cette histoire inimaginable, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à l’expression d’Olivier Roy, la « sainte ignorance ». Elle s’applique à merveille ici. Preuve d’une ignorance manifeste, cette histoire est transformée en modèle, puis sacralisée et sanctifiée par l’auditeur. Elle est transformée en vérité cautionnée par la science « suprême », le « ilm » et ses gestionnaires, les Ouléma. Elle devient un prêt-à-penser, l’ennemi de la raison et de l’ijtihad. Sanctifiée, l’ignorance est plus dangereuse.

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 18:56

Le samedi 11 août 2012… Ce jour, j’ai fait la marche la plus longue. C’était sur la baie d’Essaouira. L’une des baies les plus belles du monde, à ce que qu’on dit. Pour le moment, je ne saurais en disconvenir, du moment que je n’ai pas encore vu toutes les baies du monde. Et puis, je ne pense pas pouvoir, d’ici la fin, voir toutes les baies du monde. La baie d’Essaouira restera donc pour moi, et jusqu’à nouvel ordre, la plus belle baie du monde.

A l’allée, une marche de deux heures, je marchais dos au vent. C’était plus facile. J’ai rencontré par hasard le chercheur Abdelkader Mana, que je connaissais de nom. Lui m’a reconnu sans se souvenir de mon nom. On a donc marché ensemble, le long de la baie, puis le long des plages qui se succèdent à n’en pas finir. De temps à autre, des touristes gâchaient la beauté des lieux, jonchés sur des quads. En file, en caravane… Ils nous disaient bonjour, les uns après les autres, gentiment, comme s’excusant de violer le bruit des vagues, les cris de mouette… D’autres touristes, plus soucieux de la culture, se promenaient à dos de chameau ou de cheval. Ceux-là aussi disaient bonjour, non pour s’excuser de l’intrusion, mais par pure politesse.

Au retour, harassés tous les deux, on a fait une petite pause près des rochers. Là, il y avait un peu de monde. Entre autres, une jeune femme étendue sur son ventre, en maillot deux pièces. Un corps beau, jeune. Certainement une touriste. J’ai su après que c’était une espagnole, quand son ami, surgissant de derrière les rochers, est venu lui parler. Jonché sur les roches, un jeune Marocain regardait ce corps, si proche, si inaccessible. Nous voyant arriver, il dit à notre adresse : « il faut  un bidon d’essence, il faut la brûler, c’est le Ramadan, elle n’a pas honte». Visiblement, il cherchait notre approbation. En fait, je suppose que c’était pour se disculper d’être quelque peu pris en flagrant délit de voyeurisme. Je ne pus m’empêcher de lui dire : « t’as qu’à ne pas regarder, t’as qu’à baisser les yeux, t’as qu’à aller plus loin… ». Il ne répondit rien. Il baissa la tête, convaincu. Je pense que ce n’était pas un militant, mais un simple « badaud » auquel un « spectacle » était gratuitement offert. Spectacle paradoxal, à la fois excitant et condamné, spectacle tourmenteur.

Si non, j’ai été séduit par l’esprit de tolérance qui règne dans cette ville, tolérance très visible pendant ce mois de ramadan. Cafés et restaurants sont ouverts. Aux touristes, on sert tout ce qu’ils demandent, repas, cafés, thés, vins, boissons alcoolisées. Les garçons servent bières et vins sans broncher. Ils travaillent, ils gagnent leur vie. Le tourisme fait marcher la ville. Des Marocains sont également attablés dans les cafés, mélangés aux touristes, mais sans rien consommer. Certains lisent un journal, d’autres regardent la mer ou les touristes qui bronzent ou qui passent, très légèrement habillé(e)s. Le tout se passe dans une ambiance paisible, cordiale, sans accroc… C’est l’état normal des choses. Je me suis alors demandé : et si les Marocains musulmans acceptaient cela d’autres Marocains musulmans ? Et si des Marocains musulmans toléraient que d’autres Marocains musulmans n’observent pas le jeûne en public?  Et si chacun avait le droit fondamental (public) de pratiquer ou de ne pas pratiquer la religion ? N’est-ce pas là le signe fondamental, voire fondateur, de la démocratie ?

Le jour de mon arrivée, je me suis installé dans un café, sur la corniche, deux heures avant le coucher du soleil. Le serveur vint me demander, en français, ce que je voulais boire. Il m’avait pris pour un touriste. Cela m’était arrivé plusieurs fois, et cela m’arrive encore d’être pris pour un non-marocain. Je répondis en arabe: « le muezzin a-t-il appelé à la prière du Maghreb » ? Le serveur fut surpris, sourit, s’excusa de m’avoir pris pour un non-musulman. Dans sa logique, c’est comme s’il m’avait insulté. Dans sa logique, croyant que je n’étais pas musulman, il me mettait dans la catégorie des mauvais, des non-meilleurs… Après ses excuses,  il me laissa savourer l’approche du coucher du soleil…

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 15:20

 

حوار مع د. عبد الصمد الديالمي، عالم اجتماع، أستاذ جامعة، خبير في الصحة الجنسية والنوع الاجتماعي.

حاوره ـ محمد أسعدي

أثارت دعوة صحافي مغربي في قناة خليجية إلى الحرية الجنسية جدلا مجتمعيا قويا. كعالم اجتماع، كيف ترى الدعوة إلى الحرية الجنسية وموقف بعض القوى الدينية التي دعت إلى التصدي لهذه الدعوة؟

للتوضيح، أعتقد أن ما أثار الضجة ليس هو الصحافي المذكور (والذي أنتهز بالمناسبة هذه الفرصة للتعبير عن تضامني معه)، بل هو تبني الجمعية المغربية لحقوق الانسان لمطلب الحرية الجنسية، وكان تبني الجمعية لهذا المطلب يوم 16 يونيو 2012، أي يوم عقدت ندوة لأحياء ذكرى تأسيسها. في هذا اليوم، طالبت الجمعية بحذف الفصل 490 ( الذي يجرم العلاقات الجنسية بين رجل وامرأة عازبين) من القانون الجنائي. هذا المطلب، كنت أول من عبرت عنه سنة 2007 في حوار صحافي مطول مع "الأحداث المغربية" ثم في كتابي الصادر سنة 2009 "سوسيولوجيا الجنسانية العربية"، حيث ناديت  بـ"حق العزاب في الحياة الجنسية".  

هذا المطلب الذي عبرت عنه آنذاك لم يثر أية ضجة، لأنه كان صادرا عن عالم اجتماع يعبر عن رأي شخصي قائم على تحليل علمي، أي رأي لا يلزم أي أحد. المشكل وقع حينما لم يبق هذا المطلب مطلبا يحيل على عالم اجتماع منفرد فقط، بل على جمعية لها حضور قوي في المجتمع المغربي ولها صورة نضالية جد مشرفة. خلال الندوة المذكورة التي نظمتها الجمعية يوم 16 يونيو، بينت كيف يمكن أن نجتهد وأن نسدل شرعية إسلامية على العلاقات الجنسية خارج الزواج، وتبنت خديجة الرياضي هذا الطرح في نفس الندوة، من زاوية حقوق الإنسان. ولا أظن أن خديجة الرياضي، وهي رئيسة الجمعية المغربية لحقوق الإنسان، كانت تتحدث باسمها الشخصي. فيما بعد، صرح الغزيوي بما صرح للقناة الخليجية وقد وقع في فخ حين قبل شخصنة سؤال العلاقات خارج الزواج.

الأهم من هذا كله هو أنه يجب أن نعرف لماذا حرم الزنا، رغم أنني في الواقع لا أستعمل هذا المفهوم لأن في استعماله تسمية وقدح وتحريم وتجريم في الوقت ذاته. ومن واجب الخطاب العلمي الموضوعي أن يظل محايدا وألا يعيد الطرح الاجتماعي من خلال التسمية المستعملة. لذا، اقترحت منذ سنين أن نستعمل عبارتي "علاقات جنسية قبل زوجية" و"علاقات جنسية خارج زوجية".

لماذا حرم الزنا إذن في القرآن وكيف يمكن تبرير وجود علاقات زوجية خارج مؤسسة الزواج دينيا؟

الناس يقفون عند الأدلة النقلية الموجودة في القرآن والسنة، وأنا درست ماهية الأدلة العقلية الموجودة وراء الأدلة النقلية. الصحافي الغزيوي جابه مباشرة الأدلة النقلية، وهي أدلة مقدسة، حينما قال إنه يسمح لأخته ولأمه ولبنته بالحرية الجنسية، يعني هذا ببساطة أنه يرفض حديثا للرسول. بالنسبة إلي، وراء الأدلة النقلية، هناك أدلة عقلية نظَّرت إليها في مفهوم "الأمن السلالي". مفهوم الأمن السلالي هو الدليل العقلي الذي يقوم عيله الدليل النقلي (آيات وأحاديث).

ما معنى الأمن السلالي؟

معناه أن الرجل كأب يريد أن يكون متيقنا من أنه هو الأب البيولوجي الحقيقي لكي ينقل اسمه وثرواته لأطفاله. بتعبير آخر، إنه إرادة صفاء النسب وصفاء الميراث، إن الاقتناع بأن الطفل من صلب الزوج/الأب يعطي شعورا بالأمن ليس فقط للزوج.لأب/، بل أيضا للمجتمع. هناك إرادة لضبط الأنساب وانتقال الأموال. هذا هو الدليل العقلي لعدم السماح بالعلاقات الجنسية قبل وخارج الزواج. حينما يتم الجنس قبل الزواج أو خارجه نكون أمام أطفال غير شرعيين، نسميهم "ولاد الزنا"، "ولاد الحرام"، أي أطفال يخلطون بين الأنساب ثم الأموال. إذن، الجنسيانية غير الزوجية تهدد النظام الأبوي الذكوري، وتهدد الأمن السلالي الذي يقوم عليه. هذا المستوى من الأمن السلالي يشكل بنيته السفلى المادية، أما بنيته العليا، فهي قيم الشرف، البكارة، العرض، الكرامة، الرجولة والفحولة... وهي كلها قيم تخدم صفاء النسب وصفاء الميراث، أي استمرار وشرعية نظام أبوي ذكوري.

حاليا ما الذي تغير في كل الذي ذكرته، أليست هذه القيم موجودة وبقوة داخل المجتمع ؟

الآن الذي تغير بالضبط هو أن الجنسانية خارج الزواج وقبل الزواج لم تعد تهدد البنية السفلى للأمن السلالي... وهذه البنية السفلى هي المحددة للبنية العليا، أي لمجموع القيم الذكورية، أو ما يسمى عادة بالأخلاق الجنسية.

تقصد بسبب التقدم التقني والتكنولوجي؟

تماما. فمنذ الخمسينيات من القرن الماضي، اكتشف العلماء الكثير من وسائل منع الحمل، وهي وسائل ناجعة تمكن العزاب من نشاط جنسي محرر من خطر الإخصاب، أي من نشاط جنسي لا يهدد البنية السفلى للأمن السلالي (صفاء النسب وصفاء الميراث). ثم إن إمكان نشاط جنسي دون خطر حمل غير مشروع يؤدي تدريجيا إلى تهافت البنية العليا للأمن السلالي، أي لقيم العفة والبكارة والعرض... وبالتالي، حينما يتهافت الدليل العقلي الكامن في إرادة الحفاظ على طهارة النسب، لماذا نحتفظ بالدليل النقلي؟ لا بد من تجاوز التحريم الظاهر في النص. لهذا أقول: زوال علة التحريم يؤدي بنا اليوم إلى ضرورة الإباحة، إلى إباحة منظمة طبعا، إلى إباحة العلاقة الجنسية المتراضية المحمية التي لا مال ولا إكراه فيها بين راشدين. هذا هو الاجتهاد الذي أقترح، باسم الدين، ليس من خارج الدين أو ضد الدين. من هذا المنطق، يمكن للقانون المغربي أن يراعي الحقوق الجنسية للعزاب، أي الانتهاء من الزواج كنظام عمومي، أي من نظام يختزل الجنس الشرعي في الزواج.

لماذا؟

لأن هذا حيف ضد غير المتزوجين، لماذا نختصر النشاط الجنسي في الزواج.

كيف تتلقى القوى الاسلامية مثل هذه الأفكار التي تتفضل بها، وهي أفكار متناقضة تماما مع الدلائل القطعية الموجودة في القرآن والسنة ؟

 بطبيعة الحال لللأصوليين قاعدة أصولية معروفة: "لا اجتهاد مع وجود النص". في القرآن نجد الآيات التالية "لا تقربوا الزنا إنه كان فاحشة  وساء سبيلا" ثم الزانية والزاني فاجلدوا كل واحد منهما  مائة جلدة...". في نظر الفقهاء وموظفي الإسلام في السياسة، هذه نصوص قطعية لا اجتهاد معها. وسؤالي هو التالي: ما هي المقاييس المعتمدة للتمييز بين الآيات القطعية الدلالة والآيات الظنية الدلالة أو المتشابهة؟ من وضع تلك المقاييس؟ هل ينبغي أن تظل تلك المقاييس ثابتة رغم تهافت الأدلة العقلية المؤسسة للنصوص؟ نحن كمسلمين حداثيين مضطرون للتكيف مع العصر ومع الواقع، وتحريم زنى غير المحصن لم ييق واقعيا، أكثر من ذلك، هو في الأصل تحريم تمييزي.

ماذا تقصد بالتحريم التمييزي؟   

لأن المرأة بالأساس هي التي تحرّم عليها العلاقات الجنسية خارج الزواج. طبعا، ظاهريا القرآن يساوي بين الرجل والمرأة في الزنى، لكن في الواقع كان من حق الرجل أن يشتري جواري وأن يمارس الجنس معهن بشكل شرعي، لم يكن ينتظر الزواج لممارسة الجنس، بينما المرأة عليها أن تستمسك وتصبر حتى تتزوج. أثناء الزواج، للزوجة جنسانية واحدة مع الزوج، وهذا شرط الأمن السلالي، أما الزوج، فجنسانيته الشرعية متعددة أثناء الزواج، مع الزوجات ومع الجواري. العفة قبل الزوجية مطلوبة من الفتاة فقط، أما الفتى، فكانت له الجواري، شرعا.

في مصر أثار شيخ سلفي الجدل بعد أن أقدم على الزواج باليمين. هل يمكن أن يكون هذا النوع من الزواج حلا للجنسانية عند المغاربة؟

هذا زواج، والزواج فيه أشكال كثيرة، ونحن نتكلم عن العلاقات الجنسية خارج الزواج وقبله. لقرون طويلة، إلى حدود سنة ،1926 والمغاربة يبيعون ويشترون في الجواري. الفرنسيون هم الذين منعوا بيع العبيد والجواري في المغرب بقرار إداري، أما الفقهاء المسلمون فلم يحرموا أبدا ذلك. كانوا يقولون فقط بتحرير رقبة ككفارة، أي بين الفينة والأخرى، في حين أن العبودية كانت تنتج ويعاد إنتاجها بالجملة، بشكل هيكلي. وليس تحرير الرقبة من حين لآخر هو الذي كان سيقضي على العبودية. إذن تحريم العلاقات الزوجية خارج الزواج كان في صالح الرجل وضد المرأة. صحيح كان من حقها امتلاك عبد، لكن لم يكن من حقها مضاجعته، أبدا، ومن ثم خصي العبيد. بالنسبة للمرأة الجنس معناه الزواج فقط، بينما الرجل من حقه  تملك الجواري والتعدد. إذن الذي كان معرضا للزنا أكثر هي المرأة، وبالتالي  فالتحريم الديني الذي قد يبدو منصفا بين الرجل والمرأة تمييزي، ينبغي أن نعي هذا جدا. وكان من حق الرجل زواج المتعة، ولا يزال ذلك قائما عند الشيعة (وهم ليسوا أقل إسلاما من السنة)، وغالبا ما يتم زواج المتعة مع الثيب، وليس مع الفتاة البكر. إذن لا حق في الجنس قبل الزواج، معناه بالنسبة للفتاة البكر فقط. القانون الجنائي تجاوز هذا التمييز بحيث أنه لا حق في الجنس قبل الزواج بالنسبة للجنسين معا، لكنه تمييز يستمر بفعالية في العقلية المغربية.

لكن هذا التحريم الديني يستمد شرعيته من المقدس من القرآن. هل تعتبر المقدس تمييزا وإقصاء للمرأة كذلك؟

طبعا، لكن النص الديني ليس هو مصدر التمييز والإقصاء، النظام الذكوري وجد قبل الديانات السماوية الثلاث، وهذه الديانات أعطت قدسية لنظام التمييز والإقصاء (حق الرجل في الجنس قبل الزواج مقابل عدم حق الفتاة فيه). والرجل يعطي الحق لنفسه لمراقبة جنسانية كل قريباته (زوجة، أخت،  بنت، أم...) للحفاظ على طهارة النسب وصفاء الميراث. هذا المنطق أخذ قدسية مع النص الديني، أي قوة أكبر، وشرعية أصبحت لا تجادل نظرا لهالة المقدس.

كيف تجد اجتهادات عبد الباري الزمزمي، الذي ينصح الشباب بالعادة السرية وممارسة الجنس مع المجسمات. هل تعتبره شخصية مجددة حداثية ومجتهدا فذا؟

ممارسة "العادة السرية" كحل ليس الزمزمي هو الأول الذي أفتى بها، أخذها من المذهب الحنبلي. بإجمال، طبق الحنابلة القاعدة الأصولية القائلة أنه أمام محظورين، العمل بالأقل ضررا. الزنى محظور والاستمناء محظور، لكن الاستمناء أقل ضررا، فهو أقل خطرا من الزني لأنه لا يمكن أن يؤدي إلى حمل غير مرغوب فيه، أي أنه لا يهدد لا النظام الأبيسي ولا أساسه، أي الأمن السلالي. وقد قمت بالرد على الزمزمي عندما أصدر فتوى العادة السرية، حيث قلت آنذاك: لماذا ندفع الشباب إلى الشذوذ عوض أن نبيح العلاقات غير الزوجية، فالاستمناء شذوذ. والشذوذ هو التقاء بين عضوين لا يمكن أن يؤدي التقاءهما إلى إنجاب. من منظق النظام الأبوي الذكوري، العلاقة السوية هي العلاقة بين الذكر والفرج، أي العلاقة التي فيها احتمال إخصاب وإنجاب، أي تكثير لسواد الأمة. أما من منطق الحداثة الجنسية، فهناك مساواة بين كل الطرق المؤدية إلى المتعة، شريطة أن تكون اختيارية.

هل تعتبر المجتمع المغربي مجتمعا مكبوتا جنسيا؟

(يضحك) طبعا طبعا.

ما هي دلالة هذا الكبت؟

العنف ضد المرأة بكل أشكاله هو الدليل القاطع. الدراسة التي قامت بها المندوبية السامية للإحصاء أثبتت أن تقريبا 70   %   من النساء معنّفات، والعنف ضد النساء فيه أشكال (العنف الجسدي، اللغوي، النفسي، الجنسي، الاقتصادي، والمؤسساتي). والعنف الجنسي يحتل مكانة مهمة ضمن هذه الأشكال. المرأة معنُفة لأنها امرأة، أي لأنها تعتبر كائنا ناقصا دونيا عليه الطاعة. والعنف في النظام الذكوري من أدوات السيطرة على المرأة والتعبير عن الرجولة والفحولة. وحينما تتصاعد وتيرة العنف الذكوري ضد المرأة، هذه علامة من علامات الكبت الجنسي الهيكلي. كلما كان الرجل مكبوتا جنسيا بالنظر إلى القمع الجنسي البنيوي، كلما كان عدوانيا وعنيفا تجاه المرأة. فالعنف تجاه المرأة في المغرب لا يهم فقط أشخاصا لهم مشاكل نفسية، بل كان وأصبح طريقة بنيوية في التعامل مع النساء والفتيات. مرجع ذلك، انتشار صورة اجتماعية عن نساء وفتيات اليوم كمهددات للأمن السلالي وللسيادة الرجولية...

 

 

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